Slow End
Special Low Frequency Version
Fais du doom, pas la guerre
What Makes You Pray

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
WKN
Avec
Marthynna
Jörg B.
Mazo Tomez
Natascha Schampus
Dennis Lamb
Albin Julius
Tracklist
(inscrit en cercle, début non indiqué)

Right
Time
Shine
Wolf on your Threshold
You Bring Low
El Ocaso
Land of Free
Interludio
What Makes you Pray
 

DER BLUTHARSCH (Autriche)

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Psyché Gothique Krautrock

Chronique par gulo gulo, le 20 septembre 2017
(424 lectures)

Der Blutharsch, c'est un peu comme une série télévisée : des mois d'attente avant la diffusion de la nouvelle saison, en nombre suffisant pour commencer un peu à oublier ce qui s'est exactement passé à la précédente, confondre un peu les personnages et les péripéties dans une sorte de brouillard, où peu à peu germe le désintérêt, l'indifférence... Un peu.

Si ce n'est que, contrairement à la grande majorité des séries, Der Blutharsch parvient à remonter l'inexorable pente ; à des moments et sur des fréquences qui varient selon les individus, naturellement : ainsi, pour ma part, ai-je commencé par l'inintérêt le plus total pour leur industriel martial de l'origine, mais c'est qu'aussi, le seul genre pratiqué rencontre chez moi une infirmité sensible quasi-totale (les adeptes de cette période, eux, ont pour leur majorité décroché depuis longtemps) ; l'intérêt est venu ensuite, à leur conversion au rock psyché, et c'est de ce sommet-là (Wonderland et Flying High) qu'il a entamé la décadence décrite en préambule à ce propos, avec des records de passion dans les chaussettes devant des saisons dédiées à la panouille intergalactique telles que The Cosmic Trigger.

Et voici donc qu'aujourd'hui, depuis quelques disques, en prenant son temps avec une remarquable désinvolture et insolence, Der Blutharsch peu à peu accomplit ce qu'aucune série à ma connaissance ne sait faire : rendre à nouveau captif de ses rebondissements, rallumer les braises de l'intérêt agonisant qu'on pouvait ressentir, à l'endroit de ses développements. Peu à peu, avec la peinarderie du toxicomane accompli, Der Blutharsch poursuit son voyage et s'enfonce, à tous petits coups de ladre qui sait savourer - son plaisir et celui de faire marner l'autre -, dans le stupre et ses myriades de sensations. S'enfonce toujours plus avant, imperceptiblement, dans le glougloutis, la pupille dilatée aux dimensions du ciel étoilé, le brûlant lointain narcotique où bienheureusement se perd la conscience comme l'une de ces étoiles.

L'air de rien, d'un rien (juste celui qui fait la différence) plus nette façon qu'avec Joyride, l'orchestre d'Albin Julius nous joue de divine façon - dans certains replis satinés, c'est quasiment une version égrillarde de ce que Phallus Dei a fait avec le trip-hop - la magique musique qui est avant tout cette mer d'encre noire, dans les reflets laqués, la noire et liquide moire de qui se confondent, en une étale indistinction, psyché de minuit à la Pain Teens, ambient d'obsidienne, et electro-dub à la douceur du latex ; ainsi que se confondent et se fondent lounge artistocratique, paganisme décadent à la Linköping et rock crépusculaire dédaigneux jusqu'à l'ambient, dans la conception particulière de l'épicurisme que pratique la joviale mais toxique secte.

Et l'air de rien, l'intérêt a grimpé jusqu'à atteindre à nouveau, précisément, un point situé quelque part entre Flying High et Wonderland ; où les boyaux de nouveau se nouent.

What Makes You Pray en trois mots : sourd, délétère, grouillant




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