Slow End
Special Low Frequency Version
Viens en paix
World Music

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
2012 (1 x Cd)
Label
Rocket Recordings
Avec
inconnu
Tracklist
1 - Diarabi
2 - Goatman
3 - Goathead
4 - Disco Fever
5 - Golden Dawn
6 - Let It Bleed
7 - Run to Your Mama
8 - Goatlord
9 - Det Som Aldrig Förändras / Diarabi
 

GOAT (Suède)

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Psyché Folk Krautrock Funk

Chronique par Derelictus, ce mois-ci
(158 lectures)

Un monde qui brille par mille feux, qui scintille au-delà du visible, et une musique qui chatoie l’auditeur par son amour communicatif, par ses mélopées enivrantes et par ses rythmes hautement endiablés. Goat c’est un peu tout ceci à la fois et bien plus encore, si je devais me reconvertir en magnat de la publicité et trouver à n’importe quel prix les arguments pour intéresser le simple quidam à cette formation suédoise. C’est le "Voodoo Fire" déclamé par Tonton Lee à la fin du siècle dernier, mais qui n’en serait pas resté à un simple coup d’épée dans l’eau, mais qui serait bel et bien devenu une ligne de conduite à suivre à chaque instant, comme pour ranimer certains esprits et certaines entités ancestrales. Et nous sommes rapidement emmenés dans une transe sans fin, ou tout du moins qui ne cesse que sur les dernières mesure de Diarabi, en laissant presque un sentiment de vide et l’envie d’y retourner, car ce périple est tellement bon et tellement simple que l’on n’a pas du tout envie de redescendre sur terre. Ce qu’il y a d’autant plus fort, c’est que l’on passe souvent du coq à l’âne entre des brûlots haletants comme Golden Dawn, Run to Your Mama et Goatman et d’autres moments plus posés comme sur Let it Bleed et Goatlord, comme autant de montées et de descentes, et comme si ces musiciens masqués prenaient un malin plaisir à nous faire le jeu des montagnes russes émotionnelles indéfiniment sur ces neuf titres.

Oui, cette musique est universelle tant elle parle tout autant au corps qu’à l’esprit, et qu’il n’y a pas de demie-mesure dans ces circonvolutions de guitares qui ne tarissent aucunement de génies et de motifs empruntés à diverses formes de folklores venant du monde entier, mais on mettra surtout en avant l’Afrique et ses mystères et l’Amérique du Sud et ses formes de chamanisme musicaux. Voilà bien un groupe qui transcende les frontières et les cultures, à l’heure d’un repli sur soit qui fait tant de mal à nos sociétés post-modernes. Mais au-delà de ces considérations presque métaphysiques, et assez pédantes j’en conviens, il y a, avant toute chose, un album et un projet qui ont compris ce que signifiait le syncrétisme fait musique. Car sur une ossature rock, l’on voyage dans un monde fait de mille et une couleurs, un monde fait de luminescence et de chatoiement, où l’auditeur est tantôt bercé, tantôt emporté dans des danses endiablées, emmené pour cela par cette basse qui est mise en avant et qui assure ce groove purement frénétique et tellement jouissif, c’est d’ailleurs cet adjectif qui est sans doute le plus approprié pour décrire cet album. Même tous les imports de divers instruments folkloriques sont très bien sentis et apportent enfin cette coloration tant attendue et tant recherchée par de nombreux musiciens depuis une bonne quarantaine d’années, sans toutefois être faite de manière  aussi digne, c’est à dire sans sombrer dans les affres de la facilité.

Goat sait tout autant faire parler la poudre et le feu, avec de magnifiques montées en intensité qui fleurent bon ce que les années soixante dix avaient été capables de nous apporter, que ces instantanés purement nostalgiques, comme tout autant de moments posés calmement devant un feu, histoire de reprendre ses esprits. Il y a une certaine folie qui émane de ce disque, que ce soit dans ces ritournelles répétées à l’envie, comme une sorte de rituel, que dans ces vocaux assez hallucinés, tant ils transpirent aussi bien des abus de psychotropes que relatant eux-mêmes ces accès fiévreux. Les deux chanteuses font d’ailleurs preuve d’un réel engagement, qui est presque du domaine de la foi, tant elles y insufflent toute leur énergie. Si l’on semble souvent planer à mille lieux de ce monde, c’est pourtant les pieds bien ancrés sur cette terre qu’il convient d’appréhender cette musique, c’est même plutôt un retour vers soi et vers cette terre matrice que l’on peut aussi voir sur cet opus, avec tout ce côté atavique qui demeure en filigrane sur ces titres. Il va sans dire qu’il est difficile de se départir de tout ceci une fois que l’on a mis le doigt dans l’engrenage, que plus rien ne semblera aussi coloré et aussi positif que la musique de Goat et qu’il est même difficile de s’en passer, car il y a quelque chose qui est presque rassurant dans cette musique toute aussi ennivrante qu'essentielle. 

World Music en trois mots : atavique, bariolé, ensorcelant




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