Slow End
Special Low Frequency Version
Turn loose the freaks
El Mundo Frío

Avis des chroniqueurs

Krokodil
Note

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2005 (1 x Cd)
Label
HG Fact
Avec
Chew : batterie
Yokota : basse
Talbot : guitare
Hevi : chant
+
Anri Teresa : harpe
Tracklist
1. El Mundo Frío
 

CORRUPTED (Japon)

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Funeral doom Post rock Atmospheric doom

Chronique par Krokodil, le 29 mai 2017
(260 lectures)

Rétrospective Corrupted, épisode 2. 

Quelque part, je peux assez facilement comprendre pourquoi critique et public s'accordent à dire que cet album est le "chef d'oeuvre" de Corrupted. Du moins, pourquoi c'est celui par lequel il faudrait théoriquement aborder l'oeuvre des japonais. Il faut être franc, et un minimum objectif (je dis bien un minimum) : jamais dans leur discographie ils n'ont atteint ce niveau de subtilité et de finesse - fi-quoi?? - dans la composition. Même si l'organisation de leurs morceaux est sensiblement toujours la même, et qu'El Mundo Frío n'est finalement que la conclusion parfaitement logique d'une potentielle trilogie amorcée avec Llenandose du Gusanos et So Hace Por Los Suenos Asesinos, le travail d'arrangements semble nettement plus abouti, les mélodies sont pudiques sans être pudibondes et les transitions semblent ici définitivement plus naturelles, plus évidentes, plus fluides... "Fluide". Voilà sans doute le mot le plus susceptible de qualifier au mieux cet album. En effet, tout ici est fluide. Plus encore, tout ici n'est que fluide. Des arpèges introductifs - dont le caractère ultramélancolique et aqueux n'est pas sans rappeler le divin éponyme de Dolorian - jusque dans cette grande interlude centrale, un post-rock aux lointaines résonances jazz que l'on croirait échappé de la discographie de Bark Psychosis : tout n'est que pluie, bruine, larmes, vagues et écumes... Et ça fait son petit effet sur le moral (et l'appréciation de la météo à fortiori), je peux vous l'assurer. Mais ? Puisqu'il doit y avoir un mais - et là c'est purement subjectif et l'on aura le droit de me dire que je pinaille - j'ai davantage de mal avec les parties saturées. Non seulement parce qu'elles me rappellent (beaucoup trop) le Boris de -Feedbacker- et de Flood, (qui sont finalement les albums maritimes (fluides?) par excellence de Boris) voire l'Abandon d'In Reality We Suffer, notamment dans les dissonances écorchées des power-chords du "thème principal", mais aussi et surtout parce que ce disque aurait probablement eu un impact émotionnel cent fois supérieur s'il s'était simplement contenté de retourner le couteau dans la plaie, de cultiver l'immatérialité, la tristesse et la froideur de son rock, sans ne jamais se forcer le moins du monde à satisfaire entièrement le cahier des charges d'un album de doom censé être plus doom que le doom... C'est-à-dire que pour une fois, Corrupted n'avait pas besoin de faire du Corrupted. Corrupted n'avait pas besoin de répondre aux exigences supposées indispensables à l'élaboration d'un album de Corrupted - à savoir le lourd, le saturé et le gueulé... Non, Corrupted pouvait faire d'El Mundo Frío son album le plus funèbre, et ce sans même y introduire le moindre riff de funeral. Corrupted pouvait faire d'El Mundo Frío son diamant rock, et accessoirement une petite merveille de slowcore. Et nous n'en resterons que plus frustrés.

 

El Mundo Frío en trois mots : liquide, cafardeux, inégal




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