Slow End
Special Low Frequency Version
Mort d'une quinte de toux
Droner

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Svart
Avec
Sami Hynninen
Tracklist
1. Year of 584 days
2. Samael Lilith
3. Closure
 

OPIUM WARLORDS (Finlande)

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Traditional doom Drone doom Psychedelic folk

Chronique par gulo gulo, le 30 septembre 2017
(414 lectures)

Trois pistes, soixante minutes... Mince, alors : c'est déjà 2005 de nouveau ? Khanate, Earth, Sunn O))) ? Pas vraiment, non. Bong, à la rigueur - et de rigueur, il est bien question... Sont-ce plutôt Alexander Tucker, Tony Wakeford et Extra Life, qu'on voudrait citer ? Ce n'est pourtant toujours pas ça. Droner, vous l'avez deviné, tient à la fois des deux obédiences - mais surtout de la sienne seule ; celle du voyage, qui se poursuit, de Sami Hynninen vers les cimes toujours plus raréfiées. Le disque porte bien son titre - et le double message qu'on peut y lire : un disque de drone (de) solitaire.

Solitaire, l'album le reste farouchement, sous tous les angles où l'on puisse l'aborder : qu'on le voie semblable à un Joris-Karl Huysmans partant à la découverte dans l'univers de Conan le Barbare, ou bien au même, mais en tourisme spirituel au Tibet, Droner paraît à la fois s'ouvrir tout entier, comme un perdu, à la nouveauté, à ses possibilités de révélations qui vous changent à jamais - et rester, incurablement, le même esprit fort, tanné, revêche, indomptable mal gré qu'il en ait, condamné à ne jamais réellement pouvoir espérer de totale transfiguration, à ne jamais se perdre hors de soi - mais espère-t-on vraiment la rédemption, chez l'un ou chez l'autre ? Pas trop le genre de maisons au caractère si trempé, si difficilement soluble, même dans la foi.

Au bout du compte, peut-être (en sus de constituer, comme tout album d'Opium Warlords, une bien plus authentique poursuite du périple entamé avec Reverend Bizarre, que l'errement ous la bannière The Puritan) que si, Droner est-il bien de la famille d'au moins un disque parmi ces pavés du début 00's : Rampton, dont il est quasiment un double inversé, sa lumière et son altitude en miroir de l'autre, sa pieuse passion et le douloureux moignon d'espérance y afférent, elle, bien la même.

Un album aigrelet, ample, vibrant, aussi austère que bienveillant, qui ouvrage ses bourdons verglacés comme des mantras qu'on utilise pour s'élever en soi ainsi qu'on s'évide de l'intérieur, laissant derrière les copeaux desséchés de la raison, que le Droner laisse choir avec délicatesse tels les pétales fripés des illusions, des souvenirs et des espoirs, dans le creux résonnant de son cœur, ces grandes orgues du ciel, cette cathédrale du néant, qui s'avère à la fin des choses, est-ce vraiment une surprise ? - faire un très commode réacteur - dont le placide rugissement vient rétrospectivement donner un sens insoupçonné jusqu'alors aux percussions indiennes, entendues au début de "Samael Lilith", éclairant d'un jour nouveau, aux échos atlantes, leur sourde et charnelle pulsation, ainsi que d'autres amples vibrations et autres enroulements sonores, semblant révéler des remous montant dans le cours du temps, entendues pendant tout le calme déroulement du disque - pour y consumer tout ceci et faire partance, pour... le gazeux ? Qu'importe, au fond, pourvu que le fond soit la voûte la plus haute possible, pour la gagner porté sur les cendres légères du bûcher du monde et du soi.

Droner en trois mots : , ciel, ouvert




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