Slow End
Special Low Frequency Version
Va peut-être falloir tirer une latte ou deux...
Governance

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Krokodil
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Cold Spring
Avec
Andy Swan
Damian Benett

+
Jo Quail : violoncelle
Eugene Robinson : voix
Tracklist
1. Redacted Repressed Recalcitrant
2. Subliminal Chloroform Violation
3. Low Oxygen Silo
4. Cloudbank Mausoleum
5. Demenized
6. [ ]
7. Coven
8. Depression
9. Defraction
10. Stockholm Syndrome
11. Coven (Adrian Stainburner remix)
 

KHOST (Angleterre)

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Industriel

Chronique par gulo gulo, le 28 juin 2017
(294 lectures)

C'est une longue histoire - quoiqu'il ne s'y passe pas grand chose à dire vrai. Il faut l'entendre en préambule, cependant. Deathless est un groupe qui m'a fasciné, non pas longtemps, mais il y a longtemps ; en un temps où il n'était évident ni techniquement ni financièrement, d'écouter le moindre machin qui vous fascinait. D'où il découla que je ne les découvris pas, mais que la fascination resta ; quelque part dans un congélateur de mes curiosités musicales ; à tel point enfouie, que je ne me rappelai que tout récemment de les écouter enfin, aujourd'hui que c'est possible sans se fouler la souris. Je fus, nettement, platement, déçu.

Khost, ce n'est pas en revanche une longue histoire : découverts tout récemment, en un temps où la chose se fait dans l'instant défini par votre vitesse de connexion et sans laisser beaucoup de temps à la fascination et au mystère pour germer, si l'on ne se fait un peu fleuriste... La déception en pareils cas est beaucoup moins douloureuse, et tout sauf marquante. Cependant, lorsque je me suis trouvé circonvenu en situation de donner une chance à leur nouvel album, dont je doutais ferme des capacités à quoi que ce soit, et surpris agréablement d'y trouver mon compte... C'est avec un sentiment de justice enfin rétablie, et de joie, que j'ai appris qu'il s'agissait d'au moins un ancien Deathless ; et par la même occasion, que ledit individu était ce qu'il est convenu d'appeler "un collaborateur de longue date de Justin Broadrick". L'autre aussi, d'ailleurs.

Tout rentre dans l'ordre, et le monde tourne enfin rond. Khost était auparavant le nom tout trouvé pour cette circonstance où toujours l'on peine, à trouver un nom à citer - le cerveau ayant en pareilles matières une faculté salutaire d'amnésie immédiate - comme exemple de tous ces groupes qui font du Godflesh le nez au ras de la copie, zéro idée et zéro vision dans la tête ? Désormais, le principe universel, selon lequel qui a bossé avec JKB est forcément quelqu'un de fréquentable et à écouter parler, est de nouveau impeccablement vérifiable, comme au bon temps de la compilation familiale The Lo-Fibre Companion ; pour les besoins exemplaires sus-mentionnés, on aura toujours Depressor.

Honnêtement, les choses auraient-elles pu se passer de façon plus cosmiquement ordonnées ? Que de découvrir ainsi qu'ils font partie de la famille, au moment où enfin leur musique le révèle ? Oui, voilà bien ce qu'est Governance : une preuve que ladite famille est toujours vivante et pertinente, et que comme il a toujours été la règle il convient d'y écouter le moindre neveu ou petit-cousin, car chacun y apporte sa consistante pierre à la bâtisse, et que jamais le corps de ferme ne cesse de s'agrandir : on entend certes dans l'album, comme de juste, du Godflesh et du Techno Animal, car Khost semble concentrer, de l'héritage, surtout la part de hip-hop monstrueusement dévoyé, et guère celle de Killing Joke ; mais également des apports autres que ceux attachés au seul patriarche, comme des échos de Savak, d'Holocaust Theory et ce genre de cochonneries là, ou par endroits d'un Author & Punisher corrodé par une malveillance dégénérée ; voire d'un croisement ignoble entre les débuts de Bile (en encore moins rock'n'roll) et Iugula Thor ; une méchanceté globale davantage ancrée dans le power electronics, le death industrial ou le rhythmic noise, que dans le metal, où certes Godflesh ne campe pas, mais la majorité de ses clones si ; Khost pour sûr mérite sa place chez Cold Spring, et de ne s'en voir pas accorder sur l'Encyclopaedia Metallum ; Governance pour tout vous dire donnerait presque envie de dire des vacheries sur le disque de Greymachine, ce qu'on ne fera pas puisque Greymachine, c'est bien. En revanche, me chauffez pas de trop pour en dire sur JK Flesh, parce que là ce serait plus qu'approprié, quand on voit ce que fait Khost ici.

Il ne fait pas de doute que par ce disque, Khost mérite amplement sa place à la table familiale, à l'égal à l'aise d'un P.H.O.B.O.S, voire de couper la parole aux aînés sans faire de trop longues circonlocutions, avec son power-breakbeat radioactif au dernier degré, la fois martial, brûlé par le bain d'acide qu'il s'administre elle-même, patibulaire comme pas deux - et soyeux comme les ténèbres où s'abîme la conscience.

Governance en trois mots : vermine, cyborg, certifiée




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