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Sabbath Dubs
Sabbath Dubs

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2007 (1 x 10in)
Label
Kriss
Avec
Aaron Funk
Tracklist
A. Black Sabbath
B. Electric Funeral
 

SNARES (Canada)

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Traditional doom Dub

Chronique par gulo gulo, le 05 juillet 2017
(187 lectures)

Les questions de timing, d'historique personnel si vous préférez, ça fait un peu plus qu'avoir son importance dans une perception globale de la musique, un sens esthétique, ou quel que soit le nom que l'on souhaite donner à ce qui constitue un cosmos personnel. Est-ce que c'est cela, l'objectivité, faire comme si de rien n'était ? Chacun ensuite en fait ce qui lui chante, hein : personnellement j'ai tendance à théatraliser les choses un peu comme un championnat de catch permanent, mais ça n'est rien de plus ni méchant ni dogmatique que cela.

Et donc, lorsque ce disque est sorti, je n'étais pas disponible, ou pas disposé ; lorsqu'un début de déclic s'est fait, lorsqu'une intersection naquit dans la rencontre avec une mise en image pour l'un de ces deux morceaux, à base de kétaminé en pleine panade dans les rayons d'une épicerie, je n'ai pas fait ce qu'on appelle aujourd'hui capitaliser, et jadis battre le fer pendant qu'il est chaud : pas essayé de faire rentrer ces morceaux dans mon intimité, à cette époque où déjà ma complaisance pour Aaron Funk n'était plus aussi excessive qu'elle avait pu l'être.

Et aujourd'hui, qu'enfin le besoin d'informer la population me fait pencher dessus de façon plus que dilettante, il est trop tard : j'ai déjà deux autres repères, suffisants pour rendre ces Sabbath Dubs parfaitement contingent et indolore. D'un côté Full Metal Racket, pour ce qui est de prouver que les musiques technoïdes - et même, plus précisément, leur sous-division breakbeat radical dans les deux cas, puisqu'après tout Bong-Ra est réputé pratiquer le breakcore autant que (Venetian) Snares, même si dans une direction différente - peuvent faire bien mieux que foutre des samples de guitares en boucle, mais apporter encore de la virulence et de l'extrême au metal extrême, lui apprendre un ou deux tours de leur façon, bref asseoir solidement la légitimité de la "refonte d'un Classique du Metal" ; de l'autre, eh bien ma foi ! Dope Smoker ; dont pour ma part le mystère reste entier quant à déterminer la part réelle de rock qu'il y a dans l'exécution des "disques", c'est même justement là que le bât blesse - pour Sabbath Dubs.

La chimie est tellement plus forte, magnétique, captivante, prédatrice, dans ce que Dope Smoker appelle ses mix-tapes, la confusion tellement plus hallucinatoire entre sabbathisme et dub, entre synthétique et organique, sans nécessité d'avoir recours au moindre scopitone d'illustration - ce procédé tellement plat et pour tout dire peu psychotrope... - pour en suppléer l'absence d'effet - "ça fait rien, ton truc". Il paraît fatal que l'on bâille un peu devant ce qui n'est guère plus - même si la chose au demeurant se révèle éminemment digne de sympathie - une mise en dub des miaulements d'Ozzy et du riff metal pré-historique ; conformément au programme, ni plus, ni moins ; sur un matelas de sons, décidément on reviendra toujours à la même impasse, synthétiques, ni plus, ni moins, sans la moindre ambiguïté : de la part de l'homme qui a créé Nymphomatriarch, l'on souffrira que je sois juste un peu amèrement déçu - attendu que par ailleurs la confusion entre dub et doom n'est plus à faire depuis Godflesh, Weedeater et un certain nombre d'autres petits génies du chichon. On finit même par penser à la blague du "Que dit un rastafari quand il n'a plus rien à fumer ?".

Peut-être, pour aller au fond des choses, parce que Dope Smoker évoque malgré son allégeance ostensible à la beuher l'effet de drogues aux effets bien plus violents qu'un pétard - tandis que Sabbath Dubs vous remémorera surtout tous les rires benêts de ces potes de l'époque où vous fumiez vos premiers échantillons de cette fameuse drogue-passerelle, et rien d'autre, pas même la torgnole de votre plus mémorable space cake. Sabbbath Dubs est mignon - tout ce que n'est pas un Legalize It - et eût presque mérité l'opprobre d'une qualification en "potache".

Sabbath Dubs en trois mots : passe, au, micro-ondes




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