Slow End
Special Low Frequency Version
Doom dadoom dudoom...
Stoic

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x 12in)
Label
Crypt of the Wizard
Avec
Paul Antony
Aleks Wilson
Oliver Martin
Tracklist
Nothing Dreamt
Blue Robe
Ruptured Earth (Head In Sand)
Faeder Ure
SKHUL V
SKHUL VI
 

GHOLD (Angleterre)

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Industriel Psyché Noise rock

Chronique par gulo gulo, ce mois-ci
(179 lectures)

Ghold fait une musique fille de celle de Neurosis, certes mais :

1/ et alors ?

2/ ils la jouent depuis le début à leur façon, à vrai dire ils y sont même venus par le noise rock

3/ ils y retournent, au noise rock, mais en emportant Neurosis avec eux, ainsi qu'un prédateur hirsute et mal embouché, mi-ours mi-arachnide, emporterait son goûter une fois capturé dans la pénombre de sa grotte pour la becqueter à l'aise

Stoic voit Ghold pousser encore plus loin sa réappropriation de Neurosis à la préhistorique, entamée avec Of Ruin puis PYR, faisant enfin fructifier et fleurir quelque chose qui était, hélas, toujours resté embryonnaire chez les vieux : le potentiel franchement rituel, occulte, magique. Et ce sans perdre prise à aucun moment sur ce qu'est Ghold : un de ces groupes de noise rock aussi furieux que son effectif est réduit : avant même Lightning Bolt, Big Business et consorts, on pensera avec Stoic directement aux aïeux : les Melvins d'avant le Comedy Club ; pour la simple raison que, on va radoter, tout cela vient du même endroit à l'origine - avant que Neurosis ne devienne à moitié un groupe de metal ; d'une scène qui alors mêlait en toute joyeuse spontanéité familiale hardcore punk et industriel de travellers post-nuke qui tapent sur des bidons ; Buzzov*en, Grötüs, Nomeansno... Bref.

Ghold, cela se confirme de somptueuse manière avec Stoic, injecte la vie de nouveau dans cette scène-là, cette musique-là, entretient le feu, rapporte à la tribu le fruit des ses rapines et chasses diverses, des choses du monde moderne qu'il dérobe et ramène en ses secrètes terres des bienheureux, pour en faire des colliers de chaman, des piquets de tipi, des racloirs, des pièges à esprits, des fables et des épopées héroïques à raconter aux marmots... Et mille autres choses merveilleuses sous leur absence de joliesse, et puissantes aussi, et toutes juteuses du jus noir du savoir des primitifs. Il suffit de se laisser avaler, de s'engouffrer au cœur de l'obscurité pleine de grondements.

En fait, puisque tout ceci paraîtra trop abstrait aux triviaux : vous savez ces autocollants, qu'on voyait autrefois, disant "for fans of Neurosis and the Melvins" ? Vous allez pouvoir vous féliciter de ne jamais les avoir compris : ils n'avaient pas de sens alors, n'en ont pris un qu'avec Stoic. Vous voyez la reprise de "Warhead", de Venom, par les mêmes Melvins avec Scott Kelly qui barrit ? Imaginez que ce délicieux groupe vous joue tout un album ; de tradoom chamanique,  tout à fait ; aussi aimable qu'un ours des cavernes dérangé pendant qu'il fait sa popote, mais finalement d'assez bonne compagnie, une fois qu'on a fait le deuil de la moitié de sa figure passée par pertes et profits aux présentations.

Stoic en trois mots : fouisseur, mystérieux, bacchique




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