Slow End
Special Low Frequency Version
Fais-toi hippie
8

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Neurot
Avec
Vita : batterie
Urlo : basse, claviers, voix
Poia : guitares, claviers
Tracklist
1. Babel
2. Warsheep
3. Zodiac
4. Fatum
5. Prismaze
6. Core
7. Wombdemonium
8. Psyrcle
 

UFOMAMMUT (Italie)

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Stoner Space Rock Dub

Chronique par gulo gulo, le 07 septembre 2017
(447 lectures)

Pour tout ce qui concerne le(s) rapport(s) entre cet Ufomammut et les autres : nous sommes au regret de vous informer que notre expert maison est depuis longtemps perdu pour le doom - et que du reste Ufomammut fait partie de la conspiration d'incapables qui mena à cet état de fait. Il se raconte dans les veillées aux champignons que certains êtres en ce monde savent combien d'albums a sorti Ufomammut depuis Idolum, mais y croire n'engage que votre capacité d'émerveillement. Peut-être même ce nombre se compte-t-il à la vérité sur les doigts d'une seule main, mais rien qu'à y penser on le croirait aussi insurmontable qu'écouter un disque de Dark Buddha Rising jusqu'au bout du premier morceau.

Nous vous parlerons donc ce jour de 8 en tant que ce qu'il est pour nous, à savoir : le deuxième album du groupe - puisque contrairement à l'érudit ancien sus-mentionné, nous n'avons pas même l'heur de trouver à palpiter devant ce qui précéda Idolum.

Qu'est-ce donc qui caractérise le groupe qui - attention, le suspens va mourir - nous a offert coup sur presque-coup ces deux fort sympathiques albums ? D'une, la rusticité ; celle qui constitue tout le souvenir que péniblement j'arrive à retrouver de mes quinquennales écoutes d'Idolum (chaque fois motivées par une pulsion de m'en débarrasser, chaque fois conclues dans une penaude béatitude charmée, notez bien), la seule - mais roborative - chose qui singularise leur musique autrement si balisée - extreme-jamming-junkhead-doom. Celle qui leur donne pour cousins, plutôt que les sempiternels Electric Wizard et Sleep, les brutes bas-de-sourcil de Mala Suerte et, tenez, Ghold, pour l'humeur ni hostile ni bisouilleuse : simplement ursine ; joviale même, mais d'ursine façon. Vous ajoutez à cela un côté légèrement funky - disons, vaguement à la Magma, quoi -, que pour ne pas tomber dans le préjugé on se retiendra d'attribuer à leur nationalité, quand bien même pendant 8 on pense plusieurs fois à Morkobot (déjà, les calembours psychonautes qui servent de titres), ou à Mombu, pour situer la sveltesse du funk...

De deux : la rusticité ; décidément ; c'est elle qui fait plus que le liant, qui inonde et régale, de son épaisse, râpeuse et gouleyante sauce, tout ce que Ufomammut peut jeter de pas si simplet que ça dans sa musique, idées futées, effets de synthés - des bip, des zouic et des glouglou, bref des chantonnements comsico-gastriques, n'allez pas imaginer plus raffiné -, tout ce que vous voulez en guise de bouquet garni qui vienne notablement relever la saveur du ci-devant album - mais sans jamais lui faire perdre la puissante simplicité primate qui en fait le charme irrésistible, et la vigoureuse démarche dans sa conquête des étoiles raides-mortes de défonce par charrettes entières - des bourrins, on vous dit.

Si je devais une énième fois utiliser cette figure de style taquine qui m'est comme un mauvais tic, je dirais que 8 réussit ce que Suma disque après disque échoue à atteindre : du stoner-doom cosmique de bœuf épicurien. Indépendamment de toutes considérations sans fondement sur ce type de compétition entre les groupes, vous savez si, du moins concernant ce dernier intitulé, l'on parle d'un carburant à votre propre envol. On pourrait peut-être les comparer encore à Obelyskkh, mais sans la panoplie birkenstock-chaussettes : peut-être est-ce seulement mon côté pro-latin qui s'exprime, mais j'entends ici une mobilité alerte, une souplesse primordiale, une élégance rustique et antique, que les frisons jamais ne pourront toucher du doigt ; comme celle d'une sorte de funky Conan goguenard, imbécile et bienheureux de l'être.

Les plaisirs simples : voilà de quoi il est question ; un gros son chaud, raboteux, groovy de par le simple pouvoir de son grain crunchy (on n'a pas cité Ghold au hasard, à mainte reprise on frôle le Broadrick qui aurait découvert le raggamuffin et Kyuss, en même temps), un régal béat à lui seul ; puis partout autour de lui une ambiance de science-fiction vieillotte, envoûtante, pas euphorique mais euphorisante, la nuance est d'importance ; et la garantie de se faire à un moment ou à un autre racler les sens contre la rampe de sécurité, et froisser un brin l'intégrité synaptique.

Un type de plaisir qu'on est davantage accoutumé à tirer de disques stoner plus concis - Entombed ou Monster Magnet, vous voyez le genre - que d'albums incurablement portés à l'unité de temps de la demie-heure... Et c'est avec un peu de surprise qu'on s'aperçoit qu'en fait, Ufomammut, au moins ici, dans cette dimension où 8 est son second album (dans cette dimension où Ufomammut sort de bons albums, donc), n'est pas du nombre de ces groupes qui ne savent pas rendre leur copie en moins de douze minutes ; mieux, en fait : Ufomammut, avec 8, prouvent qu'on peut faire des morceaux d'une simple demie-douzaine de minutes, avec la capacité de percussion y assortie, tout en jouant sans l'ombre d'un doute la musique des voyages cosmiques au long cours.

En plus simple (puisque, selon de récents rapports, le niveau d'alphabétisation est toujours en chute libre, y compris dans les milieux alternatifs) : faire du Pink Floyd en mode ultra-gras, et que ça sonne exquisément (oups, désolé pour ce mot de plus de cinq lettres, qui m'a échappé) frais. Gaillard à souhait, même. Ou, pour les plus cultivés et éveillés, une version jouée sur instruments préhistoriques - riffs sabbathiques laineux et psalmodies de pâtres à front fuyant - du déjà bien primate Gorgo de Morkobot. Alors, comme dirait James : monte là-dessus.

8 en trois mots : allumé, couillon, élastique




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