Slow End
Special Low Frequency Version
Les octets du sinistre
Disbelief

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
1997 (1 x Cd)
Label
Grind Syndicate Media
Avec
Jochen "Joe" Trunk : basse
Karsten "Jagger" Jäger : voix
Kai Bergerin : batterie
Oliver "Olly" Lenz : guitares
Tommy Fritsch : guitares
Tracklist
1. Follow
2. Away
3. My Life
4. Scattered Product
5. God ? Master !
6. In a Cage
7. Soul Massacre
8. Why Emotional ?
9. Against the Shadow
10. The Harmony Within
11. Behind Those Eyes
 

DISBELIEF (Allemagne)

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Industriel Gothique Thrash metal

Chronique par gulo gulo, le 30 juillet 2017
(237 lectures)

Disbelief est au nombre de ces groupes dont on a le sentiment, chaque disque, qu'ils font la même chose mais de façon toujours différente ; ou bien alors qu'ils s'essaient à un paquet de choses différentes, mais que ça donne toujours pareil.

Si vous préférez, Disbelief fait partie de ces groupes qui ont une personnalité tellement à part et affirmée, pour qui il faut mobiliser tant de noms en guise de repères pour tenter d'en indiquer l'emplacement sur la cartographie esthétique, le contour du trou noir qu'ils y font - que d'un album à l'autre on peut se trouver pris au piège de cette illusion, que c'est telle ou telle de leurs composantes qui s'y est vue privilégiée - lors que composante il n'y a pas.

Ce qui fait l'élémentale unicité, du ton et de l'identité Disbelief, sans doute possible c'est l'intensité : celle de la souffrance permanente, et en permanence à son paroxysme ; c'est ce qui fait aussi que ces disques, qu'un peu l'on voit comme tous les mêmes et que d'une chanson à l'autre on peut malgré les relatives variations de cadence percevoir comme constitués du sempiternel même morceau lancinant - de bidoche exaspérée sur son croc de boucher - peuvent s'avérer résolument pénibles, éreintants, une authentique épreuve physique à s'endurer dans leur entier. Une extrême souffrance qui finit par définir une nouvelle espèce de mornerie, faite de deuil, de pluie acide éternelle, de hurlement viscéral, de tragique animal ; toute la douleur des montagnes.

Et dans les veines de ces montagnes - oh ! l'on en aperçoit, des choses... Difficile, déjà, de ne pas se rappeler à l'écoute de Disbelief que Karsten Jäger rugit aujourd'hui également pour Morgoth - et de ne pas songer à celles de la pochette d'Odium, de montagne : voilà le genre de randonnée qu'il vous faut escompter. Puis du Red Harvest ; beaucoup : autant pour le transhumanisme ursin, que pour les accès de berserk purificateur et de barbarie sans merci, les tâtonnements gothiques de There's Beauty in the Purity of Sadness, ou l'héritage voivodien ; du Red Harvest en tant qu'indubitable cousin, au parcours et sensibilités évidemment apparentés... et néanmoins engorgé, emporté dans les gros bouillons d'un torrent de thrash maudit, congestionné, fataliste, de rage saturnienne, tuberculeuse, où avec eux se noie et se débat également Mindrot, ce qui est assez dire la nature interlope, difforme, et le musc prononcé dont il est question ; comme une sorte, sous certains angles, de Sepultura époque Chaos A.D mais incarné en goth de la toundra - ah çà ! pour sûr, si on n'avait jamais visualisé, ressenti le lien exact qui relie Amebix à Bolt Thrower... on ne pourra plus le dire.

En revanche, on ne trouvera certes pas dans cet album de ces ondulations qui sur Shine pourront laisser penser à un Gigandhi dépressif ; mais on est non moins sûrement en famille, dans celle de ce metal biomécanique aussi désespérément cramponné à sa part organique, qu'il est magnétisé par les chimères broadrickiennes, hypnotisé par la machine prédatrice, fléau des temps barbares où il voit le jour. Ajoutez à tout ceci une intensité vocale à chaque instant invraisemblable et qui pour sa part matérialise une parenté insoupçonnée jusqu'alors entre Martin Van Drunen et Tompa (avec une petite place au milieu pour Rennie Resmini) ; une ambiance de crossover Planète des Singes/Robocop digne de World Demise, d'un monde hivernal pour lequel n'existe guère d'autre mot que "dystopie", tant pour sûr quelque chose ne tourne pas pour le mieux dans l'univers où vivent ces gens ; imaginez si possible un Integrity - voire, mieux, Ringworm - où tout le hard rock aurait été avantageusement remplacé par du crust scandinave scorbutique ; et vous avez une idée du tableau : aussi monstrueux que peut généralement l'être un premier album de ce type de groupe, aussi écorché vif qu'écorcheur, aussi brutalement doom et foutu que thrash peut l'être. Bienvenue dans Disbelief.

Disbelief en trois mots : angoisse, du, migou




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