Slow End
Special Low Frequency Version
Mort d'une quinte de toux
Qaal Babalon

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Krokodil
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Argonauta
Avec
RI : basse, synthés
Ardath : guitares, voix
L.C. Chertan : batterie
Tracklist
1. Oroch
2. Faboan
3. Bahal Gah
4. Oxex
 

NIBIRU (Italie)

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Psyché Black metal Rituel

Chronique par gulo gulo, le 06 octobre 2017
(310 lectures)

S'il en est bien d'aucuns dont on peut être sûr, à chaque album d'annoncé, qu'ils ne vont pas se convertir au dernier arôme dans le vent, ce sont eux. Franchement, s'ils ne sont pas un peu autistes, Nibiru... Qu'ils allaient réussir à surenchérir dans leur partie - jouer un doom psyché somme toute traditionnel, mais de façon chaque fois plus extrême -, on n'en aurait pas juré ; mais qu'ils auraient essayé tout ce qu'ils savaient, ça : il était interdit d'en douter. Ou du moins de l'être toujours autant, d'une nouvelle manière : parce que, bon, faire plus jusqu'au-boutiste que Netrayoni...

Et parvenu là, on aurait presque envie de déclarer "mission accomplie", et vous laisser vous débrouiller avec ça : si vous connaissez Nibiru, cela suffirait à neutraliser toute éventuelle chute de motivation, sans qu'il soit besoin de vous détailler à l'avance le menu auquel vous allez vous intégrer tout cru ; si vous les dédaignez toujours, eh, ma foi : continuez. Mais comme il ne faut jamais négliger le rôle de voiture-balai qui est le nôtre...

Nibiru, donc, joue toujours, cela du moins ne change pas, du blackened sacro-doom qui ne ressemble ni à Oranssi Pazuzu ni à Saturnalia Temple (mais vous n'êtes pas sans savoir qu'ici les noms sont rarement cités par hasard) : seulement à du Nibiru, un groupe de vieux psyché mystique... qui décolle le papier peint. Si Nibiru ressemble à quelqu'un, à la rigueur, c'est Godflesh ; en jouant du psyché mystique ? Exactement. Avec du black metal dedans ? Tout juste ; du Burzum, même, par endroits, de l'époque où cela aussi voulait dire copeaux humains ensanglantés sur le carreau, et masochisme agressif école Robert Smith '82. Et s'il fallait un dernier mot à placer comme totem autour de cette clairière pour y être à l'aise à nuitamment y voir opérer la Magie, disons qu'on aurait bien vu Qaal Babalon sortir chez Fuck Yoga ; la sincérité avec laquelle on plonge ici corps et bien dans ses propres incantations, sans doute, qui fait penser à Transhunter (ou Beherit) ; mais également, qui renvoie aux mêmes, cette impression qu'on ne joue ici majoritairement du metal que parce que c'est la langue qui convient pour la majorité des formules ici énoncées, et qu'on pourrait en sortir à chaque instant sans effort ni tension d'aucune sorte, si la nécessité s'en faisait sentir dans le rituel. D'ailleurs est-on vraiment si fermement campé, à un seul moment de Qaal Babalon, dans le metal, ou ne flotte-t-on pas plutôt tout du long entre les royaumes, ainsi que l'on flotte entre les régimes de réalité et d'existence ?

Presque de la dark-wave, donc ; ni à proprement parler de l'ambient, ni véritablement du power electronics - mais certainement pas du drone : beaucoup trop sauvage et zoulou pour cela, autant en vertu de ce chant qui ne rend de comptes qu'à Justin Broadrick jeune ou à David Vincent, et donne envie, probablement par association d'idées, de citer des choses globalement sorties sur Earache quand leurs parutions incarnaient leur nom - que d'une basse âpre comme un vent dévoreur de chair, et d'une batterie presque discrète tant elle concasse profond sous le torrent décapant des guitares, mais néanmoins dénuée totalement de bienveillance et préoccupation humaine ou séculière d'aucune sorte : une chevauchée du dragon, à l'ancienne mode, à cru.

Enfin, bref : rien sinon des affaires courantes pour Nibiru, le groupe qui n'a d'autre prétention, d'autre exigence que de pouvoir jouer le sacro-doom uniquement vêtu de sang en peintures rituelles pas trop soignées ; même la mitre de pape vaudou est subsidiaire, tant que le sang coule à flots de tous, participants et officiants ; et que, par le fait, l'on se sente élevé. On parierait presque qu'en suivant les instructions d'écoute aimablement fournies - Correct listening in total darknbess and maximum volume - l'on retrouve des traces du sien propre, épanché par le seul contact du présent phénomène sonique, voire de la seule inhalation des poussières sacrées qu'il dégage. A tout le moins, on en ressortira pantelant.

Qaal Babalon en trois mots : ponceuse, à, chakras




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