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Special Low Frequency Version
Thirsty and Miserable
Down on the Upside

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Informations

Première édition
1996 (1 x Cd)
Label
A&M Records
Avec
Chris Cornell: chant, guitares, mandoline, piano
Kim Thayil: guitares
Ben Shepherd: basse, mandoline
Matt Cameron: batterie, moog
Tracklist
1 - Pretty Noose
2 - Rhinosaur
3 - Zero Chance
4 - Dusty
5 - Ty Cobb
6 - Blow Up the Outside World
7 - Burden in My Hand
8 - Never Named
9 - Applebite
10 - Never the Machine Forever
11 - Tighter & Tighter
12 - No Attention
13 - Switch Opens
14 - Overfloater
15 - An Unkind
16 - Boot Camp
 

SOUNDGARDEN (États-Unis)

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Grunge Hard '70s

Chronique par Derelictus, le 26 juillet 2017
(190 lectures)

Le petit frère sage et bien élevé de Superunknown, ou bien encore le premier de la classe, qui, de manière très scolaire, ne fait qu’ânonner sa leçon, sans y mettre vraiment d’entrain, et sans montrer une réelle personnalité ou une réelle réflexion. C’est presque là tous les maux que l’on pourrait reconnaître à ce Down on the Upside, sorti deux années à peine après son glorieux prédécesseur. Et pour cause, tant la construction de cet album, tant dans sa durée, tant le nombre de pistes et sa versatilité affichée, font penser de manière troublante à Superunknown, et ce n’est sans doute pas l’enchaînement des trois premiers titres qui va contredire cette impression. C’est aussi l’album où les dissensions internes et les fissures entre les musiciens commencent à être mises au grand jour, entre la mainmise de Chris Cornell sur le groupe, mais en même temps avec toujours autant de classe, le côté complètement décalé d’une partie des compositions de Ben Shepherd, presque dignes d’un Hater, mais pas toujours du meilleur goût, les expérimentations et le côté gardien du temple de Matt Cameron, et l’effacement de Kim Thayil, qui signe ici le titre le plus virulent de l’album, l’excellent Never the Machine Forever, seul titre qui relie le groupe à son passé désormais lointain.

Ça reste un fait notoire que c’est, en surface, l’album le plus apaisé de Soundgarden, ou en tout cas le plus radio friendly, celui de l’ouverture vers de nouveaux horizons, presque plus pop si je puis dire, que l’on constate sur des titres comme Dusty, Burden in my Hand, ou bien encore Switch Opens, et où les acoustiques prennent les devants, comme ça n’a jamais été le cas auparavant. Comme si le quatuor s’était laissé aller à des envies plus folk rock, comme pour ne pas laisser ce seul terrain à Pearl Jam qui ne s’était pas remis de sa collaboration avec Neil Young. Même si tout ceci n’est qu’une petite partie de l’ouverture opérée sur cet album. C’est aussi l’album qui reste le plus ancrée dans les années soixante dix, et, dans son côté à la fois versatile et à la fois plus austère dans sa production, l’on pourrait presque dire que c’est le Physical Graffiti du groupe. En tout cas, c’est ici que l’on retrouvera les titres les plus zeppeliniens de la formation, notamment Rhinosaur, Blow up the Outside World, Tighter & Tighter et Overfloater, dont l’ambiance lugubre a des petits airs de No Quarter. Mais c’est également l’album de Soundgarden qui comprend les titres les plus faibles de sa discographie, pour ne pas dire les plus agaçants du groupe - King Animal excepté -, dont Ty Cobb, No Attention, et Never Named.

C’est enfin l’album où le groupe aura le plus expérimenté, entre l’usage accru des acoustiques, celui de mandolines, mais pas pour le meilleur effet, et ces explorations vers des territoires plus psychédéliques, où là, il a parfaitement su tirer son épingle du jeu. Évidemment, dans ce rayon, il y a deux titres qui surclassent quasiment tout le reste de l’album, en exagérant à peine, c’est d’une part le final Boot Camp, qui a une résonance encore plus particulière aujourd’hui et qui laisse une pointe d’amertume à tout ceci, et, d’autre part, le magistral Applebite. Voilà bien un titre qui vous glace la sang dès son introduction, qui garde toute son aura énigmatique après bien des écoutes et dont les côtés méandreux et empoisonnés conservent encore leurs côtés insidieux, et font toujours autant mal. C’est évidemment dans cette nouvelle coloration, volontiers plus inquiétante, que le quatuor avait excellé, en donnant une supplément d’âme à leur musique. En cela, même si de primes abords, ce pouvait être ici leur album le plus immédiat, il a finalement bien plus de choses à offrir et sans doute même une profondeur que l’on ne soupçonnait pas.

Je disais donc que l’apaisement affiché n’était qu’en façade car il reste tout de même cette touche propre au groupe, cette faculté à apporter une grisaille et presque une situation d’inconfort. Et nombreux sont ces titres qui suintent d’un mal être, mais d’un mal être qui ne dégouline pas, car il n’est pas question d’user et d’abuser d’effets de manche éclatants pour arriver à ces fins, et aussi parce que l’on n’avait plus besoin de devenir l’étendard d’une génération laissée pour compte, ou quoi que ce soit du genre. Et à ce petit jeu, il est incontestable que des titres comme Zero Chance , Overfloater, et Blow up the Outside World auront de quoi convenir parfaitement à cette définition, et sont empreints de cette marque de fabrique significative. Il y a un côté déstabilisant derrière tout ceci, quelque chose qui nous sort parfois de notre petite zone de confort, pour mieux creuser là où l’on ne souhaitait mettre les pieds. C’est plutôt ceci que j’ai envie de retenir de cet album, qui, s’il avait été délesté de certaines de ses scories, dont cette collection de titres franchement dispensables, aurait pu être la meilleure des conclusions pour ce groupe, bien qu’au demeurant, il est d’une très bonne consistance et surprend même encore par sa longévité et sa profondeur. Down on the Upside n’en demeure pas moins le réel chant du cygne de cette formation qui aura marqué les années quatre vingt dix.

Down on the Upside en trois mots : lumière, et, ombre




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