Slow End
Special Low Frequency Version
Moody and doomy
III: Tabula Rasa or Death and the Seven Pillars

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2013 (1 x Cd)
Label
Vn Records
Avec
Selim Lemouchi: guitares, basse, programmation
Farida Lemouchi: chant

Micha Haring: batterie sur Not a Vessel et Dance of the Elements
Tracklist
1 - I Was Promised a Hunt
2 - The Lullaby of the Burning Boy
3 - If Not a Vessel?
4 - In the Loving Arms of Lunacys Secret Demons
5 - Dance of the Elements
6 - White Storm of Teeth
7 - Tabula Rasa
 

THE DEVIL'S BLOOD (Pays-Bas)

Voir tous les articles pour THE DEVIL'S BLOOD


Psych Hard '70s

Chronique par Derelictus, ce mois-ci
(145 lectures)

Ce qui n’était alors que des démos, remarquablement travaillées, allaient finir par devenir le troisième et ultime album de The Devil’s Blood, sortis quelques semaines après l’annonce de la fin du groupe. Auraient-elles du ne rester qu’en l’état, c’est-à-dire, des documents de travail à s’échanger entre musiciens, ou bien méritaient-elles de voir le jour et de constituer l’épitaphe d’une formation qui aura pas mal boulversé les choses en à peine six années d’existence, redonnant goût à une certaine forme d’expression, pour le meilleur et pour le pire, longtemps demeurée souterraine, pour ne pas dire occultée. L’on va dire que la production des plus dépouillées, car oui, c’est censé être une démo à la base, n’aide pas à apprécier à sa juste valeur ces compositions et, surtout, à atteindre les canons d’excellence, - enfin dans le sens où les deux premiers albums avaient une production excellemment appropriée -, auxquels nous étions tant habitués. Il faut même, avant toute chose, passer le cap de cette boite à rythme utilisée sur quasiment tous les titres et qui a été un peu un frein quant à l’acception de cet album, et accepter aussi que ce mur de trois guitares qui avait fait la légende du groupe a été mis de côté. Tous ces griefs, ce sont les mauvais côtés cosmétiques de cet enregistrement et qui laisse parfois un arrière goût d’inachevé, c’est même son principal défaut, car l’on sera toujours en droit de se demander ce qu’il aurait pu advenir de tout ceci avec un réel enregistrement.

Et pourtant, il y a une grosse nuance à accoler à tout ceci. L’on retrouve tout de même les éléments qui ont fait la magie de cette formation, certes resserrée ici sur Selim Lemouchi et Farida Lemouchi. Le premier démontre encore une fois qu’il est toujours autant inspiré, et cela se ressent sur quasiment tout l’album, le quasiment étant en fait cet instrumental final qui apparait comme étant bâclé et en dessous de ce que l’on pouvait escompter de lui. Évidemment, il y a des compositions qui sortent du lot dont notamment ce magistral I Was Promised a Hunt dépassant les vingt minutes et abordant une format comparable à un espèce d’opéra avec ses trois mouvements, et qui est étonnamment équilibré, sans sombrer dans certaines longueurs. C’est même assez courageux d’entamer un album avec une telle pièce, dont l’évolution est très bien amenée, l’on se rapproche un peu de ce qu’avait pu faire Hammers of Misfortune en la matière. Autre pièce longue, White Storm of Teeth présente aussi des éléments évolutifs, et montre, une nouvelle fois, tous les talents de compositeur du regretté musicien dans un registre plus conventionnel pour le groupe. Il demeure encore ce fabuleux guitariste qui illumine chaque composition de ses soli, et même quelqu’un qui pourrait être allergique à ce type de démonstrations ne pourrait être qu’admiratif devant autant de feeling. Sa soeur n’est pas en reste, et autant je suis très souvent réticent au chant féminin, non par machisme, mais je dois admettre volontiers qu'elle a tout de même quelque chose en plus par rapport à d’autres, comme si elle était réellement habitée par ses paroles, et n’avait d’ailleurs pas besoin de se dissimuler derrière certains artefacts pour faire passer ce message.

Mais outre ces aspects que l’on reconnaissait déjà auparavant à la formation, il y a ici une coloration nouvelle dans sa musique: quelque chose de plus délavé, de moins bigarré. C’est comme si la liqueur d’antan s’était muée en quelque chose de plus acide et de plus amer. Comme si les rêves d’antan étaient en train de s’estomper peu à peu, pour quelque chose de plus désenchanté et de plus réaliste, de quelque chose de presque plus terre à terre. Comme si l’on assistait à une longue descente après un trip qui semblait infini, avec tous les manceaux de mélancolie, de nostalgie, et de mal être que cela laisse jaillir, mais avec parfois quelques retours euphorisants, comme pour se raccrocher à cet autre monde, dont on se détache petit à petit, à moins que ce ne soit l’inverse. C’est un peu ce que l’on ressent sur ce long final instrumental du titre d’ouverture, qui ne peut laisser indemne, tant cette mélodie, pourtant si simple au demeurant, peut vous hanter pendant des semaines entières, mais ce rendu est bien entendu palpable sur tant d’autres instants de cet album, ne vous y méprenez guère. L’exubérance et le jaillissement de mille feux et de mille couleurs ne sont plus là que par intermittence, car ils sont le plus souvent occultés par un voile plus terne qui nous laisse un peu chancelant, un peu désabusé, un peu esseulé, après tant de gaieté.

Il est évident qu’il eût été dommage de passer à côté de tels titres mais qu’en même temps, l’on gardera un peu ce sentiment que cela aurait pu tellement être mieux si ce troisième album avait été proprement enregistré, mais, en dehors de la batterie, aurait-il gardé cette touche assez incroyable. L’on ne peut éviter l’écueil entre ce qu’évoque cet album et la destinée de son géniteur, car ce Tabula Rasa, au titre ô combien évocateur, a une saveur terminale: comme si tout était finalement scellé et que derrière les quelques coups d’éclat, il y avait aussi cette toute autre réalité à laquelle se rattachait cette formation. En cela, cette épitaphe demeure digne de The Devil’s Blood, aussi bien en tant que telle, car peu d’albums atteignent un tel niveau d’excellence, qu’en tant qu’ultime album qui ne jure pas tant que ça aux côtés de ses prédécesseurs.

III: Tabula Rasa or Death and the Seven Pillars en trois mots : amer, dsillusionn, chatoyant




Facebook 

Commentaires des lecteurs pour ce disque

Aucun commentaire actuellement pour ce disque