Slow End
Special Low Frequency Version
Le vaisseau en sucre descendu de l'arc-en-ciel
Music for Megaliths

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Neurot
Avec
Steve Von Till
Tracklist
1. The Forest is Our Temple
2. Oak Drone
3. Ring of Sentinels
4. Cromlech
5. Levitation
6. Sundown
7. White Horse
 

HARVESTMAN (États-Unis)

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Drone doom Psyché Ambient

Chronique par gulo gulo, le 01 mai 2017
(336 lectures)

Aura-t-on le simplisme de voir, entre Harvestman et Mirrors for Psychic Warfare, reconduit un parallélisme déjà existant entre les disques solos des deux barbus chanteurs de Neurosis ? Il y a certes quelque chose, à creuser là-dessous ; mais quelque chose de bancal, puisqu'on aura peine à trouver un équivalent terme-à-terme à Corrections House dans l'activité de Steve Von Till - mais qu'en revanche, Harvestman lui sert d'autre moyen d'expression depuis bien plus longtemps que Mirrors au collègue ; et qu'il offre de répéter ce constat, que l'on peut faire sans vouloir manquer de respect à l'un ni à l'autre, à savoir que ceux-là sont tous sauf jumeaux, et que l'on observera dans la discographie de Harvestman la même chose qui se voit déjà en tentant des parallèles entre leurs disques de neurofolk blafarde : le langage et les aspirations de Crâne d'Oeuf sont bien plus versatiles, perplexes, aventureuses, méditatives, flâneuses... sans manquer de respect à Joufflu, on le répète ; c'est un fait, objectif, non affectif -encore moins un jugement.

Et donc ici, Harvestman vaque, vague, et divague ; on comprend presque comment les deux pépères se sont tout naturellement arrêtés peu à peu de faire du Tribes of Neurot, lorsqu'on admire comment chacun de son côté désormais maîtrise la musique électronique, l'ambient, et les plie à ses stricts besoins ; on pense à Der Blutharsch, à Mazzy Star, à Earth, à Neptune Towers, à Wardruna, à Sol Invictus, à Neurosis dans ses plus beaux moments ambient, à Steve en solo dans sa cabane au fond des bois et à son dernier album... On vole ; tout le long ; au fond Harvestman c'est du psyché comme on peut se régaler de le découvrir lorsqu'on fume adolescent ses premiers pétards : de la musique qui fait planer ; très littéralement, très physiquement ; très délicieusement. Tout le long de Music for Megaliths, on la la nette et propre sensation de voir du pays, de survoler - à la façon de quelque évidemment vieux, taciturne et majestueux rapace - différentes contrées sauvages, différentes époques - de la planète, il n'est pas question de styles, tellement Steve paraît aussi immuable et minéral qu'on peut l'attendre, qu'il donne dans le quasi-shoegaze neurasthénicold-wave ou dans le presque industriel grésillant ; les temps changent, oui, les marées passent, les arbres vieillissent, Harvestman perdure, s'adaptant insensiblement, épousant le contour du vent, fendant les nuées, infléchissant juste le rien qu'il faut son aile ample d'albatros ou de condor, on ne sait, traversant avec la même granitique impavidité les continents de contemplative paix, les archipels de lassitude et les chaînes montagneuses de peur, laissant tomber un regard sévère sur dolmens et crop-circles - ce qu'on sait pour sûr, c'est que si on est allergique du type sujet aux crises de fou rire devant ce type d'images grandiloquentes malgré leur ostensible affection pour toutes choses laconiques, à figure de six pieds de long et à nez d'Apache... eh bien on n'est pas en train de lire un article sur un disque ouvragé par Steve Von Till. Si en revanche on a le cœur facilement ému par toutes ces histoires à la Jack London, à la Ken Kesey et compagnie, si on n'est toujours pas vacciné contre des choses aussi immenses et infimes que l'angoisse du crépuscule, si en somme on se sent un peu un mégalithe soi-même à ses heures - les pensives - on trouvera ici une splendeur, une ouverture royale pour un périple dans l'hiver, une sorte d'équivalent celtique de la surette béatitude procurée par Bardo Pond ; et une chose d'une remarquable douceur poétique, de la part d'un homme qui parle aux pierres.

Music for Megaliths en trois mots : prendre, les, airs




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