Slow End
Special Low Frequency Version
Vis ma vie sous acides
Transhunter

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Krokodil
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x 12in)
Label
Fuck Yoga
Avec
"Ivan Kocev, of merciless hammering and autolove
Oleg Chunihin, of rigorous metal
Viktor Ribar, of sardonic harassment
Filip Trajkovski, of survival and related experiences"
Tracklist
1. SALUTE!
2. ARCHMARTYR / ВЕЛИКОМАЧЕНИК
3. TWO MASKS (OR MORE) / ДВЕ МАСКИ (ИЛИ ПОВЕЌЕ)
4. PAIN ZENITH
5. SOVEREIGNTY OF HELL
6. ORGANIZATION / ОРГАНИЗАЦИЈА
7. SAME AS YOU / ИСТО КАКО ТИ
8. A NEED TO BE TAMED
9. BEYOND SYMBOLIC REALITY
10. P.F.S.
11. OF SURVIVAL
12. ALBINO INCEST ANGEL / АЛБИНО ИНЦЕСТ АНГЕЛ
13. HEAVENWARD!
 

TRANSHUNTER (Macédoine)

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Industriel

Chronique par gulo gulo, le 22 juin 2017
(245 lectures)

J'aime bien avoir raison ; même lorsque je ne me rappelle pas si je l'ai vraiment énoncée, la vérité en question, ou même consciemment pensée. Alors peu importe de savoir si en l'occurrence je la retrouverai consignée quelque part, en cherchant à vue de nez dans un article sur Loinen : entre (vieux) Swans et Ride for Revenge (hop, voilà expliqué au passage et d'avance le "Beherit" que vous lirez dans l'argumentaire d'Ivan Kocev sur son site) existent des chemins ; tortueux, ombreux ; et qui passent par la Macédoine.

Ivan Kocev maîtrise visiblement aussi bien ses vieux Swans que ses vieux Godflesh, dont il tire, soit dit en passant, jus plus noir que des gens comme Depressor, également publiés chez lui. On faisait déjà davantage que s'en douter, et ce n'est qu'une base chez Transhunter ; un groupe qui, sur ces fondations assumées, notoires, prend point de départ pour un voyage dans le noir ; sans, ça va sans le dire mais ça va mieux en le disant, spécialement chercher à faire œuvre ostensiblement à part et dans l'inouï à tout prix : simplement en jouant la musique qui le meut avec sincérité, avec ce qui la mouvait elle-même initialement, et en voyant - façon de parler - où cela le mène. En tâtonnant de façon décidée, volontaire, en allant se prendre les murs sans tricher ni retenir ses pas ; en s'enfonçant la foi au cœur, avançant dans la peur, et découvrant ses royaumes : il y a du SM dans la pochette de Transhunter, mais à la manière dont le groupe joue sa musique : de façon crue, directe, sans passer par les consignes et les costumes d'aucune chapelle. Plus encore que chez Goli Deca, dont on peut entendre ici des échos s'attarder, la frontière avec la dark-wave s'efface dans l'obscurité, où les corps et les effrois se mêlent, s'enlacent sans être sûrs de ce qu'ils étreignent, sont traversés de spasmes de débuts d'évanouissement, d'ébauches de fous rires déments...

Tout ceci est trop abstrait à vos oreilles ? Imaginez si Godflesh se libérait de ses propres carcans - et peurs d'avoir peur, mais on retourne en arrière... l'inconvénient des labyrinthes, et de l'obscurité - pour se laisser aller à une sensualité plus propre au noise rock et ses dérèglements ; si Bodychoke dégageait vraiment les radiations power electronics qu'on attend d'eux lorsqu'on apprend qu'y officient des membres de Sutcliffe Jugend... avant de découvrir combien Sutcliffe Jugend craint ; si Zaraza était revisité par un groupe de sludge-noiserock rachitique ; si Power of Jism croisait... de très vieux Dead Can Dance (Ivan fait-il jamais preuve d'autre chose, que de la plus confondante honnêteté sur ses inspirations ?) ? ou plutôt les Virgin Prunes ? Les vieux The Klinik et Joy Division, ouais... Voire, l'accent de Kocev étant ce qu'il est (soit un délicieux accent de petit étrangleur fantasque venu à vue d'oreille de quelque part dans les Carpates), la distinction suprême : une sorte de version rock - allez : disons batcave - de Sigillum S, ou de Limbo : oui, on parle de ce niveau de dark-wave rituelle, mais transcrit, donc, dans un patois industriel certifié slowendien ; et pour un résultat, en toute candeur et nudité (si non en conséquence précisément de ces qualités, qui sont les siennes), un bon cran plus sensuel que toutes les références sus-citées, ou même que Goli Deca. Avec pour surveiller le tout tel un vautour perché sur un poteau, un Alien Sex Fiend qui révèlerait enfin tout son potentiel de sinistrerie.

Vraiment, la confusion est un bien meilleur mot d'ordre pour vous préparer à ce qui règne ici comme expérience sensorielle - celle dont une très bonne représentation est donnée par "Albino Incest Angel", sa scansion frénétique plaquée sur le typique tempo collant... et son enchaînement avec l'inquiétante paix du "Heavenward!" glacé qui la suit, et vient clore l'album comme il s'est ouvert : dans la béatitude et l'envoûtement instantané ; bienheureux au milieu du piaulement infectieux des larsens.

... La confusion, et l'intimité, laquelle se noue avec Transhunter très rapidement, en dépit du temps que l'on met à s'en rendre compte, avant que les jeux ne soient déjà fait, que l'on ne soit complètement lié à un disque qui après tout, avait tout pour passer en nous comme la plus naturelle des choses, en dépit de ce qu'il peut avoir en surface de difforme ou doucement grotesque - ce qui du coup fait que, pour un peu, l'on ne sentirait même plus le danger auquel on se soumet, en ce monastère où sous les soutanes ne se trouve que nudité d'esclaves dévoués, à se vautrer ainsi dans ce qui au niveau strictement musical se sirote aussi confortablement qu'on peut le subodorer (étant donné les ingrédients aussi naturels et évidents que l'huile d'olive, le basilic et la tomate, que sont noise rock, industriel et goth)... Pour un peu.

Quelque chose en moi me susurre que je me fusse épargné bien des contorsions syntaxiques, et plusieurs paragraphes peut-être, en qualifiant simplement Transhunter comme ce qu'il est : du punk. Oui mais c'est que le punk, c'est tellement simple, constitué de simplicité et de crudité justement, et ça peut être par le fait tellement de choses... qu'il eût été dommage de ne pas décrire un peu plus avant pareille beauté. La preuve qu'il n'est nul besoin d'aller chercher toujours plus loin, en avant et dans un futur rêvé, même de façon totalement fruste et néo-primitive, comme peut le faire un The Body qui n'arrive guère loin du résultat auquel parvient Transhunter - lorsqu'une attitude intemporelle et sans barrières telle que le punk - on aurait pu faire ces phrases avec le mot industriel, qui marche très bien aussi, comme synonyme de punk - est par définition loin d'avoir épuisé toutes ses ressources et les merveilles qu'elle peut révéler. Pour le dire plus bête et clairement : on aura le vif sentiment d'être tombé, au détour d'un marché aux puces paumé, sur un album de 1981 totalement passé sous les radars, et qui change complètement le tableau, l'organigramme qu'on se faisait de ces années-là.

Transhunter en trois mots : ivre, de, peur




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