Slow End
Special Low Frequency Version
Encore 80 mesures, le riff
Deep Six

Artistes participants au disque

MELVINS Web
SKIN YARD Web
GREEN RIVER
SOUNDGARDEN Web

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
1986 (1 x 12in)
Label
C/Z Recordings
Avec
GREEN RIVER
MELVINS
MALFUNKSHUN
SKIN YARD
SOUNDGARDEN
U-MEN
Tracklist
1 - Green River - 10,000 Things
2 - Melvins - Scared
3 - Melvins - Blessing the Operation
4 - Malfunkshun - With Yo’ Heart (Not Yo’ Hands)
5 - Skin Yard - Throb
6 - Soundgarden - Heretic
7 - Soundgarden - Tears to Forget
8 - Malfunkshun - Stars-N-You
9 - Melvins - Grinding Process
10 - Melvins - She Waits
11 - Skin Yard - The Birds
12 - Soundgarden - All Your Lies
13 - Green River - Your Own Best Friend
14 - U-Men - They
Remarque
Réédité en CD en 1994 par A&M Records avec une pochette différente et moche.
 

Chroniques de splits et de compilations


Grunge Punk rock

Chronique par Derelictus, le 26 août 2017
(205 lectures)

Bien avant l’avènement d’internet, l’une des façons les plus simples pour découvrir des groupes était le plus souvent les compilations éditées par des labels enclins à mettre en valeur une partie de leur roster et parfois pour mettre le pied à l’étrier en lançant leurs activités, l’autre manière étant le fameux tape trading en vigueur durant les années quatre vingt et ressuscité il y a quelques temps par des minots qui n’étaient pas nés à cette époque. Ici nous avons donc la première réalisation du label C/Z Records, tout jeune label de Seattle en ce milieu des années quatre vingt et qui décida de mettre en avant six formations de cette ville, qui commençait à bouillonner fortement. Et les formations ne sont pas des moindres: Green River, Soundgarden - sans Matt Cameron à la batterie -, Malfunkshun - avec le futur chanteur de Mother Love Bone, Andrew Wood -, Melvins, Skin Yard - avec Matt Cameron à la batterie et Jack Endino à la guitare- et U-Men.

Seuls deux groupes avaient déjà sorti un EP auparavant, Green River et U-Men, ce qui se ressent d’ailleurs sur la qualité de leur musique et l’affirmation bien plus personnelle de leur style, entre grunge canal historique et d'excellente facture pour le quintet emmené par Mark Arm, et punk bien envenimé et déluré chez les vétérans de cette scène. Ce qui fait que pour les quatre autres formations, nous avons ici une page d’histoire car il s’agit de leurs tous premiers enregistrements. Et il y a quelque chose d’assez intéressant que d’observer des futurs grands noms de la scène dans leurs premiers pas et cela donne, déjà, un aperçu de la versatilité de cette scène que l’on ne nommait pas encore grunge. Skin Yard sonnait déjà étrangement décalé, avec ce côté très nauséeux et ces effluves psychédéliques, comme une bonne descente dans les bas fonds de cette ville, dans une fin de virée nocturne où l’on a écumé tout ce qu’il était possible de boire dans des rades les plus sordides les uns des autres. Malfunkshun mettait déjà en exergue son incongru mélange entre mélasse et accents sleazy, avec en tête de gondole les deux frères Wood, dont ce guitariste qui enchaînait les soli aussi vite que son frère des bols de céréales sur scène.

Difficile ensuite de reconnaître derrière cette voix juvénile pas encore assurée et pas encore tout à fait maîtrisée ce Chris Cornell sorti de l’adolescence dans des premières versions de titres que l’on rencontrera ultérieurement. Mais pour autant, il y avait déjà cette singularité et ce son qui piochait déjà dans des influences éparses pour un rendu aussi bouillonnant qu’efficace. Et c’est toujours un régal de voir la photo de Kim Thayil sans barbe dans le livret. Dans tous les cas, ça ne dénote pas de l’ensemble, même si l’on sent que c’est bien vert. S’il y a par contre un groupe qui sonnait déjà comme étrangement unique et surtout bien plus lourd que les autres, ce sont bien les Melvins - Lee Dorrian lui-même déclarait que Melvins était le groupe le plus lourd des années quatre vingt. Et l’on a bien les deux facettes du groupe d’Aberdeen, entre missiles hardcore d’à peine une minute, et d’autres où l'on accélère tout aussi facilement que l’on ralentit avec une puissance de feu, des riffs aussi sauvages que bourbeux, et un Dale Crover déjà au-dessus du lot. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant de voir l’influence de ce groupe sur la scène sludge. Ainsi, avons-nous une belle carte postale des forces en présence au milieu des années quatre vingt, - même si Screaming Trees manquait à l’appel -, et un enregistrement au caractère on ne peut plus historique. Il y a un côté archéologue de la musique lorsque l'on découvre et réécoute cette compilation, mais ce type de réalisation avait aussi ce charme et cette faculté de mettre en lumière une scène balbutiante qui n’allait pas tarder à dominer le monde et qui n’est pas devenue un raz-de-marée par hasard.

Deep Six en trois mots : séminale, sépia, juvénile




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