Slow End
Special Low Frequency Version
Da frenchcosmic touch
Medusa

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Nuclear Blast
Avec
Gregor Mackintosh: guitares, claviers
Nick Holmes: chant
Stephen Edmondson: basse
Aaron Aedy: guitares
Waltteri Väyrynen: batterie
Tracklist
1 - Fearless Sky
2 - Gods of Ancient
3 - From the Gallows
4 - The Longest Winter
5 - Medusa
6 - No Passage for the Dead
7 - Blood & Chaos
8 - Until the Grave
Remarque
La version digibook comprend les titres Shrines et Symbolic Virtue.
 

PARADISE LOST (Angleterre)

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Doom death Gothique

Chronique par Derelictus, le 21 octobre 2017
(239 lectures)

L’on aurait pu penser que The Plague Within n’aurait été qu’un feu de paille, un énième soubresaut vers quelque chose de plus rentre dedans de la part de nos misérabilistes préférés, un peu comme l’enchaînement entre Faith Divides Us, Death Unites Us et Tragic Idol. Ou alors, qu’il n’aurait pu s’agir que d’une simple saute d’humeur de nos désormais quadragénaires, en sachant que les deux têtes pensantes ont chacune leur propre défouloir. À croire que l’âge de raison ne semble pas avoir eu raison non plus des envies de rester dans un giron extrême, à l’instar d’un certain Lee Dorrian qui vient lui aussi de nous le démontrer en ce mois de septembre deux mille dix sept. Est-ce le retour d’un gouvernement bien plus libéral et bien plus dur dans leur pays, comme ce fut le cas à la fin des années quatre vingt qui les ont vu grandir et le début des années quatre vingt dix qui les ont vues éclore, qui les a inspiré comme jamais? Mais toujours est-il que Paradise Lost nous apparait bien plus revanchard, bien plus grognard et bien plus étouffant avec ce quinzième album qu’est Medusa.

Dans tous les cas cet album ne trahit pas les annonces faites en grande pompe durant la phase promotionnelle précédant sa sortie, et en dépit d’un pochette réalisée par les très hype et hipster catalans de Branca Studio, qui m’avait fait peur à un moment donné. Médusa nous renvoie bien à quelque chose qui aurait pu sortir durant la première moitié des années quatre vingt dix, se rapprochant tantôt de Gothic, tantôt de Shades of God, le tout nourri évidemment des aspérités mélodiques développées depuis lors, même si l’on pense souvent à Icon. Évidemment, la prise de risque est au minimum, mais, pour ce qui est de la satisfaction quant au retour à Nick Holmes et consorts à quelque de plus dur et surtout de plus lent, et qui ne se dilue pas au fil de l’album, là, nous sommes royalement servis et surtout repus. C’est à croire qu’un titre comme Beneath Broken Earth du précédent album a peut être été la matrice, voire le déclic, de bon nombre de compositions ici, à commencer par le diptyque introductif constitué par Fearless Sky et Gods of Ancient. C’est même assez incongru de se dire que le quintet ouvre un tel album avec leur composition la plus longue jamais écrite, bien plus que celles se trouvant sur Shades of God, et qui surprend par son riff massif et insidieux.

Et ces bougres font bien mieux que de donner une suite à The Plague Within, ils en ont effacé les scories et sont allés encore plus à l’essentiel sur ces huit titres, qui renouent d’un certain côté avec les durées des albums d’il y a un quart de siècle, ce n’est pas indéniable comme facteur. Et cette volonté de ne pas se confondre en simple remplissage comprend quelques vertus intéressantes, car l’on se resserre sur l’essentiel de Paradise Lost, à savoir ce riffing simple mais d’une redoutable efficacité, ces mélodies aussi belles que tristes, et ce touché unique de Gregor Mackintosh qui n’a rien perdu de son feeling et qui nous rappelle, une fois encore, qu’il est l’un des musiciens les plus sous estimés de sa génération. Il y a bien évidemment tout cela sur ce Medusa, et l’on pourrait se dire que les anglais ont également voulu jouer la carte de la nostalgie, ce qui est aussi l’une des qualités, ou bien l’un des défauts de cet album, tout dépend de quel côté vous vous trouverez. Mais c’est sans doute en cela qu’il fonctionne parfaitement avec moi, tant ce groupe aura été important dans mon apprentissage de la chose, et que cet album nous rappelle ô combien cette formation aura eu son importance, en dépit de ses évolutions. Mais au-delà de ces considérations de fan-boy, il y avant toute chose une collection de titres qui marquent bien les esprits et qui conservent une efficacité du début à la fin, et même les titres présents sur la version limitée de l’album ont un réel intérêt, ce qui n’était pas forcément le cas sur les précédentes réalisations.

Il ne faudrait en aucun cas réduire cet album à une réalisation en auto-pilotage uniquement destinée aux fans, car il comporte tout autant ce savoir faire que l’on pensait presque disparu chez les anglais, qu’une originalité, au final, tant il se raccroche à une grammaire musicale que l’on semble avoir oublié de nos jours. Et je veux parler ici de ces vieux relents de doom death metal à l’anglaise, comme seules ces terres désolées avaient su nous l’apporter jadis, avec cette saveur unique et cette faculté à transformer une journée ensoleillée en une énième journée de pluie ou de brouillard à errer sur cette terre et à maudire sa condition d’humain. L’on notera, pour la forme, que Jaime Gomez Arellano a une nouvelle fois fait des miracles derrière la console, avec une production bien massive, dont une basse enfin audible, et un son de batterie tout a fait plaisant, avec d’ailleurs une très bonne prestation du petit nouveau. Évidemment, ce que l’on retiendra aussi de ce Medusa, c’est l’excellence de la performance de Nick Holmes, qui alterne ici entre growls et chant clair, assez varié, les deux étant utilisés de manière assez efficiente, même si ce sont les premiers qui sont un peu plus utilisés ici. Et dans le premier registre, il étonne toujours autant, montrant que ce n’était pas qu’une coquetterie éphémère, et qu’il y a dans ces derniers quelque chose d’assez malsain et de plus rampant, compensant ainsi une éventuelle manque de technicité en la matière.

Est-ce suffisant pour faire de Medusa un excellent album? La question restera ouverte, car, quoi que l’on puisse en dire, cet album regorge des nombreux gimmicks qui ont fait le succès de cette formation et ils agaceront autant qu’ils feront plaisir, mais dans tous les cas, être détenteur d’un tel savoir faire et être capable de le dérouler aussi bien après tant d’années cela force le respect, tout simplement. Ce d’autant plus que parvenir avec autant de réussite à accomplir un album aussi complet dans ce style, ce n’est plus donné à grand monde de nos jours, et c’est ce qui me rend encore plus admiratif, car Paradise Lost donne encore une fois cette bonne impression qu’il n’a pas encore tout dit. Que toutes ces années à errer dans différents genres musicaux ne l’on rendu qu’encore plus fort, encore plus habile dans sa manière de composer et de poser ses mélodies, et, surtout, pas encore tout à fait rassasié, et toujours enclin à faire mal là où l’on ne s’y attend pas. Comme quoi, en dépit de rides plus proéminentes, des cheveux grisonnants et des calvities naissantes, eux ont su tourner leur aigreur et leur amertume vers quelque chose qui laisse penser que la vieillesse, si elle est censée rendre plus sage, n’a pas l’air d’entacher certaines velléités expiatoires.

Medusa en trois mots : froid, austère, sévère




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