Slow End
Special Low Frequency Version
Pour le reste : gerbe
Mass VI

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Neurot Recordings
Avec
Mathieu J. Vandekerckhove: guitares
Colin H. Van Eeckhout: chant
Bjorn J. Lebon: batterie
Lennart Bossu: guitares
Levy Seynaeve: basse
Tracklist
1 - Children of the Eye
2 - Edelkroone
3 - Plus Près de Toi (Closer to You)
4 - Spijt
5 - A Solitary Reign
6 - Diaken
 

AMENRA (Belgique)

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Post hardcore

Chronique par Derelictus, ce mois-ci
(306 lectures)

Au fond, est-il aisé de se libérer de certains carcans et de laisser libre cours à ses envies, que ce soit d’évolution ou bien encore d’ouverture vers d’autres horizons. Rien n’est moins simple, notamment lorsque l’on est devenu les chantres de l’apitoiement moderne, les parangons d’une certaine idée de ce que peut être la souffrance faite musique, de la noirceur convenue pour âmes trop sensibles pour affronter la mortelle fin, celle qui blesse à jamais. Oui mais voilà, lorsque l’on n’a suivi que ces sillons bien trop longtemps, l’on n’est point souvent apte à s’en détacher réellement, voire même dans la capacité à le faire réellement, et l’on préfère bien trop souvent avancer les yeux fermés et renouveler les mêmes schèmes, tellement ces derniers sont devenus confortables, plutôt que de poursuivre plus longuement ces chemins de traverses qui se présentent à vous. Évidemment, c’est là tout le problème de ce Mass VI, qui en devient tellement décevant, par tant de mauvais calculs, et qui n’aura jamais sonné aussi pré-mâché, tant il donne l’impression qu’on l’avait déjà entendu avant même de l’avoir proprement écouté.

Il y a bien là ce minimum requis en matière d’instantanés où la rage et le désespoir se font entendre dans ces moments déchirants et noirs, dignes d’une personne qui se cognerait la tête contre les murs d’une prison devenue trop étouffante, et dont les larmes ne cessent de couler d’yeux rougis par l’affliction. Voilà bien ces images de lacrima dolorosa que l’on a en tête à l’écoute de cet album, mais que l’on peut tout aussi bien appliquer à toutes les Mass précédentes. Il y a bien entendu ces moments où la mélancolie dégouline de tous ses pores, avec tout ce que cela peut inclure également de frustration et de résignation, et là dessus, l’on ne peut nier le savoir faire en la matière pour véhiculer ce type d’émotions. Tout cela est bien en place, mais sans de réelles surprises à vrai dire, si ce n’est ces passages où la musique devient plus légère et où Colin H. Van Eeckhout se fait bien plus frêle. Mais ce sont sans doute ces moments qui sont les plus crispants, car l’on ne sait s’il cherche à singer Maynard James Keenan ou bien Jónsi. Cette fragilité apparente, derrière ces allures de tough-guy, a toujours été une constante du quintet, mais ici, cela ne prend pas, pour ainsi dire jamais.

Car il y a quelque chose qui cloche, quelque chose qui ne trompe plus son monde, tant tout ceci est bien trop convenu et attendu. Il n’y a rien de plus prévisible que ces six titres, exceptions faites de ces interludes assez étranges où sont récités des textes en flamands, mais dont l’intégration n’apporte réellement rien, surtout Spijt avec son final tellement banal. Le carcan est bien trop lourd pour s’en séparer réellement, et l’ouverture vers d’autres sphères est ou bien trop timorée, ou bien trop facile. L’on ne va pas se mentir à ce sujet d’ailleurs, l’on a là un groupe qui est sa propre victime, et qui n’arrive pas à dépasser ce qu’il a fait auparavant et surtout ce qu’il a accompli avec Afterlife, prisonnier de ses propres schémas et incapables, pour le moment, de transcender ces élans plus légers et intimistes. Comme s’ils n’avaient pas réellement saisi ce que leurs maîtres à penser avaient trouvé dans ces apports plus boisés et plus ancrés dans la terre, notamment dans cette façon de panser certaines blessures et de répondre à certaines interrogations avant de mieux repartir de plus belles et redevenir cette bête sauvage et menaçante, hurlant et blessant à mort.

Les belges n’ont finalement pas retrouvé l’honneur dans ce déclin, ils y ont plutôt trouvé une fragilité et une facilité, et une dévotion absolue quant au respect de leur propre cahier des charges. Mais c’est comme autant de coups d’épée dans l’eau, bien que cela soit insérés dans des moments avec plus d’emphases et d’autres bien plus mélodiques, avec des ritournelles assez évidentes, laissant entrevoir ces images d’homme marchant seul sur des landes désolées, mais ces dernières sont bien trop fugaces et bien trop vaines pour réellement attacher toute attention. Il y a bien une vanité derrière tout ceci: celle d’avoir préféré la facilité et la bienséance à l’âpreté et aux lambeaux.

Mass VI en trois mots : petite, nature, morte




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