Slow End
Special Low Frequency Version
Taking drugs to make music to take drugs to
In Space

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
autoproduction
Avec
Baptiste "p’tit loup" Keriel: chant
Romain Hauduc: guitares, choeurs
Florian Leguillon: guitares, choeurs
Tommy Streefland: batterie
Nicolas Marlet: basse, choeurs
Tracklist
1 - Machu Picchu
2 - Biker Sloths from Mars
3 - Alien Summer
4 - NOLA
 

SONS OF IRON CROSS (France)

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Stoner Southern rock

Chronique par Derelictus, le 26 juillet 2017
(300 lectures)

La moiteur du Bayou qui vous endort dans sa torpeur, l’asphalte qui tanne la peau et brule les narines, cette envie de déboucher de bonnes bouteilles de bières ou d’apprécier pépouze un bon vieux bourbon, de rouler un stick, le tout en écoutant cette musique qui nous fait tous vibrer depuis maintenant plusieurs décennies histoire de faire passer le temps et l’ennui: tout cela constituerait presque une belle carte postale de la Nouvelle-Orléans, telle que nous la fantasmons pour beaucoup d’entre nous. Sauf qu’ici, cette moiteur que l’on ressent, c’est celle des caves de rades obscurs, de ces scènes reléguées au fin fond de pubs où plus personne n’ose aller, de ces heures passées à répéter enfermés dans un studio, ou à jouer frénétiquement au bol d’air, et aussi, et surtout, quand la température excède les vingt cinq degrés Celsius dans cette bonne vieille ville de Rouen. Il y a un peu de tout ceci dans ce In Space, mais bien plus encore, avec à la clef de très belles surprises.

Il est évident que les p’tits loups de Sons of Iron Cross ne vont pas ici révolutionner le créneau stoner/southern metal, loin de là, et de toute manière, ils n’ont jamais eu cette prétention de le faire, mais plutôt de rendre hommage à tous ces groupes qui les font vibrer depuis des années, tout en se faisant avant tout plaisir, et l’on pourra mettre en exergue aussi bien Down que Crowbar, et tant d’autres, comme influence. Et c’est un très bel hommage qui est donné ici, même si cela ne se limite aucunement à cela, avec quatre compositions qui tiennent on ne peut mieux la route, mais, et c’est surtout là l’essentiel, qui affirment la grosse marge de progression par rapport aux précédentes réalisations. L’on sent ici le travail acharné et surtout le dépassement des influences pour appliquer sa réelle personnalité et sa propre sauce, mitonnée savamment avec amour. Et c’est tout cela qui fait la différence ici. Il y a déjà une cohésion d’ensemble qui est plaisante, avec de nombreux gimmicks qui font tout autant plaisir que secouer la tête, tant il y a des riffs purement jouissifs ici, et une certaine fraîcheur dans la manière d’agencer ces compositions. Surtout, le quintet affiche une aisance rythmique assez prenante, et le tout possède un vrai groove, de celui qui vous entraîne jusqu’au bout de la route, et l’introducteur entêtant qu’est Machu Picchu exprime volontiers cette facette.

Sauf que ce n’est pas l’unique aspect de ce nouvel enregistrement, ce serait même assez réducteur que de le limiter à cela, et c’est surtout là que l’on se rend compte du chemin parcouru depuis ces cinq longues années. Il y a des passages bien plus lysergiques sur les trois autres titres qui, non seulement, viennent intelligemment étoffer ces compositions, en y apportant même une temporisation salvatrice, mais également leur donner un supplément d’âme. L’on est même assez loin d’un côté uniquement et foncièrement potache et bas du front comme pourrait le laisser entendre le style, pour quelque chose de bien plus honnête, et qui vient du fin fond des tripes, je pense notamment à cette seconde partie toute en finesse d’Alien Summer. L’on se surprend même à enfin trouver un chant clair de très bon aloi et qui tempère agréablement les accès de fougue. Également dans ce registre, il faut souligner cette belle complémentarité des deux guitaristes, qui affirment de plus en plus leur solidité, et osent même quelques twin leads fortement bienvenues, en sus d’arpèges pas mal inspirés, pour agrémenter leurs riffs détonnants. Bref, peut être rien de nouveau sous le soleil, mais tout de même une réalisation qui recèle de belles et réelles surprises avec un propos de plus en plus affiné, en dépit de cette triple épaisseur de saindoux, et qui nous rappelle que, finalement, faire de la musique, c’est avant toute chose se faire plaisir entre potes et ainsi trouver une réel échappatoire à cette rude existence.

In Space en trois mots : enjôleur, étoffé, vaillant




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