Slow End
Special Low Frequency Version
Fais ce que tu veux (lentement) sera le tout de la Loi
Black Death

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2013 (1 x Cd)
Label
Apocalyptic Empire
Avec
Jonas Bye : basse, voix
Magnus Garathun : batterie
Christoffer Bråthen : guitares
Tracklist
1. Gates of Horror
2. Plague Doctor
3. Witches Vomit
4. Black Death
5. Evocation/Pestilent Sabbat
6. Necrotizing Fasciitis
7. Periorbital Mould
8. Black Pit
 

MION'S HILL (Norvège)

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Traditional doom Black metal Thrash metal

Chronique par gulo gulo, le 05 mai 2017
(189 lectures)

Un groupe étiqueté doom-something et quasi-affilié à la Kolbotn Thrashers Union (Obliteration, Condor, Darkthrone, Infernö... d'un coup le something devient tout naturellement, non seulement black/thrash, mais aussi et surtout qualité camisole-et-hallucinations certifiée ; on parle de l'équivalent keep-it-true du Black Hole Crew, après tout) : vous comprendrez qu'on se précipite, pas vrai ? Moi, pour ma part, je ne comprendrai pas que vous ne vous précipitiez pas, vous enquérir de ce qu'il y a dedans leur disque. Soit en cessant sur le champ de lire pour vous forger votre propre avis, sur l'enclume chaude de leurs riffs, soit en tentant de démêler une information utile dans le pâté habituel de considérations impressionnistes mal charpentées.

Alors on peut déjà affirmer que l'attente qui se pouvait légitimement former, d'entendre d'une manière ou d'une autre un croisement de Darkthrone, Aura Noir et Obliteration, un doom metal qui eût mérité de sortir chez Tyrant Syndicate, et du reste l'eût sûrement fait, la maison n'eût-elle connu l'avanie de fermer boutique - est satisfaite ; techniquement. Est-ce que pour autant elle fonctionne, ou plutôt boîte et louche d'assez affriolante façon ? La question est-elle bien celle-ci, ou de savoir si la mixture en soi est aussi judicieuse qu'escompté ? Ou encore si elle pouvait prétendre, par nature, être aussi débraillée et chrisreifertesque que du Obliteration ?

Ça en fait, des questions inutiles, eh ? Bien sûr que ça passe ; les riffs aigres à la Darkthrone ça passe en toute circonstance, c'est même bon pour l'hygiène, et les voix de fou du village comme celle dont il est présentement question, on ne s'en lasse pas - si c'est votre cas, il n'y a pas de quoi se vanter, mettez vous dans un coin, y a des puzzles, et attendez que les grands aient fini de parler. Or donc, chaque strophe éructée par Jonas Bye  a l'air de l'être en se débattant entre les deux sinistres infirmiers qui l'emmènent à la douche froide - où aux électrochocs - d'ailleurs, tenez, l'on imaginerait bien le jeune Jack Nicholson derrière ces hululements écorchés de jeune homme prématurément blanchi par de terribles prémonitions

Mais au-delà de cette simple imparable réalité, que Black Death n'est composé, à l'instar de la musique d'Unsane, que d'ingrédients appartenant au même ordre que le vin et l'oxygène, on en vient à se demander si ce ne serait pas un peu là ce qu'a essayé - et échoué - un groupe comme Morbus Chron ; ou si l'on est pas simplement dans la grande tradition des Cadaver et autres insanités typiquement norvégiennes (Carl-Michael Eide est bien chanteur d'Infernö, et Condor le nom d'un morceau d'Aura Noir)... ou pas, cette sorte particulière de démence pouvant aussi bien se retrouver chez Necrovation, que chez Villains, dans les groupes de noise rock les plus ravagés par l'alcoolisme, et partout ailleurs où il n'y a finalement pas de différence entre black, death, thrash et punk, entre les poux sur la tête et ceux dedans, qui cavalent dans la blancheur crue de la schizophrénie.

Alors voilà : bien vite on cesse d'essayer de comprendre où se rangent et où nous mènent ces morceaux, s'ils racontent quelque chose ou bien se contentent d'élucubrer et battre la campagne, on se laisse tanguer avec eux, se sachant en de bonnes mains, en lieu sûr dans ces venteuses terres d'archaïsme, de terreur et de folie où Nick Blinko lui aussi se sentirait compris et bienvenu, et pour lesquelles on aurait d'ailleurs autant vu une illustration de lui que de Rok, comme pour les cousins de Condor, ou d'Away - mais celle dont il se pare lui va très bien comme ça, avec son ambiance de matinée au cimetière.

Black Death en trois mots : doom, aux, abois




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