Slow End
Special Low Frequency Version
Vis ma vie sous acides
Undergang / Anatomia
Undergang / Anatomia

Artistes participants au disque

ANATOMIA
UNDERGANG Web

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x 10in)
Label
Me Saco Un Ojo
Avec
UNDERGANG :
Kasper Husballe : basse
Anders Dødshjælp : batterie
David Mikkelsen : guitare, chant

ANATOMIA :
Jun Tonosaki : basse
Takashi Tanaka : batterie, voix
Yoshio Hasegawa : guitare
Tracklist
A. Undergang : Graven som fængsel
B. Anatomia : Forrådnelse
Remarque
Pochette du dessus : édition danoise - pochette du dessous : édition japonaise, également chez MSUO ; les deux illustrations sont de David Mikkelsen
 

Chroniques de splits et de compilations


Doom death

Chronique par gulo gulo, ce mois-ci
(126 lectures)

Recueillement, paix, beauté : tels sont les sentiments qui vous étreignent dès les premières notes de "Forrådnelse". Tous, il va de soi, imbibés jusqu'à la trame par la plus hivernale, boueuse, fétide morbidité. Les noms qui viennent en tête, pour essayer de dire ce prodige de morceau, sont quant à eux Cathedral, Hooded Menace et Evoken ; "Forrådnelse", bien entendu, ne ressemble, à proprement parler, à aucun puisque c'est du Anatomia, et du vieux, donc il ressemble à du Autopsy... en une version funèbre à un point qu'on n'avait jamais entendu.

Une sorte d'impossible croisée des chemins entre Autopsy et Raison d'Être. Il paraît que ce morceau est vieux, 2010 ou par là, pourtant sa sortie en 2017 sonne toute naturelle, dans la fluidité de Decaying in Obscurity et "Submersion End" - au point de prouver qu'Anatomia n'a même pas besoin de clavier pour sonner comme s'ils en avaient un lorsqu'il leur chante. Ce morceau est sans âge, parce que ce morceau est old-school comme... tout ce qui est old-school : Autopsy  est old-school, le doom-death est old-school, la pluie est old-school, les cimetières sont old-school, la mort est old-school. Et c'est de façon old-school qu'il est une splendeur : avec discrétion, sévérité et humilité. Sans chichis ni brames déchirés, simplement aussi dénué d'espoir que la pluie sur les grosses molaires ébréchées des pierres tombales couvertes de mousse, les écharpes de brume, les cadavres qui peu à peu ne font plus qu'un avec la tourbe. Parce que, au propre comme au figuré, "Forrådnelse" est l'envers de "Graven som fængsel", et indissociable comme deux faces de la même chose peuvent l'être. Du grand doom death.

Undergang ? Ils jouent vite.

Non, je déconne. Enfin, si, un peu, toutes proportiosn gardées, mais on tient là à vue de nez froncé leur morceau le plus fataliste et abattu, au moins à ses moments, le moins porté au grouillement de la vermine, au hachis de la chair et à l'obsession du sale - et un de leurs tout meilleurs aussi, alors vous pensez si on va se priver d'en parler en long, en large et en travers.

Undergang, ou de l'art de cocher des cases qui n'étaient pas là. Rendre vivant voire bouncy voire carrément EBM un tapis de double-pédale ? Check. Noyauter de doom sans en rien perdre de l'efficience de char d'assaut un morceau de Bolt Thrower ? Check. Faire du death quasi-instrumental - et néanmoins bitable pendant sept bonnes minutes - tellement on articule à faire passer John Tardy pour Fabrice Lucchini, sur une octave à faire passer Lasse Pykkö pour Christophe Willem, et Dagon pour un aspirateur Dyson ? Check.

En fait c'est simple : si après ces sept minutes-là - en fait, au bout de deux et demie - vous n'avez pas une folle envie de vous fiche un anneau d'un centimètre d'épaisseur dans le septum et charger n'importe quoi qui se présente, en vous livrant vous aussi tout entier à la sourde beauté du feulement inarticulé, c'est qu'on a oublié quelque chose dans votre éducation ; si vous n'avez pas des fourmis dans les guiboles à écouter ce que fait cette batterie-là, ce n'est pas des guiboles que vous avez : c'est du mou de veau ; c'en est à se demander si, en sus de l'hommage nonchalant, goguenard mais patent à Bolt Thrower, y en aurait pas un à "Overkill" pour le même prix. Extatique et funèbre à la fois : du grand death doom.

Un disque qui, au moment des comptes, s'avère donc indispensable à l'amateur d'Anatomia, et à l'amateur d'Undergang : ce qui s'appelle une opération réussie, pour ce qui constitue somme toute une variante de l'alchimie dont résulte Wormridden.

Undergang / Anatomia en trois mots : lugubre, piétineur, rustique




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