Slow End
Special Low Frequency Version
Riffe-moi ça ça salement
Dark Metal

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
1994 (1 x Cd)
Label
Adipocere Records
Avec
Andreas Classen: chant, claviers
Klaus Matton: guitares
Jürgen Bartsch: basse, claviers
Chris Steinhoff: batterie
Tracklist
1 - The Eleventh Commandment
2 - Apocalyptic Dance
3 - Second Coming
4 - Vargtimmen
5 - 3rd Nocturnal Prayer
6 - Funereal Owlblood
7 - Veiled Irreligion
8 - Gepriesen sei der Untergang
9 - Supplementary Exegesis
10 - Wintermute
Remarque
Les titres Supplementary Exegesis et Wintermute sont des bonus provenant du premier EP Thy Pale Dominion.
Plusieurs rééditions existent de cet album chez différents labels dont Red Stream et Prophecy Productions.
 

BETHLEHEM (Allemagne)

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Doom death Freak doom Black metal

Chronique par Derelictus, le 07 mai 2017
(254 lectures)

Explorer les tréfonds de l’âme, descendre encore plus profondément dans l’insondable et dans la douleur, le tout nappé d’une certaine âpreté, ce n’est pas forcément donné à tout le monde. Ce, d’autant plus, de le faire avec honnêteté, et de ne pas sombrer dans les plus absurdes clichés, même si l’on est à l’origine de bon nombre d’entre eux, sans pour autant se départir d’une certaine malveillance, car, après tout, ce n’est pas innocemment que l’on préfère patauger dans la bourbe. Cela ne s’improvise pas non plus et cela demande d’accepter, parfois, de se mettre à nu. Il est évident que tout ceci peut prêter à sourire désormais, tant tout aura été fait et refait, et surtout amplifié pour certains pourtours, mais il y a bien eu un commencement de toutes ces horreurs que l’on aime tant s’infliger, soit par pur masochisme, soit parce que rien d’autre ne laissera exploser cette tenace boule au ventre. Et cette matrice de toutes ces choses, c’est sans doute dans cet album qu’on la retrouve. C’est quasiment la douleur faite musique, mais une douleur contenue, qui vous bouffe de l’intérieur et qui n’explose que par intermittence dans ces instants épars de colère que l’on rencontre ici.

Dès son premier album, Bethlehem n’était déjà pas comme tous les autres, et ces quelques soixante dix minutes ont de quoi attester des principes qui vont être mis en exergue par Jürgen Bartsch depuis plus de deux décennies. Ce n’est pas si anodin que cela que cet album porte le nom de Dark Metal, car, ici, tout n’est qu’obscurité et désenchantement. Surtout, l’on est bel et bien à la croisée des genres, entre la rugosité du doom death metal émergeant alors, allié à la froideur du black metal, qu’il soit norvégien ou helvète, avec quelques touches de ce death metal poisseux qui était à la marge. Sans atteindre la folie des enregistrements suivants, il y a déjà ces va et vient entre les passages lents, les plus nombreux ici, et les soubresauts véloces, qui sont souvent aussi soudains qu’éphémères et ne permettent pas de s’installer dans une quelconque zone de confort, ou bien de demeurer sereinement dans une position latérale de sécurité. Et dans ces deux registres, l’on ne peut qu’admettre que Klaus Matton excellait déjà, et était tout autant inspiré que complémentaire de son acolyte bassiste. L’exécution est pourtant simple, elle n’en demeure pas moins efficace, avec ce grain aisément reconnaissable, suffisamment clair et reverbé, pour donner une coloration très froide et glauque à l’ensemble. L’on commence déjà à voir apparaître quelques passages clairs qui vont renforcer ce sentiment de malaise.

Parce que derrière tout cela, et aussi derrière ce côté pataud et ce chant de goule mal dégrossi mais tellement humain d’Andreas Classen, il y a, avant toute chose, une ambiance unique. Ce côté insidieux et pas franchement direct et franc du collier, s’immisce peu à peu et frappe sans relâche là où cela fait mal. L’on aura beau dire que les années passées auraient pu jeter un voile sur ces estafilades, il n’en est rien finalement, tant ces riffs et cette atmosphère sont toujours aussi touchants et efficients dans leur travail d’atterrement. Rien que pour cela, cet album mérite amplement ce statut culte qui lui est apposé, car il n’a rien perdu de son aura et reste un épitomé d’un genre, dont ses enfants sont toujours actifs de nos jours. Alors que certains prétendaient être les plus vilains de la planète, d’autres les plus misérables, et d’autres encore les plus blasphémateurs de l’occident, il y avait déjà une formation qui était allé plus loin que ça dans le mauvais goût, dans l’horreur et dans les recoins les plus sombres de la musique. Avant le déferlement pur de sadisme et de folie, avant les expérimentations, et bien avant de devenir plus rocambolesque que jamais, Bethlehem était déjà quelque chose à part, dès cette première réalisation.

Dark Metal en trois mots : casser, les, bras




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