Slow End
Special Low Frequency Version
Tu comprendras un jour
Inside the Skull

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Rise Above
Avec
John Michael Tucker : basse
Andy "Juan Bonham" Saldate : batterie
Trevor Church : guitare, voix
Tracklist
1. Evil One
2. Heaven To Hell
3. Now Howls The Beast (feat. Johanna Appatow)
4. Of God's Creation
5. Give Me A Sign
6. Nature Of The Damned
7. Psychic Visions (feat. Johanna Appatow)
8. Inside The Skull
9. Night Bird
10. Sick Sick Demon (feat. Nate Bahn)
 

BEASTMAKER (États-Unis)

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Traditional doom Gothique

Chronique par gulo gulo, le 21 mai 2017
(327 lectures)

Pas grand-chose de changé chez Beastmaker, ce qui n'étonnera personne s'agissant de doom, de ce type de doom en particulier, et de ce type de groupe par surcroît. Certains riffs d'ici ressemblent furieusement à certains de là-bas sur Lusus Naturae - et "certains", autant que le pluriel à riffs, est un pur effet de ma mansuétude.

Pas grand-chose… voire. Certes Beastmaker est toujours cet auteur d'albums sans tubes, sans démonstration de force, sans démonstration tout court… d’albums. Qui prennent tout le temps à leur disposition pour vous saper, et vous soumettre, mais seulement si... vous vous y soumettez, comme les vampires : écouté d'une oreille, tel un passant, le second Beastmaker comme le premier vous laisse... passer, indemne, ignorant de ce que vous avez manqué connaître. Certes. Mais Inside the Skull est tout de même foutument plus beau gosse que Lusus Naturae, qui était juste un putain de creep, flippant et contagieux de mollusquerie. Inside the Skull est moins violemment vomitif, et dans une certaine mesure est un genre de Visions in Bone pour le coup vraiment racaillou, petite frappe et non dandy qui s’encanaille pour aller tabasser les clochards que nous sommes. Mais, ces ourlés de choristes soul, ces solos pyromanes, cette pêche inédite dans certains riffs, cette scintillance occasionnelle, pardon ! La manière cette fois est indéniablement catchy ; vous avez l'autorisation de traduire cela par pop (on songe fugacement au premier Demon Head, à la toile d'araignée qui pend entre les Beatles et Bauhaus, aux génériques de Tarantino) vénéneuse (la voix est toujours aussi prodigieusement malfaisante) - mais pas si vous entendez par là une quelconque communauté de qualité avec Uncle Acid : contrairement à une idée répandue, "pop" n'est pas un synonyme de "bubblegum". En ce qui me concerne, là-dessus je professe le ni-ni : ni malabar ni hollywood.

Mais surtout, on entend enfin ce qui en premier lieu m'avait fait écouter l'album précédent : la déclaration en interview - ou plutôt dans une chronique  de la canaille Zoltar ? - que le groupe en était un qui nimbait son doom d'une aura de menace label Kill'em All ; et c'est vrai, dieu bénisse : on trouve même quelques rappels patents - "Inside the Skull", bon sang ! - dudit incisif album, ainsi que de son côté raw ; et pourtant on fait difficilement plus doom jusqu'à la moëlle des os, que cette musique heurtée, comme jouée les membres gourds, les doigts raides (ah, ça ! Church of Misery peuvent bien crâner autant qu'ils veulent, ils ont encore trop de souplesse groovy dans leurs riffs, quand ceux de Beastmaker tiennent avant tout du symptôme clinique) en proie au venin de quelque araignée bouffie, ou des démons qui piaillent à vous rendre fou sous votre crâne : bref toutes cette bande-son des terreurs d'adolescents défoncés, qui est le bel héritage de Black Sabbath. Où partout sourd la violence, larvée, comme dans la confusion des pensées du plus petit neveu de la Manson Family.

Forcément, le minimum de logique devine que cela fait un mélange étrange, avec tout ce qu'on a pu dire plus haut de flamboyances ; il en résulte un album aux allures vaguement boiteuses, gibbeuses, qui vont très bien, ma foi, à la nature de monstruosité - rappelez moi comment on traduit Lusus Naturae, déjà ? - qui est celle de Beastmaker, encore plus aiguë cette fois après tout, dans cette façon qu'a Inside the Skull de paraître bégayer, empilant hagard des morceaux qui n'emmènent aucune histoire nulle part, avec pour seule unité la puissance narcotique sournoise mais implacable de leur flegme et leur débilité. Un album qui vous suit comme une tique, une punaise d'oreiller, avec des morceaux de tubes, mais pas de vrais tubes, autres que tronçonnés... Mais aussi, qui trouverait à redire lorsque les tronçons ont pareille tronche ; les balafres de la créature de Frankenstein vous ont ici de ces airs de zébrures de nuit violette, de brusques bouffées d'air pur qui font un peu un poinçon au poumon, d'absurdes éclairs de beauté caressée par les ailes des chauves-souris - celle qu'on devinait dans "Find a Stranger", sur l'album précédent... On n'est pas déçu d'avoir placé ces tarés-là sous surveillance, comme les dangers qu'ils étaient.

Quant à la pénible question de trancher et marquer une prédilection, entre Inside the Skull et Lusus Naturae, le premier cité a l'extrême politesse de nous épargner d'épineuses confessions quant à notre pratique de l'étouffement, en s'achevant sur le seul morceau plat de l'album.

Inside the Skull en trois mots : accrocheur, toxique, vampire




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