Slow End
Special Low Frequency Version
Moody and doomy
Null & Void

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
2014 (1 x Cd)
Label
Vánagandr, Pest Productions
Avec
D.G.: guitares
TMS: batterie
S.S.: chant
Ö.S.: guitares
H.K.F: basse
Tracklist
1- Null & Void
Remarque
Version cassette sortie chez Vánagandr, version cd sortie chez Pest Productions en 2015.
 

O (Islande)

Voir tous les articles pour O


Freak doom Black metal

Chronique par Derelictus, le 23 juillet 2017
(152 lectures)

Une longue complainte nocturne, durant une nuit profonde, sans lune et sans aurores boréales, sans âmes et sans chaleur, où l’on doit laisser cette boule au ventre prendre contrôle de toutes vos émotions. Où l’on doit faire face à toutes ses peurs, primaires et enfouies, et à toutes ses angoisses. Où il n’y a plus aucun autre seuil que le vide et cette peur qu’il suscite. Ce vide auquel l’on essaye d’échapper tant bien que mal. Ce vide que l’on peut difficilement fuir. Où l’on ne peut desserrer les dents devant lui et devant l’âcreté d’une existence devenue traitresse et où l’on ne peut qu’accepter cette fatalité. Où l’on doit porter son amertume comme un lourd fardeau, encore et encore, sans autres horizons que d’avoir les yeux rivés vers le sol et l’incapacité de pouvoir remettre ceci en cause. Où des chants d’amertumes, des cris de désespoirs, et des pleurs sans échos, rappelleront l’absurdité d’une telle existence. Où les soubresauts de colères ne sont que de vains et futiles rappels que nous sommes vivants et encore pleins de vigueurs, mais que tout ceci ne sont tout autant que de simples coups d’épées dans l’eau. Où la folie nous guette à chaque instant pour nous happer dans ses bras et nous emmener dans une danse de la Saint Guy. Où le désespoir ne peut que succéder à l’ire. Où le fureur se mue en anéantissement de toute volonté de vivre. Et où il ne restera rien d’autre que le Néant.

Il y a quelque chose d’absolument viscéral dans le propos de ces islandais, comme quelque chose que l’on ne peut que ressentir aux plus profonds de ses tripes, pour peu que l’on soit réceptif à ce type de musique. L’exercice du titre long, avoisinant ici les trente cinq minutes, est tout aussi périlleux qu’il peut aussi donner de vraies et pleines satisfactions. Et c’est purement le cas ici où le quintet a su alterner passages lancinants, assez répétitifs, mais faisant preuve d’une certaine évolution des motifs, un peu comme avait su le faire il y a un autre siècle The Gault, à d’autres plus bourbeux. J’entends par là cette faculté à tisser des mélodies maladives et à faire progresser l’ensemble, en faisant souffler à la fois le chaud et le froid, - comme le savent si bien le faire une flopée de musiciens de cette scène -, et en faisant progressivement monter l’intensité au grès des minutes. Évidemment que tout ceci explose à un moment donné dans des cavalcades toutes empruntes de ce black metal islandais dans ce qu’il a de plus sauvage, qui renverra aux bons souvenir des vieux Sòlstafir ou Potentiam, ou bien évidemment à cette bouillonnante scène dont ces musiciens font partie, et qui apparaissent comme de réels moments de fureurs bienvenus au sein de cette tourbe. Comme si l’on voulait essayer de temps en temps de sortir de cette mélasse, mais qu’au final l’on ne peut qu’abandonner toute tentative d’évasions. Et il n’y a pas plus belles défaites que ces élans quasiment romantiques, qui se rapprocheront de toute cette scène suidical/depressive black metal, mais avec bien plus de sincérité dans la démarche.

Tout ceci reste foncièrement hypnotique du début jusqu’à la fin, comme une plaie béante que l’on n’arriverait plus à dissimuler. Mais il y a tout de même une richesse dans cette longue cantilène, qui derrière des aspects assez rustres, avec notamment une production assez grésillante et naturelle, a suffisamment de quoi happer l’auditeur dans ses méandres noirs. Il y a même quelque chose d’assez moyenâgeux dans cette musique, comme si l’on voulait conjurer les mauvais sort de diverses calamités qui s’abattent sur notre monde, telle une danse macabre. O a parfaitement réussi son coup en proposant quelque chose de vraiment saisissant et en faisant preuve d’une réelle personnalité, ce qui est assez rare pour une première oeuvre comme celle-ci. Surtout, ce groupe n’aura pas simplement juxtaposé d’un côté une facette doom metal et de l’autre une facette black metal, il aura su amalgamer ces deux facettes pour un rendu tout aussi désolant qu’abrasif.

Null & Void en trois mots : érodé, affecté, dolent




Facebook 

Commentaires des lecteurs pour ce disque

Aucun commentaire actuellement pour ce disque