Slow End
Special Low Frequency Version
Bien au delà du temps prévu
Lime

Avis des chroniqueurs

EyeLovya
Note

Informations

Première édition
1996 (1 x Cd)
Label
Epic records
Avec
Jason Blackmore : chant, guitare, piano (un peu)
Toby Lawrence : guitare, voix
Ray Jankowski : basse, piano
Jason Gerken : batterie
Tracklist
1. Coin toss
2. Love two by four
3. Plastic pirates
4. American urine
5. Humansville
6. Mission
7. Stand by
8. Wish number one
9. Royal pine box
10. Catfish
 

MOLLY MCGUIRE (États-Unis)

Voir tous les articles pour MOLLY MCGUIRE


Post hardcore Grunge

Chronique par EyeLovya, le 09 mai 2017
(198 lectures)

Pour peu que vous ayez été jeter une oreille judicieuse à Failure et que vous connaissiez vos bases dans la musique du début des années 90, il est très probable que vous puissiez deviner à quoi peut bien ressembler un album de rock alternatif sorti en 1996 et produit par Ken Andrews (patron de Failure, donc). Vous vous figurez déjà une production bien dense, un melting pot d'influences fondamentales musclées aux hormones et déviées vers des harmonies inhabituelles, quasi prog ces vicieuses, une ambiance de labo de chimie clandestin, vue sur fosse septique, avec une ombre qui assombrit et pèse en permanence sur le tableau, et vous avez raison. Molly McGuire révèle le pot-aux-roses dès le premier morceau qui allie la puissance gracieuse de Failure, les riffs de couplet crénelés du Tool d'Undertow, la teinte rebelle post-core de Quicksand et les mélodies limbiques d'Alcohol Funnycar. Le mélange est parfaitement équilibré et se poursuit tout au long du disque, qui, malgré son statut on ne peut plus idéal d'album fait pour passer la fin de ses jours dans les bacs à soldes affublé d'une étiquette 5€ bien repoussante, reste suffisament pop pour éviter l'hermétisme et se révèle être beaucoup moins lambda que prévu.

Impossible aussi de ne pas y entendre les prémices grunge-metal de l'unique album de Choke, mais n'étions nous pas alors en plein dans l'époque bénie du néo ? Les intonations de casquette rock qui serre les dents de Blackmore, dès lors qu'il lâche le chant presque murmuré à la Ken Andrews (tiens donc), sont les mêmes que Tracy McGinnis ; et les riffs fuselés près à s'embraser comme la basse prépondérante et trop épaisse qui siéraient, et siéront, complètement au baggy-sludge des louisianais, encore 3 ans plus tard.

Les éloges au jeu de batterie de Jason Gerken sont légions sur internet, aussi je noterai simplement que les structures hyper vivantes des morceaux et leurs rythmiques captivantes sont effectivement l'un des éléments qui rappellent que le grunge a été savamment digéré, nerdisé, et que si on l'entend toujours, tout le temps, il a muté, a grossi et s'est développé comme une tumeur, veineux et plein de circonvolutions, comme une version Cronenberg des instants les plus claustrophobes d'Alice in Chains enveloppés de l'émo-philie prégnante de Sprinkler, et c'est une très bonne chose pour nous.  

Lime en trois mots : anabolisant, malin, dense




Facebook 

Commentaires des lecteurs pour ce disque

Il y a 2 commentaires pour ce disque