Slow End
Special Low Frequency Version
Aig... quoi ?
A New Ice Age

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2011 (1 x 12in)
Label
Rise Above Records
Avec
Gaz Jennings: guitares
Lee Dorrian: chant
Brian Dixon: batterie
Scott Carlson: basse
Tracklist
A: Open Mind Surgery
B: Sabbadaius Sabbatum
Remarque
Les versions vendues lors du concert d’adieu comprenaient un poster de la peinture complète réalisée par Dave Patchett et utilisée comme artwork.
 

CATHEDRAL (Angleterre)

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Traditional doom

Chronique par Derelictus, le 30 juillet 2017
(254 lectures)

Lorsque l’on est le meilleur groupe du monde, il n’est parfois pas évident de pouvoir contenter tout le monde tout en se faisant plaisir en même temps, notamment lorsque l’on a annoncé plusieurs mois auparavant la fin de ses activités. Sorti à l'occasion du concert d’adieu londonien, cet EP, au titre ô combien prémonitoire, est la première réalisation post Leo Smee, remplacé par Scott Carlson, qui ne démérite pas derrière son instrument, mais qui n'a pas l’aisance de son illustre prédécesseur, et, surtout, n’a sans doute pas eu la même importance dans le processus de composition. Toujours est-il qu’après un The Guessing Game qui partait dans tous les sens, l’on a ici un Cathedral bien plus classique dans son propos, même si les quelques accointances avec les années soixante dix sont toujours là, que ce soit par l’usage d’un mellotron sur le premier titre lors d'un pont bien plus aérien, que ce clavier on ne peut plus daté sur le second et au rendu assez détonnant. Pouvait-on esquisser ce qu’allait être le testament du groupe de Coventry à l’aune de ces titres, c’est là une question que l’on pouvait se poser, mais j’avais tout de même une certaine appréhension lors de sa découverte.

Évidemment, ces deux titres n’apporteront pas de réponses éloquentes et définitives, et puis c’est assez facile de refaire l’histoire une fois que tout est passé. Il apparaît pourtant évident aujourd’hui que le côté volontiers bovin de Open Mind Sugery, bien plus incisif et presque méchant au regard de l’ambiance de la précédente réalisation, laisserait penser que le groupe pouvait aller dans cette direction, même si, en définitive, il n’aurait pas du toute dépareillé sur The Garden of Unearthly Delights. Hormis le passage mentionné précédemment, l’on a ici une composition presque frostienne dans l’ambiance, bénéficiant d’un son bien plus sale qu’à l’accoutumé, avec un texte politisé du sieur Lee Dorrian, chose à laquelle il ne nous avait plus trop habitué depuis des lustres, et où il déverse sa vindicte contre le gouvernement de David Cameron, comme si certains démons du passé avaient resurgi, et que, finalement, l’anarchiste n’était pas encore tout à fait mort. Ça reste purement efficace, avec un côté charge de rhinocéros qui fonce tête baissé sans s’arrêter, prêt à tout entraîner dans sa folle course. Mais alors, que dire du second titre, répondant au doux nom de Sabbadaius Sabbatum, si ce n’est qu’il confirme, ad vitam æternam, que le seul groupe qui peut légitimement se réclamer de la filiation avec Black Sabbath, mais dans le sens unique héritier du trône, c’est bel et bien Cathedral, et que ce nom est une indication à lui seul. Rien de moins, avons-nous ici un vibrant hommage au groupe de Birmingham avec des riffs et un sens du groove qui sont à la frontière entre l’hommage et le plagiat, mais c’est fou comment ils font tout de suite penser à Lord of this World ou Sweet Leaf, voire Who Are You? avec ce clavier mentionné plus haut. Et pourtant, ça fonctionne parfaitement bien, et l’on sent qu’il y avait une volonté de terminer sa carrière avec au moins quelque chose qui démontre, une bonne fois pour toute, que ce groupe avait aussi été formé pour rendre un hommage permanent à Black Sabbath, même s’ils ne sont pas les seuls sur ce secteur d'activité.

En fait, il n’y avait que Gaz Jennings et compagnie qui pouvaient se permettre un tel exercice qui tienne autant la route et qui reste on ne peut plus plaisant. Car oui, in fine, ce groupe ce n’était que du bonheur, et même en démontrant deux facettes assez opposées, l’on sait exactement où l’on se situe. Le flow de Lee Dorrian reste toujours aussi légendaire, notamment avec sa diction si particulière, et l’on a toujours ce groove unique que nombre de groupes actuels ne parviendront jamais à avoir ou à obtenir, même en y mettant toute la meilleure volonté du monde. C’est cela qui fait que Cathedral restera le meilleur groupe du monde, et que même en deux titres, ils sont capables de faire la nique à tant de monde, et surtout nous rappeler qui sont les tauliers. Évidemment, ce n’est pas de la trempe d’autres réalisations courtes du groupe, qui font désormais partie de la légende du doom metal, mais ça valait bien la peine de se faire écraser pendant un quart d’heure par des gros anglais mal polis pour pouvoir dégoter cette réalisation lors de cette funeste soirée.

A New Ice Age en trois mots : dévoué, enjoué, éternel




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