Slow End
Special Low Frequency Version
Où la musique est en voie de disparition
Nocturnals

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Krokodil
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Black Lodge
Avec
Kari Hokkanen : basse, voix
Erik Sandqvist : guitares
Ingemar Henning : guitares
Peter Asp : batterie
Tracklist
1. 1917
2. Dresden
3. Oblivion Reloaded
4. The Animal Within
5. They Forgive Nothing
6. Lorelei
7. Maaemo
8. Fata Morgana
9. Anathema
10. The Walking Dead
 

STILLBORN (Sučde)

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Traditional doom Gothique Thrash metal

Chronique par gulo gulo, ce mois-ci
(440 lectures)

La réponse à la question que vous vous posez nécessairement est oui : le merveilleux organe de Kari Hokkanen est intact, et vous aurez cette fois tout le loisir de l'entendre marauder, roucouler, sangloter, chalouper et minauder sur la piste à danser les slows qui s'étale entre Raymond Watts et Peter Steele - à moins que ce ne soit Richard Kiel, je les confonds toujours.

Vous pouvez en déduire que Nocturnals se disperse beaucoup moins, déraille beaucoup moins dans les marais, bat beaucoup moins la campagne que Necrospirituals ; on s'en sentirait presque coupable, comme chaque fois qu'on obtient exactement ce qu'on attendait (ce qui fait que parfois l'on reporte ce fardeau sur qui nous procure ledit plaisir), d'être si borné et vorace ; mais il existe une chose qui s'appelle "bouder son plaisir", et bouder, vous le savez, ce n'est pas beau.

Nocturnals ne contient pas, certes, de tube à la proéminence de grade "Albino Flogged in Black" certifiée, il prend plus de temps à révéler les perles qu'il recèle ; mais il croone et chevrote comme un vieux nosferatu timide taillé à la semblance d'une armoire à glace, à qui mieux-mieux, ainsi qu'on regrettait que ce ne soit pas suffisamment le cas en continu sur Necrospirituals ; Nocturnals paraît intégralement constitué de ces ballades (le tempo d'ours mélancolique joue, beaucoup) doom-goth gracieuses comme du Entombed voire, tenez, une version bluesy de Rammstein - et là, normalement j'ai perdu tout mon public, puisqu'il est notoire que personne de bon goût n'écoute ce groupe.

Pourtant plusieurs riffs de l'album font penser au meilleur de Rammstein, à savoir Reise, Reise - ceux qu'il a de plus ambigus dans leur sinistrerie minérale, naturellement, puisque Stillborn a conservé intacte également cette ambiguïté qui faisait tout son sel : jamais complètement lugubre malgré les doses gargantuesques administrées en la matière, jamais non plus totalement clownesque malgré précisément cette outrance grotesque ; toujours quelque part dans la pénombre pesante entre les deux, on pourrait même dire après tout que là-dessus il est plus subtil que le fameux ancêtre, qui s'adonnait de plus grand cœur au ridicule, atteignant presque au jovial.

On ne le fera pas, pour lui laisser sans lui manquer de respect sa manière unique d'exprimer un caractère unique, mais on profitera néanmoins du constat pour confirmer aujourd'hui à Stillborn le statut de frangin méconnu de Type O Negative, en tant que groupe qui n'aura jamais eu la grossièreté exhibitionniste de se déterminer, entre humour épais et sincère romantisme de monstrueux artichaut, entre fleur-bleue et vert-de-gris, entre la sensualité d'une nuit avec un blême bellâtre buveur de sang et celle d'une meule de fromage non moins patibulaire sous le garrot... D'ailleurs il existe entre Necrospirituals et Nocturnals (ne pas les mettre en parallèle, vous dites ? mais qui les met en parallèle, moi, vraiment, ou bien leurs pochettes, leurs titres... ?) le même genre de différence qu'entre les deux version de Bloody Kisses, et on pourrait également établir des parallélismes entre le rôle garage-swamp chez Stillborn et celui du hardcore punk chez Type O.

Et au fond, Nocturnals s'avère également, quoique différemment, aussi énigmatique que balourd, porté qu'il est de fracassante manière par ce bêlement concupiscent à l'aura mythologique renversante, qu'on imagine prenant chair dans une figure qui pourrait aussi bien être celle d'Andrew Eldritch, que de Bain Wolfkind ou Sigurd Wongraven... mais en vachement plus balaise. Alors on pourra certes à bon droit regretter, délaissée au profit de ce son frontalement metal, la poussière typée Bela Lugosi, Ed Wood, retro- et proto- ce qu'on veut, de Necrospirituals ; mais après tout, Stillborn n'a fait qu'abandonner un son ringard (même s'il ne l'est plus aujourd'hui) pour un autre : les mecs ont de toutes les manières toujours possédé une ringardise naturelle qui fait qu'on vérifie, chaque fois qu'on les retrouve, s'ils ne sont toujours pas Finlandais ; et quant à moi je n'ai aucun problème avec Rammstein (il est d'ailleurs permis, à certains endroits, de se demander soudain si ces derniers n'auraient pas des fois écouté au moins autant Stillborn que Oomph!, à l'âge qu'ils étaient impressionnables ; surtout Till Lindemann). Rayon rock gothique, on est certes plutôt dans les eaux de Paradise Lost, que des Sisters : c'est bien aussi, ma foi. Et à la fin (au début aussi, d'ailleurs) tout ce qui compte est cette voix, elle qui est pareille à une porte de donjon ornée de tentures de velours violet, et vu que tout l'album durant elle branle, bâille et grince... Attrapez-donc ce rhume le plus beau du monde : roulez lui un gros palot.

Nocturnals en trois mots : teutonique, tartiné, gominé




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