Slow End
Special Low Frequency Version
Va peut-être falloir tirer une latte ou deux...
Doppelgänger

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Xtreem
Avec
Nacho Void : basse, chœurs
Chou Saavedra : guitares, voix, arrangements orchestraux
Jose Mora : batterie, percussions
Tracklist
1. The Delusion of Negation (8:48)
2. Satan Beside You (14:03)
3. Doppelgänger (21:31)
 

TOTENGOTT (Espagne)

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Traditional doom Thrash metal

Chronique par gulo gulo, le 28 mai 2017
(520 lectures)

Longue rumination, minutieuse séance d'imprécation et de malédiction, des Dieux et du monde, qui laisse à rêver une sorte de héros entre Prométhée sur sa montagne et Gollum sous la sienne, au ton vocalement évocateur du meilleur de Celtic Frost et A Thousand Sufferings, et à l'allure générale préhistorique à situer du côté de Bölzer ou du Neurosis de Sovereign - et plus généralement de tout ce que vous pourrez trouver comme peplum moderne, donc à la fois d'un érotisme inamovible, constante à travers les âges, mais exsudé avec une bestialité dans l'air du temps.

Pour accomplir tout ce somptueux ouvrage, Totengott use, certes, de toute la compétence acquise dans ses débuts comme modeste groupe de reprises de Celtic Frost - cela ne peut manquer de s'entendre d'emblée, dès un premier morceau pétri d'une maîtrise du corpus telle qu'elle ne s'arrête pas aux différences de surface entre Morbid Tales et Monotheist - mais également d'une modernité qui est jeunesse avant tout, et en tant que telle fait feu de tout bois, variantes valborgiennes délicatement assimilées, cauchemars hashishins en flaques d'un noir de jais sur le charbon des grottes amples que sont ces trois morceaux, élégants coups de pinceau dark wave qualité Das Ich, thrash néandertalien, rythmes industriels des forges de Vulcain, son ridiculement huileux dans la façon Conan, furtives embardées crust limite Kylesa : pourquoi choisir ? Choisit-on entre Frazetta, Bisley et Ketola ?

...Mais vraiment, à quoi bon vouloir s'embourber dans l'objectif et le musicologique, lorsque la seule envie dont Doppelgänger vous enivre, c'est de rêver à Morbid Angel, Herscher et In Slaughter Natives entortillés, de souffler dans des cors faits avec les cornes d'aurochs de la taille de brontosaures... Celtic Frost ? Il est bien question de cela, allez donc ! Comme tous les bons héritiers, Totengott donne envie de flanquer l'ancêtre dans le caveau familial dont il ne devrait pas sortir sans permission, de conclure la chronique par "place aux jeunes", enfin donne un coup de vieux à l'auteur de ses jours, quoi : c'est aussi pour cela qu'on a des mômes, non ? Pas pour les toiser toute votre vie qui vous lavent les pieds avec une éternelle révérence d'esclaves, mais qu'ils croissent et vous dépassent, de la plus impétueuse des façons dont on les espère capables. Qu'ils accomplissent ce qu'on avait de meilleur, sans en avoir eu la grandeur.

La grosse différence, entre Totengott et Celtic Frostriptykon, c'est que Fischer est à la longue devenu le Depardieu du dark metal : qu'on le voit davantage lui que le film, si vous voulez ; avec Doppelgänger, pas d'inquiétude : la musique - comme chez Goli Deca avec le minerai de Swans pur - n'y est au service que du pouvoir d'évocation brut, hautement concentré, et tout n'est que grandiose poésie des cavernes mythologiques immenses, et des cris gutturaux qui les défient, les apostrophent, les peuplent, les célèbrent avec leur cavalière rudesse d'hommes des temps d'avant les hommes, en insultent l'oppressante obscurité, qui partout insinue ses fumigations...

Enfin, bref, vous avez plus ou moins saisi l'ambiance générale et les orientations dominantes, je ne vous fais pas tout visiter, vous pourrez constater par vous-mêmes : y a de beaux volumes, et de quoi y faire son nid.

Doppelgänger en trois mots : mythologique, oléagineux, halluciné




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