Slow End
Special Low Frequency Version
Mort d'une quinte de toux
Idlegod

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Dio Drone
Avec
Rob : basse, voix
Justin : guitare
Zven : batterie
Tracklist
1. Idlegod
2. Infinite Waste
3. Nothing More Than Earth
4. Cold As Blood
5. Space-Time Devoured
6. Black Beacon
7. Dead Embrace
 

IDLEGOD (Italie)

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Post hardcore Crust

Chronique par gulo gulo, le 06 septembre 2017
(197 lectures)

Neurosis. Oui, c'est l'un de ces groupes, dont on va parler séance tenante, pour lesquels mieux vaut le dire d'emblée : Idlegod n'existerait pas sans Neurosis ; c'est même une réalité encore plus pure (d'autres influences) que pour Crowskin, pour un peu on croirait qu'existe là-derrière une histoire à la Totengott.

Neurosis, mais de façon encore plus circonscrite : celui d'Enemy of the Sun, et là on élague encore : plus précisément, de toute la partie mystique, toute la cosmologie de l'apocalypse, toute la dimension quête du sens : de tout regard vers le ciel. Idlegod, c'est juste le Neurosis de 93 qui courbe l'encolure pour essuyer le gros grain de la fin des temps, tel quelque hypothétique galérien-soldat.

Idlegod, c'est la guerre contre les éléments, du début à la fin, sans romantisme, sans héroïsme, c'en serait presque du Bolt Thrower si la référence n'était déjà trop épique pour eux, et trop tonique : Idlegod, c'est à la fois d'une infinie lassitude de bidasse condamné et d'une opiniâtreté... finalement assez logique et indissociable de ladite ultime fatigue. Chez Idlegod, on va au charbon, au feu sans se lasser parce qu'on est déjà au bout de toute capacité de lassitude, parce que la terre entière à parte de vue n'est que plaine en proie au craquèlement, à la dévastation, à l'auto-dévoration, au cataclysme dernier... Amenra  (oui, il est fatal d'y penser, à un moment ou à un autre, devant l'extrême et charbonneuse monotonie de cette interminable traversée du Mordor fumant vers le Mont du Destin, et comme chaque fois qu'il est question de ne jamais décoller, mais toujours rester englué à la boue pâteuse de sang incoagulé) mais alors qui serait parti signer dans la Légion Étrangère, juste avant que celle-ci ne se retrouve, par la force des événements, dans le rôle de dernière tribu humaine en vie. Grâces en soient rendues aussi au choix vocal, là encore précis, d'Idlegod dans l'inventaire de papa Neurosis : presque uniquement la voix à la Kelly, celle qui sans relâche vous attaque au tournevis.Vous visualisez, là.

Chez Idlegod, on fait le dos rond avec morosité, on en chie avec stoïcisme, et une sévère constance ; oh, l'on se fouette bien un peu çà ou là, pendant ces morceaux de crust en surpoids de neuf minutes de moyenne et qui semblent sans issue à espérer, mais brièvement, dans un frisson désagréable, tel qui s'ébroue en se sentant s'endormir au volant. L'horizon de toutes les manières et comme on l'a déjà dit, mais de tels albums font de la répétition un élément naturel à part entière - est bouché ; l'écoulement du temps n'est défini que par un nuancier du terreux. La fin est sans fin. On fait bien mine parfois de planer ; pour mieux s'écraser, et labourer la croûte terrestre de cette carcasse harassée qui ne veut de toutes façons pas céder. Il se trouvera bien quelques touches de psychédélisme lourd, qui expliquent qu'on peut par accès songer vaguement à Times of Grace, mais surtout à Sovereign : du genre qui font piquer du zen, oui, en te le lestant de plusieurs dizaines de kilogrammes d'angoisse et de prescience de l'orage, de celui qui te rince jusqu'à la moelle des os, et encore après. Allez : Times of Grace si vous voulez, puisqu'après tout on n'est pas forcément ici tout à fait dans la même torride terreur que dans Enemy of the Sun - mais Times of Grace dans un décor qui tiendrait à la fois de la ruine noire de Dopethrone et du plus sinistre, lugubre Unearthly Trance ; au temps pour nos prolégomènes, tiens.

Pour conclure un rien moins pompeusement (qu'en pérorant comment il peut encore être fascinant de jouer du Neurosis en 2017, ou encore comment la chose même prouve justement la grandeur des ancêtres, dont on n'a toujours pas fini de faire le tour du monument qu'ils sont) : le genre de disque, typiquement et à l'instar de celui d'Anaphylactic Shock ou du premier Ocean (on y songe pas mal, à lui et à son aridité saline), dont il est extrêmement difficile de dire ce que le charme aujourd'hui fragile, labile, subliminal, en sera devenu dans quelques années - éventé, ou bien entêtante compagnie, et odeur invincible comme dirait ce vieux Claudel. Ce qui est sûr, me concernant à tout le moins, c'est qu'il m'est actuellement très cher.

Idlegod en trois mots : cantique, du, charbon




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