Slow End
Special Low Frequency Version
Vis ma vie sous acides
Caustic

Avis des chroniqueurs

Krokodil
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Relapse Records
Avec
Jonathan Campos : chant, guitare
Ethan McCarthy : basse
Bennet Kennedy : batterie
Tracklist
1. My Will
2. Victim
3. Caustic
4. Commerce
5. Tepid
6. Ash
7. Sterility
8. Sugar Hole
9. The Weight
10. Disfigured
11. Inevitable
12. Absolutes
 

PRIMITIVE MAN (États-Unis)

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Sludgecore Freak doom Ambient Grind

Chronique par Krokodil, ce mois-ci
(304 lectures)

Ok, cette fois-ci, ça y est, on est bon. Le vitriolage de gueule en bonne et due forme. Le viol auditif (combien de fois ce slogan a t'il été employé à tort et à travers...). La profanation et l'asservissement à perpétuité de chaque petite cellule structurant l'organisme. L'interminable bain d'acide qui délave l'âme et ronge la viande. Le concentré d'anxiété liquide injecté en intraveineuse qui pourrit de l'intérieur et boursoufle la peau comme une colonie de tumeurs toujours croissante. Allez, soyons fous, enfin pas tant que ça : Caustic est le nouveau In Reality We Suffer. Plus d'un point de vue de l'usage que de l'esthétique d'ailleurs... Et tout ce que l'on attendait en vain de Primitive Man depuis Scorn (une forme de plaisir auto-mutilatoire sans limite ni réserve), vient enfin de se concrétiser de la plus belle des manières, annoncé par un visuel proprement somptueux et un tracklisting aussi sobre qu'inquiétant.

Comme quoi il suffisait de pas grand chose pour convertir la formule très familière (et très limitée, cela va sans dire) de Primitive Man en une véritable monstruosité dévoreuse de chair... à commencer par se limiter davantage ! Jouer plus lent, beaucoup plus lent, jusqu'à diluer les percussions dans la torpeur ambiante et faire de chaque nouvel arrangement un supplice additionnel (quasiment du post-Khanate, à ce titre)... Mais aussi et surtout jouer plus long, plus intrusif, plus mental (pas cérébral, nuance !) et faire d'une scène de décomposition à priori banale un véritable péplum organique où s'affrontent des centaines de variétés de charognards et de parasites... Abuser des dissonances aussi, jusqu'à ce qu'elles deviennent belles et rassurantes, comme les seules mains tendues et dernières mélodies rescapées d'un gouffre horrifique sans nom. Enfin, évacuer une bonne fois pour toute le superficiel, les fioritures bruitistes, les expérimentations branle-nouille harsh noisy qui n'ont jamais apporté la moindre plus-value à leur musique, pour se concentrer sur leur réel domaine de prédilection, le sludge hybrido-morbide (ça ne veut pas dire qu'il n'y en a plus, du bruitisme, après tout, ça fait aussi partie de leur marque de fabrique, mais il est là où il doit être, dosé comme il faut).

Oui Caustic est chronophage, oui Caustic exige un emploi du temps aménagé, oui Caustic n'est pas de ceux qu'on s'enfile au lance-pierre entre deux arrêts de bus. Pour ma petite part, Caustic est devenu un très bon copain de sieste digestive. Non pas qu'il soit soporifique, loin de là ; il a beau soulager des maux post-traumatiques d'une journée de merde classique, allant jusqu'à provoquer des sortes d'état d'inconscience bienheureuse, il maintient une tension permanente, suffisamment viscérale pour que l'on sente son corps se crisper un peu plus à chaque minute de sa traversée. Mais lorsque l'on parvient enfin à s'habituer à sa lente et difforme agonie, alors on cesse de se débattre peu à peu et accepte d'être happé dans son maelstrom de fantômes tourmentés et de souvenirs douloureux...  Nu, tétanisé, et prêt à se livrer corps et âme aux grands goinfres antiques qu'il abrite sous ses nappes de distorsion.

(...) Et plus on s'enfonce dans ses limbes - genre après une dizaine d'écoute - plus on prend un malin plaisir à se laisser bercer par son immondice, et plus l'on s'y sent chez soi, comme dans un dernier refuge avant le grand néant, prêt à accueillir l'éternité à bras ouvert. En fait... Rarement musique funéraire n'a été si intense... et si intime.

 

Caustic en trois mots : infernal, atmosphérique, libérateur




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