Slow End
Special Low Frequency Version
À quelques pas du sol
The Enemy of Fetters and the Dweller in the Woods

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Weird Truth Productions
Avec
M.W.: guitares
D.L.: guitares, chant
L.B.: chant
Tracklist
1 - To Meditate upon the Face of Forgotten Death
2 - The FInal Godhead
3 - A Pean to the Vermin
4 - Cerulean Transience of All My Imagined Shores (diseMBOWELMENT cover)
 

IMINDAIN (Angleterre)

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Doom death

Chronique par Derelictus, ce mois-ci
(184 lectures)

Imindain, si ce nom ne vous dit peut être rien, il a pourtant fait partie de toute cette nouvelle génération de groupes de doom death metal de la décennie précédente qui avait digéré les influences des années quatre vingt dix, celle qui a été biberonné aux Peaceville Three, mais qui s’est aussi ouverte à d’autres sphères, que ce soit vers l’âpreté d’un Thergothon que le côté abrasif d’un Bethlehem, - l’on se souviendra d’ailleurs de ce split partagé avec Ataraxie pour rendre hommage aux allemands -. Bien évidemment, et c’est en grande partie la raison pour laquelle j’avais apprécié leur premier album et surtout la démo Monolithium, et même plus précisément le titre Black Water, c’est parce que l’on y retrouvait cette touche si albionesque, celle qui sent tellement les immeubles en briques rouges et la pluie. Reformé il y a cinq années, le désormais trio nous revient avec cet enregistrement, qui reprend des titres composés lors de leur première période d’existence, ainsi qu’une excellente reprise de diseMBOWELMENT, - là aussi pour faire comme Ataraxie, si l’on devait se limiter à de futiles comparaisons. 

Loin de faire du surplace par rapport au passé, et même si l’on y retrouve tous les éléments qui firent la force d’Imindain, l’on y ressent ici que l’un de ses membres n’est autre que le leader de Cruciamentum. C’est même assez évident, tant l’on se retrouve avec un propos tantôt plus hargneux et plus rugueux, et tantôt bien plus extatique, avec toujours en filigrane ces mélodies ternes, teintées de ce spleen tellement anglais. S’il n’a rien de bien novateur, le travail des deux guitaristes est vraiment excellent. Excellent dans le sens où il y a une telle justesse dans ce travail de sape et dans ce savoir faire que, au final, peu de formations partagent encore, que ce soit les anciens collègues de Profetus, puisque Dan Lonwdes y a contribué un moment, que les cousins germains de Lone Wanderer, et évidemment toutes les références du genre qu’il serait vain d’énumérer. Même l’utilisation des claviers, et pourtant vous savez à quel point cet instrument me provoque très fréquemment une sorte de fussoire, est assez juste et reprend bien cette trame un peu tragique. En dignes fils putatifs de Bethlehem, il y a bien évidemment cette opposition entre sons clairs et saturés qui renforcent l’aspect désenchanté de la chose. C’est facile de se prendre au jeu lorsque l’on est très client de ce type de sonorités et de ces juxtapositions, mais cela fait toujours son petit effet de retrouver cette amertume expansive. 

Si l’on retrouve une certaine rugosité dans le propos, au détour d’un passage à la double grosse caisse ou bien de riffs plus appuyés dans leurs fondements death metal, l’on constate aussi que la construction des titres s’est étoffée suffisamment pour nous happer, nous emmener avec eux dans cette embarquée dans les méandres du Styx, avec à la clef une production enfin digne de ce nom. A ce titre, le commandant de bord qu’est Lee Bullock reste toujours égal à lui même, avec une certaine versatilité dans son chant, entre des passages au chant clair, d’autres growls assez secs mais désespérants dans leur inhumanité, et ses cris d’orfraies qui laissent bien entendre qu’il n’est pas tout à fait sain d’esprit, sans toutefois se laisser aller aux extrémités d'antan. Il demeure évidemment une plus value à ces compositions bien agencées et possède tout de même ce petit grain de folie assez personnel pour ne pas faire penser à certains de ses aînés qui ont officié dans les mêmes déclamations au saint patron des fous. Assez inespéré, pour ne pas dire même très surprenant, il faut espérer que ce retour ne sera pas qu’un feu de paille, mais bien un nouveau départ pour une formation qui avait vraiment de quoi séduire son petit monde, pour peu que l'on ne soit pas indifférent à ce style devenu désormais hors du temps.

The Enemy of Fetters and the Dweller in the Woods en trois mots : anthracite, farouche, désabusé




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