Slow End
Special Low Frequency Version
La page très lourde
Seo-Mere-Saetan

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
3rd I Rex
Avec
Glenn Charman : guitare, voix
George Rhone : guitare, voix
Chris Rust : basse
Robin Corbet : batterie
Tracklist
1. The Ugly Truths
2. Failed To Rot
3. We Are Forgiven
4. Break The Mind
5. Mr. Kipper
6. Crusade
 

DEAD WOMAN'S DITCH (Angleterre)

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Sludgecore Psyché Black metal

Chronique par gulo gulo, le 30 août 2017
(254 lectures)

Faut-il croire qu'il était dans l'air - le virus de ce black fiévreux, languissant, las, de sous-bois automnal, qui récemment nous a valu le CHRST de Deliverance ? Possible ; certes pas, en revanche, que ce Seo-Mere-Saetan en soit le jumeau, en dépit d'une troublante - et pour tout dire délicieuse - parenté de métabolisme, de rythme biologique. Lui suit son propre chemin sous ces vénériennes frondaisons, vers des clairières psychédéliques aux teintes rouille où à moitié l'on rêve reconnaître le fantôme cher d'Eibon - mais cela en grande partie pour se rassurer, de se voir ainsi environné uniquement de choses que jamais on n'avait vues, pour semblables qu'elles puissent paraître à des arbres...  Mais acides, mais grimaçants, mais dégingandés, mais aigres : pour sûr, si à tout prix il fallait encore citer quelqu'un d'autre ici, par exemple pour rendre compte de la portion neurocore qui s'entend dans ce maladif black metal, que ce soit alors, plutôt que Neurosis, Meatjack : ses hallucinations qui ulcèrent les boyaux de l'esprit ; mais, au risque d'insister, dans les tons de la rouille, de l'humus, de la décomposition par laquelle en rampant s'annonce l'hiver ; au risque d'insister, répétons que Dead Woman's Ditch ne suit les pas de personne, que lui-même, et sa propre divagation à travers bois perdus dans le temps ; ce n'est qu'incidemment, et parce qu'on écoute trop de choses tout le temps, qu'on pensera vaguement à, çà Oranssi Pazuzu, là High on Fire sous un ciel d'orage couleur de sang : la bête de ce rêve-là, de ce labyrinthe, n'est même pas tout à fait ni minotaure, ni hydre, ni basilic - ce qui tout à coup nous fait penser que, au rayon de ceux qu'il faut citer aujourd'hui pour la simple raison qu'ils ne ressemblent justement pas, on a failli oublier Head of the Demon.

L'impression, à écouter cet album, est bien celle de lire une de ces histoires de la campagne médiévale, relatives à des choses telles que la Bête du Gévaudan, le Chien des Baskerville, ou encore quelque sorcière au fin fond d'un marécage inextricable, pleines de quasi-incohérences, de lacunes aussi irrationnelles que troublantes, de pans de cartes inexplorés, de zones d'ombre... Seo-Mere-Saetan là-dessus est authentiquement psychédélique, dans sa capacité à faire sombrer dans un demi-sommeil agité, et vagabond, une torpeur pétrie de peur et de désir, parcourue de houles brusques qui ne vous font que rouler davantage dans la langueur. La musique de Dead Woman's Ditch fait rêver à la meilleure façon de combiner quelque chose entre les mots "charnier" et "langoureux" : ici l'on peut ajouter le dernier des pareils non-semblables, à savoir : Skitliv ; essayez donc si vous pouvez, d'imaginer Skitliv en plein air, dans les bois, à triller et gargouiller sa maladie vers le ciel à travers les feuillages, comme une sorte de loup pelé, ou bien une sorte de Jumbo's Killcrane des Highlands ; ça n'a pas de sens, c'est bien le genre de visions, que peut-être vous n'aurez qu'une fois, parmi lesquelles vous traîne et charrie Seo-Mere-Saetan, au milieu des caillots du fleuve invincible de son brûlant délire, où tour à tour vous buvez la tasse et exultez du triomphe de vos sens ravagés.

Ah, au fait : le titre n'aurait rien à voir avec Satan ; je ne m'y fierais pas aussi catégoriquement, pour ma part. 

Seo-Mere-Saetan en trois mots : fantastique, vespéral, carnassier




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