Slow End
Special Low Frequency Version
Oh ouais, chérie
Birushanah & Monarch

Artistes participants au disque

MONARCH Web
BIRUSHANAH Web

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x 12in)
Label
Musicfearsatan
Avec
Kohei : batterie
Iso : guitares, voix, koto
Sano : percussions

MicHell Bidegain : basse
Shiran Kaïdine : guitares
Emilie Bresson : voix, synthés
Benjamin Sablon : batterie
Stéphane Miollan : guitares
Tracklist
Birushanah : Ransho
Monarch! : Konton Daggers
 

Chroniques de splits et de compilations


Traditional doom Doom death Punk rock

Chronique par gulo gulo, le 02 juin 2017
(483 lectures)

Birushanah, je n’ai jamais réussi à en finir l’écoute d’un disque, et pour leurs concerts cela s’est avéré le même problème : ébouriffé par leur fraîcheur au début, je m’en suis – graduellement, mais là encore avant la fin de leur propos – fatigué ; sans parvenir jusqu’à la détestation, le mépris ou quoi que ce soit d’hostile à leur égard ; simplement j'ai décroché, toujours garni de mon entière estime pour eux, chacun restant chez soi et les vaches bien gardées.

Alors un format court – un morceau, un quart d’heure – c’est aussi idéal que possible, pour profiter de la fraîcheur sans s’en lasser ; et fraîcheur, vous pouvez croire qu’il y a ; Birushanah assurément est de ces groupes dont les morceaux butinent tels des abeilles,voire folâtrent comme de bons sauvages, ce qui se supporte diversement, cependant il existe ici un fil rouge, qui est tout à la fois rassurant et rafraîchissant, puisqu’il s’agit d’une humeur "Godflesh dans Kermesse de la Forêt Sacrée", qui court pendant tout le morceau - à moins que ce ne soit "Acid Mothers Temple and the Tokyo Fist" ; ou "Black Sabbath par les Homoncules du Bois Velu" ? Bon, d'accord : on a un peu de peine à les suivre vraiment de près, à travers tous ces fourrés, et ces ronces qui s'y nichent ; et si l'on en sort aussi ébahi et les yeux pleins d'étoiles que d'une belle ballade dans la forêt ancestrale, on se cogne aussi les moins délicieuses étoiles sous le crâne de qui a gobé quelques baies sauvages dont il ne connaissait pas vraiment l'identité, et a quelque peu présumé des propriétés exclusivement récréatives des alcaloïdes y contenus. L'on a saisi à la fois le charme et la limite de l'exercice. Folkorique, pour le moins.

Mais là encore, il sera difficile, selon mon point de vue du moins, que par bonheur je me trouve partager, de ne pas se trouver dans la même posture qu’à ce concert du 13 avril dernier, dont du reste la tournée concomitante est plus que probablement à l’origine du disque nous occupant aujourd'hui – à savoir que ce qu’on est venu voir et entendre, c’est Monarch! ! Au moins cette fois-ci l’ordre de passage est-il plus judicieux, de nous offrir Birushanah en premier, lors qu’on n'est pas encore dans l’état de béate satiété émotionnelle que procure un morceau de Monarch!.

Et le morceau de ces derniers ne va pas nous détromper, pour ce qui est d’associer encore et toujours l'objet du présent article à cette tournée commune, puisqu'il semble bien constituer, en attendant un album pour le moins… attendu, la première trace non fugace de ces morceaux qu’ils jouent, dernièrement, sur les planches. Majestueux est le mot qui s’impose devant les concerts en question ; majestueux est le mot qui s’impose devant "Konton Daggers". Japonais en est un autre, tant comme en concert (voire depuis leurs débuts) Monarch! le semblent être à égalité de bien des natifs ; et ailleurs ; au-dessus de tout et de tous, avec cette féerie menaçante qui n’appartient qu’à eux, et ce hiératisme de clochards lunaires qui n’appartient qu’à eux aussi, ni tout à fait Evoken, ni tout à fait Warning, presque Anatomia pour cette fois, mais alors, plus sacrés encore que nature, et ainsi s'élevant juste ce qu'il faut au-dessus des miasmes de leurs sépultures fraîchement éventrées, pour flotter au milieu du fantastique lynchéen, où comme chez eux les hurlements, d'Emilie autant que de Michel (décidément plus qu'impressionnant en growl : subjuguant ; là encore ainsi que subodoré devant leurs concerts récents), sont ceux de spectres chuintants, la respiration du néant et du temps, les gémissements de la poussière ; on pourrait tâtonner les contours de "Konton Daggers" en parlant de l'empreinte de Thergothon et Bloody Panda enlacés, dans la cendre refroidie, ou d'un haïku calligraphié dans la bave d'un escargot ; ou tout simplement se résumer en disant que le morceau semble simplement la transcription auditive la plus parfaite d'une histoire de fantômes japonais et d'amour, résumée en une estampe aux couleurs nocturnes et passées, oubliée dans une maison perdue au milieu des sapins tragiques. Et qu'il sent la fumée et les fleurs.

En tous les cas, on meurt de plus en plus de l'entendre, ce sacré bon sang d'album. On l'espère tout cela à la fois - funèbre, paisible, épique, bucolique, vagabond, preux, pouilleux, spectral - et plus encore.

Birushanah & Monarch en trois mots : back, to, nature




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