Slow End
Special Low Frequency Version
Sorcière !
Running Out of Red

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2016 (1 x Cd)
Label
Castle Face
Avec
Dane Arnold : batterie
Jed Maheu : guitare, voix
Caleb Miller : basse
Tracklist
1. They Came For Us
2. No Brains No Balls
3. The Sadist
4. Total Recall
5. Lizard Music
6. Sineaters
7. Giving Up The Ghost
8. Canít Afford The Basics
9. My Lighter
10. Meatman
11. Afraid Of The Dark
12. Night Of The Knife
 

ZIG ZAGS (…tats-Unis)

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Thrash metal Space Rock Garage

Chronique par gulo gulo, le 31 juillet 2017
(219 lectures)

On y croit, au début ; à l'impensable : que le tour de force de Superjudge enfin va être réitéré ; oh, pas à l'identique bien sûr, puisque cela est impossible et que même Monster Magnet n'y est jamais parvenu ; mais qu'un petit groupe va de nouveau s'élancer à l'assaut du ciel avec une sauvagerie de motards errants, de harde déplumée de Huns défoncés, sous haute dose de Steppenwolf endiablé.

Au début, tout y est : l'énergie titubant comme une dératée - si, si - entre le mysticisme débauché de Hawkwind et la barbarie primaire du MC5 ; le son des guitares aussi cru et aimable qu'une électrocution, et qui au service de riffs qui iraient volontiers disputer à qui l'on sait le label "robot-rock", font de l'album une longue et lascive séance de gégène, sur les cervelles haute et basse simultanément. Les seuls noms d'albums qui viennent en tête, en dehors du premier cité ci-dessus, sont Kill'em All et Retrash. Le nom du groupe devient le son d'un cisaillement aussi acéré que la simplicité de la pochette.

Las : comme probablement il est fatal pour toute machinerie lancée en un surrégime admirable mais déraisonnable pendant trop longtemps, le système finit par dérailler : on tombe de selle lorsqu'on comprend - ou du moins croit comprendre mais cela suffit - l’innocuité risible, l'enjeu pusillanime des paroles de "My Lighter" - va donc t'en racheter un, de briquet, et cesse de me les brouter sans quoi je lâche mon clébard, il s'appelle Iron Fist - et il ne faut point compter sur les quelques morceaux qui restent pour nous y faire remonter : les riffs, de rock'n'roll hautement concentré, finissent, à force de combustion ininterrompue de tout raffinement, par avoir l'air pop-punk, et le rythme raide impitoyable de la batterie, balourdement, suit le même chemin, malgré une louable tentative d'enclencher malgré tout la sixième sur "Afraid of the Dark".

D'un seul coup on se met à respirer, à regarder l'heure, à desserrer les dents. Et le titre de l'album de finalement se réaliser à quatre morceaux de l'apothéose et l'infini, tel une prophétie funeste ; le nom du disque celui d'une panne aussi couillonne que le simplisme de la pochette ; la vieille mais impardonnable faute, de nous laisser arrêter d'y croire, de trop longues secondes durant, semblant couper tous les moyens d'un groupe occupé à s'en mordre les doigts ; venant gâter d'un désastreux goût d'inoffensif et de fausse alerte tout le carnassier prodige - on l'oublierait presque, c'est là le revers qui guette les expériences surréelles lorsqu'elles loupent le moment crucial où il faut laisser la cicatrice - que constituait tout ce qui a précédé.

Alors vient, plus fatidique encore, l'heure de la tête froide, où l'on se dit que la pure logique rhétorique c'est fort gentil, mais que les métaphores ne sont pas la chose, et que des machines poussées en surrégime qui tiennent le choc jusqu'au bout de la course dernière, dans ses étagères à disques on en a. C'est donc que, jusqu'à nouvel ordre au moins, on l'espère, Zig Zags sont des faiseurs. Mais d'horriblement doués.

Running Out of Red en trois mots : sortie, de, route




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