Slow End
Special Low Frequency Version
Moody and doomy
Dead as Truth

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Krokodil
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Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Relapse Records
Avec
Andy Savage : basse
Joshua Dark : guitare
Maxamillion Avila : batterie
Lenny Smith : chant
Tracklist
1. Inferno
2. Dead
3. Devolver
4. Void
5. Repent
6. Hopeless
 

ATRIARCH (États-Unis)

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Black metal Hardcore Gothique

Chronique par Krokodil, le 01 septembre 2017
(325 lectures)

Atriarch, groupe de christiandeathrock, post-blackened-punk-chose, enfant de Neurosis et Amebix (mais qui est la maman ?), héritier spirituel de The Gault... C'est bon, on connait la chanson, et on ne va pas vous la refaire à chaque fois. Celle que l'on avait pas encore entendu jusque-là, par contre, c'est Atriarch groupe de hardcore. Ne faites pas semblant, vous les avez aussi entendu, ces vilaines chutes de tempo qui tassent les vertèbres. Placées dans un autre contexte, elles auraient pu tout aussi bien s'appeler "mosh part". Ça fait mal aux yeux, hein ? Et aux oreilles aussi, pas vrai ? Certes, chaque chose à sa place, ainsi celle d'Atriarch n'est certainement pas derrière une étiquette, ni dans l'une des nombreuses cases de la castration administrative, pour autant l'on est quand même obligé de se rendre à l'évidence : Atriarch, depuis le labyrinthique mais saisissant Forever The End, ont-ils déjà joué une musique si frontale ? Ne se préoccupant d'aucun détour ou éventuel obstacle pour mieux fondre sur sa proie. Se contentant simplement de réduire la distance entre agresseur et agressé : ce qu'on appelle la ligne droite. Idem pour le son : en dehors du très rock An Unending Pathway  (rock au sens où il s'agit de leur seul album où je parviens réellement à distinguer des "chansons" plutôt que des "ambiances" - soit l'exact opposé de Forever The End qui est un pur disque d'ambiances, et par la force des choses un pur disque de doom) Atriarch n'a finalement jamais eu un son si distinct et propice à la collision. Et l'on ira certainement pas comparer l'incomparable, en l'occurrence Forever the End et Dead as Truth, encore que les évidences n'ont jamais tué personne (?) : l'évolution du groupe s'apparente finalement davantage à celle d'un prédateur ayant optimisé son mode opératoire, d'un prédateur enfin débarrassé de son "ça" et d'éventuelles survivances morales ou esthétiques, d'un prédateur ne refoulant plus ses pulsions carnassières... D'un vrai prédateur, quoi. 

Un petit "patate, de, corbac" qui se profile pour les trois mots de fin ? J'y songe, encore que là aussi, on ne peut pas faire semblant de ne pas entendre le reste, et le caractère nettement plus tenace de la chose : la teneur quasiment industrielle de cette batterie qui roule sur ses tomes comme un cadavre dévale une pente joliment accidentée, l'école Paul Ferguson si j'ose dire ; ainsi que la teneur quasi-Swansienne du chant/discours de Lenny Smith, dont on retrouve curieusement - ou pas - certains thèmes déjà maintes fois abordés par Michael Gira, avec les mêmes mots et les mêmes rotations toujours plus obsessives, plus intrusives, plus inquiétantes. Ce qui change de Rozz Williams, cela dit ! Encore que j'en ai flairé derrière Repent (un peu Cavity, non ?) Bref. On ne peut pas faire semblant de ne pas entendre le Swans qui hante Dead as Truth, en plus des habituels référents mentionnés ci-dessus. Le Swans de la fin de l'agonie industrielle de Greed, ainsi que le Swans post-punkisant de Children of God... Avec cet enchainement de titres aussi martiaux qu'homogènes, aussi asphyxiants que sinistres... Et noirs.

Ce, jusqu'à Repent, justement. Le titre avec lequel Atriarch cesse de se montrer (simplement?) comme le monstre fulminant qu'il est, pour libérer enfin toute la pression accumulée vingt minutes durant, d'un seul et même tenant monolithique, directement orienté vers votre gueule. Le titre qui fera d'une certaine manière regretter la trop courte durée d'un album où, finalement, tout semble participer au montage ultra-méticuleux d'un teaser long format, où chaque assaut semble savamment distillé au compte-goutte, pour arriver à ce moment culminant là - voire LÀ - à cet instant précis où le contenu échappe au contenant, ne pouvant se comprimer davantage dans sa fragile petite chambre de confinement, et vient vous fendre la tronche d'une de ces violences complètement disporportionnées, et foudroyer l'espace d'un grondement de tonnerre aux résonances quasi-mythologiques. D'ailleurs, pas impossible que ces vilaines décharges électriques de black-metal mutant vous évoquent une petite bande de suédois qui eux aussi font du Swans, enfin du blackened-Swanscore. Bref, ce titre, Repent, dans un contexte lucidement intitulé "Dead as Truth", vous pensez bien qu'il tient à merveille son rôle de bourreau venant abattre le mauvais sort, le châtiment divin, l'orage purificateur, et laisser ainsi la place à un Hopeless venant dresser le bilan des pertes.

On regrettera peut-être la brièveté de ce déferlement de méchanceté, avant de se dire que finalement ce qui est rare est suffisamment précieux et indélébile pour se suffir en tant que tel, et se rappeler - en cas de légères frustrations - que dans Dead as Truth, les amateurs d'agression grande vitesse seront tout de même servis et n'échapperont pas à de nouvelles magnifiques fulgurances de pur DSBM, aux manières d'un Forgotten Tomb en plein acte automutilatoire, comme sur les conclusions (aussi poussives que spectaculaires) d'Inferno et Hopeless... Enfin, ne soyez pas complètement surpris si vous parvenez à écouter Dead as Truth 3, 4 ou 5 fois d'affilée, sans vous faire chier ou ressentir la moindre nécessité de distinguer les quelques titres qui le composent : arrive un moment fatidique où les repères se floutent, où le temps s'élastifie, où les morceaux se diluent progressivement pour mieux se fondre en une imposante masse reptilienne, au triste dessein cela va sans dire, et ne finir par être qu'un grand tout aux propriétés dangereusement addictives… et doom. 

 

 

Dead as Truth en trois mots : morbide, inquiétant, mordant




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