Slow End
Special Low Frequency Version
Sea, sex and Sunn0)))
Legalize It

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Digital)
Label
Autoproduction
Avec
Gavin 'Gibson SG' Jones : solo de guitare sur "Stone"
Tracklist
1. Nirvana
2. Trenches
3. Legalize It
4. Nasa
5. Over
6. Scimiter
7. Widow
8. Ulvaner
9. Stone
10. Scars
 

DOPE SMOKER (Angleterre)

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Stoner Ambient Dub

Chronique par gulo gulo, ce mois-ci
(364 lectures)

Ainsi que de fort urbaine façon sa pochette l'indique, le nouvel album de Dope Smoker est presque identique à Marijuana - confessons une très cannabinique lassitude à l'idée d'écouter ceux qu'ils ont pu pondre avant pour les vérifications plus poussées - mais en version sub-aquatique. Certains morceaux - presque tous, en vérité - paraissent même être, à divers degrés, des remodelages de morceaux de Marijuana. La musique de Dope Smoker est donc toujours aussi invraisemblablement toxique, et forcément encore plus élastiquement ondulante. Sa pochette environnementaliste digne d'une publication Mille Plateaux à l'appui, on entend, certes, toujours plus de Nirvana chez eux - une synthèse de, maintenant que vous le dites, les morceaux aquatiques justement de Nevermind, l'engourdissement d'In Utero, la fièvre d'Incesticide - mais alors une sorte d'incroyable version ambient-dub minimaliste de Nirvana - si, si.

Le caractère prodigieux de ceci à lui seul ne laisse guère de choix, que de déplorer que ces albums et leur indécente sorcellerie continuent de se voir dénier une confirmation en réalité par l'existence physique - et pourtant, malgré l'acuité de cette frustration, la nature virtuelle de leurs albums, à sa manière, leur pureté synthétique, ainsi que la désinvolture et l'indifférence qu'on peut facilement y lire, rendent Dope Smoker encore plus terrifiant, comme une sorte de virus du doom inventé par William Gibson ; entre ces constats et la nature audiblement malléable et mutabile à l'infini de leur musique, on finit par les imaginer comme une sorte d'Autechre à l'échelle des puces d'un vieux canapé pourri dans un squat de toxos. Cette histoire de weed finit par ressembler de plus en plus à une manœuvre - c'est bien le seul écran de fumée que vous trouverez ici - pour dissimuler le fait que cette camelote se sert de votre cerveau comme buvard ; possiblement pour l'imbiber d'une nouvelle variété d'acide renforcée d'un redoutable concentré de jus de THC.

Legalize It est une chose aussi noyautée par la plus corrosive et toxique tristesse, qu'elle est moelleuse pour toutes les instances à éprouver quoi que ce soit en vous. Un truc qui ne devrait indubitablement pas exister - et dont il paraît rigoureusement non négociable de se passer une fois qu'on est plongé dedans. Ne doutez pas un instant que le mot de "terrifiant" n'est pas abusif une seule seconde : l'ignominie qu'est cet album pareil à un tour de train-fantôme au cœur des entrailles dégoulinantes du Chamallow-Monde, est au moins aussi extrême que sa douceur crémeuse.

Legalize It en trois mots : cochonnerie, grade, surnaturel




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