Slow End
Special Low Frequency Version
Musique fumeuse pour gens moches
Anciano / Nadie / El Dios Queja
Anciano / Nadie / El Dios Queja
Anciano / Nadie / El Dios Queja

Avis des chroniqueurs

Krokodil
Note

Informations

Première édition
1995 (1 x 7in)
Label
Japan Overseas / Third Culture / Tag Rag
Avec
Sur Anciano :

Chew : batterie
Talbot : guitare
Hevi : chant
Monger : basse

Sur Nadie :

La même

Sur El Dios Queja :

La même +
Takehito Miyagi : claviers
Yokota : guitare
Tracklist
Anciano :

Face A :
1. The Post War Dream (pink floyd cover)
2. Si Mismo Defensa
Face B :
3. Que Cabronada
4. Anciano

Nadie :

1. Nadie
2. Bajo de Cero
3. Esclavo

El Dios Queja :

Face A :
1. Hay Que Joderse
2. Renir a Existencia
Face B :
3. Sisto
Remarque
Anciano a été enregistré en mars 1995, Nadie en mai 1995 et El Dios Queja en juillet 1995.

À noter que Nadie a été réédité (et remastérisé) chez Throne Records en 2008, sur 12".
 

CORRUPTED (Japon)

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Sludgecore

Chronique par Krokodil, le 06 juillet 2017
(251 lectures)

Rétrospective Corrupted, épisode ... 5 ? 

Vous avez sans doute déjà remarqué mon penchant (que dire de mon endurance ?) pour la torture auditive… voire pour la torture tout court. Comme quand il est question de remonter le temps à travers une discographie aussi épuisante et énergivore que celle de Corrupted ; au point même d'en sortir l'insortable, parmi les horreurs oubliées de l'histoire, en l'occurrence les vieux restes fossilisés et tétanisés dans la fange du Corrupted originel : trois EPs de pur et authentique sludge (pour le prix d'un, ici, c'est cadeau), moche comme il était difficilement permis de l'envisager en territoires autres que deatheux. Et si je dois reconnaître aimer d'un amour toujours grandissant ces sagouins de japonais (alors que depuis notre rencontre en 2000-quelque chose, je ne les ai jamais écouté autrement que d'une moitié d'oreille…) ma patience a quand même des limites, et je ne me vois pas forcément remplir encore et encore les cases vides de leur discographie, aussi copieuse et richement garnie puisse-t-elle être. Sur ce coup, je ne vous cacherai pas ma flemme (que dire de ma flamme ?) quant à décortiquer séparément chaque EP, d'autant plus lorsque l'on sait que lesdits EPs ont été enregistré en 5 mois, et qu'ils se ressemblent à peu près jusqu'à la moindre petite difformité apparente - si l'on fait abstraction de la prod', bien sûr - comme les membres d'une même fratrie de débiles tordus, incestueux et salement peu recommandables, tout droit sortis de la cervelle de Tobe Hooper… Enfin, puisse ce modeste billet mettre la puce à l'oreille aux labels plus audacieux et courageux que les autres, je ne saurais faire taire un fantasme nouveau-né : celui de voir réunie dans le même joli digipack toute cette infâme cochonnerie. À bon entendeur, évidemment.

Bref, Corrupted, on l'a dit, aux débuts, ils faisaient du sludge outrancièrement dégueulasse et très largement influencé par Grief… En revanche, ce que l'on a oublié de préciser, c'est que les mêmes Corrupted, aux débuts du début, sur Anciano donc, ils étaient surtout très largement comparables à ces (affreux) groupes de sludge mongoloïde finlandais - lesquels n'existaient pas encore, pour la plupart. D'ailleurs ne l'ont-ils pas inventé, ce sludge précambrien ? Ce sludge de pouilleux et de vendeur de misère, qui se joue avec des moignons à la place des doigts et du vide à la place du cerveau ? Ce sludge 100% anti-évolutionniste et 100% cracra avec un son 100% moisi comme du transistor d'après-guerre ? Plus que probable. À part In The Name Of Suffering, j'vois pas trop qui pourrait revendiquer la paternité de la chose… Qui ira la revendiquer aussi, hein ? Sur Nadie, aka "la suite logique des choses", le morbide (caractéristique inhérente au style Corrupted) prend même une dimension des plus invraisemblables. Plus sinistre que l'atelier d'Ed Gein et plus maniaque que Joe Spinell dans le film du même nom, avec une vieille odeur de jus de fond de cercueil qui macère, une consistance de lépreux passé à la moulinette, et les semelles qui collent au sol comme sur un tapis jonché de tissus humains à divers degré de nécrose. "Outrancièrement dégueulasse", c'est à se demander si c'est réellement suffisant et/ou pertinent pour qualifier cette cochonceté.

El Dios Queja, mes amis… là par contre, c'est déjà une autre paire de manche ! Non pas que ce soit plus fin. Corrupted n'a jamais - au grand jamais - connu ou aspiré à la finesse. Encore moins en 1995, où ils étaient plutôt aux parfaits antipodes de la finesse… Mais faut avouer que… instrumentalement, c'est vachement plus dégourdi (sans être fin, j'insiste, ça reste une boucherie sans nom)… et émotionnellement, bon sang, c'est vachement plus haineux, et du coup vachement plus raccord avec leur succulente imagerie snuff-power-electro. En fait, jamais l'on aura entendu chez nos hommes pareille envie d'en découdre, de disloquer des vertèbres à la clé à molette, de labourer des gueules par paquets de douze, avec cette batterie dopée aux stéroïdes façon Justin Greaves et ces guitares gonflées à bloc (profitez-en, une telle énergie, chez Corrupted, ça ne se reproduira sans doute plus jamais). Et que dire de la performance de ce brave Hevi ? 20 ans qu'il aboie toujours de la même manière, avec une constance qui dépasse l'entendement, comme un schnauzer à l'agonie, mais qui veut pas casser sa pipe, et qui ne la casse pas. En 1995 ledit schnauzer avait grave la hargne. Un territoire à défendre, sans doute. Bref : El Dios Queja est un véritable raz-de-marée de merde, de violence nue et congestionnée, de concassé de béton prêt à s'abattre, de sludge avec un gros CORE à la fin, quasiment du Iron Monkey avant l'heure : straight dans ta gueule, straight dans ton cul. Et comme sur "Mi Pueblo", l'on perçoit déjà ici les prémices du Corrupted-adulte à venir, les longues trainées nauséabondes et funèbres de ces saletés de pourritures de larsens… Ainsi que l'obsession des boucles répétées jusqu'à la tétanie. D'une certaine manière, le very-best de Corrupted, en 20 minutes. Autre chose que 70 minutes de funeral à interludes post-folk où l'on se fait royalement chier, c'est sûr. 

Corrupted - désormais vous le savez et n'avez plus aucune excuse pour ne pas les chérir - aux début, c'était du sludge de gros barbare ; quelque part, c'est très bien qu'ils n'en fassent plus (Paso Inferior, après tout, quelle merveille) ; et quelque part c'est très bien qu'ils l'aient fait. Franchement, que serait devenu le monde des musiques slowendiennes sans Corrupted, hein ? 

Anciano / Nadie / El Dios Queja en trois mots : infect, acharné, primordial




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