Slow End
Special Low Frequency Version
Bien au delà du temps prévu
 Llenandose de Gusanos

Avis des chroniqueurs

Krokodil
Note

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
1999 (2 x Cd)
Label
HG Fact
Avec
Chew : batterie
Talbot : guitare
Jose : basse
Hevi : chant
+
Bravo Yoshida : piano, synthétiseur
Takehito Miyagi : sons additionnels
Tracklist
CD1. Sangre / Humanos
CD2. El Mundo
 

CORRUPTED (Japon)

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Funeral doom Drone doom Ambient

Chronique par Krokodil, le 26 mai 2017
(275 lectures)

Rétrospective Corrupted, épisode 1. 

En musique, comme en architecture, comme en anatomie, les erreurs de proportions - tant subjectives qu'objectives - ça ne pardonne pas. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, même les disproportions se proportionnent. En l'occurrence, cet album de Corrupted, c'est environ 75 % d'ambient et 25 % de funeral. Pas la peine de vérifier, j'ai déja sorti la calculatrice. Non pas qu'il eut été plus judicieux de faire les choses inverses, même si slowendement parlant c'est toujours plus confortable (le doom, number one dans nos coeurs)... Disons qu'il eut été plus judicieux de distiller davantage ces 25% dans l'ensemble, et d'en diluer encore l'amertume. Mais les choix sont ce qu'ils sont, et Corrupted a choisi la narration en forme de triptyque : deux "morceaux", trois "ambiances". D'abord : 17 minutes d'une introduction au piano un peu sinistre, un peu film de vampire désargenté, un peu Shape Of Despair ; je ne vais pas faire comme si je l'avais décortiqué en profondeur pour en saisir l'essence, je la skip systématiquement. Ensuite : la charnière centrale (qui n'est donc pas au centre, si vous avez bien suivi) aka "le moment doom". Le même riff joué à une déclinaison près pendant une bonne trentaine de minutes. Du pur funeral à la Corrupted. Beau comme une terre désolée et inhabitable. Désespéré et figé de douleur comme un corps en début de rigidité cadavérique. Avec un presqu'air de Neurosis (là tout de suite, ça me fait penser à Bridges sur The Eye of Every Storm, mais je me demande si ce ne serait pas plutôt du plus-vieux Neurosis, plutôt que du pluvieux...). Enfin : l'outro, qui représente donc 58% du disque (là aussi j'ai vérifié)... Voyez, quand je parlais de proportions... Interminable plage minimal ambient, voire relecture suprématistico-minimaliste de minimal ambient, pas loin de rappeler un certain Thomas Köner, si ce n'est en fait son spectre fraîchement castré. En soi, ça reste un beau moment de solitude, de dérive, de stase, de cryogénie, et l'on s'y laisse volontiers mordre par le baiser mortifère des courants polaires... Mais on cherchera - en vain, bien évidemment - le moindre soupçon de relief ou de vie à ce paysage aussi cruellement horizontal que l'électrocardiogramme d'un macchabée... Et si la robuste constitution de l'homme slowendien est telle qu'il puisse (à priori) assez facilement encaisser le même riff de deux notes des heures durant, ici on se fait chier comme dans le cercueil d'une nonne, au point que l'on en viendrait à se dire qu'à un tel stade d'austérité, de sobriété, d'incapacité (allez savoir), même Inade c'est de la pop... N'allez surtout pas croire que c'est la faute de l'ambient. L'ambient, quand c'est bien fait, c'est fabuleux. L'ambient, question texture, diversité harmonique et émotion provoquée, c'est autrement plus riche qu'un Trump. Nan, nan, les proportions. Juste les proportions. 

Llenandose de Gusanos en trois mots : soporifique, informe, (beaucoup trop)long




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