Slow End
Special Low Frequency Version
Suis le cortège...
Broken Valley

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2005 (1 x Cd)
Label
Epic
Avec
Sal Abruscato : batterie
Keith Caputo : chant
Alan Robert : basse
Joey Z : guitare
Tracklist
1. Love To Let You Down
2. Last Cigarette
3. Wicked Ways
4. Don't Bother
5. Strung Out
6. Junk Sick
7. The Calm That Disturbs You
8. No One Survives
9. Justified
10. The Day He Died
11. Broken Valley
12. Room 244
 

LIFE OF AGONY (États-Unis)

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Grunge Neo metal

Chronique par gulo gulo, ce mois-ci
(163 lectures)

Chant du cygne avant que ce dernier ne mue en cygnesse, Broken Valley (si quelqu'un d'aventure connaît une façon d'envisager la discographie de Life of Agony hors l'angle de la traversée de Caputo, qu'il ne me fasse surtout pas signe, je me rirais de lui) ? Difficile de ne pas préférer solder l'affaire par un "il était temps", tellement par endroits (surtout de prime abord sur le premier tronçon d'un disque déjà articulé comme celui qui le suivra, avec un commencement particulièrement peu délicat, et même carrément le même schéma des deux premiers morceaux ahurissants de vulgarité)  peut s'avérer violente l'impression que Keith en vérité n'avait plus rien à dire vocalement, qu'il était déjà absent de sa propre prestation - et que du coup, un comble mais surtout une plaie à entendre, il sonne, ici bien plutôt que n'importe où ailleurs, comme l'illustration parfaite de son malaise revendiqué, celui de devoir jouer les durs en bermuda en gonflant beaucoup les bajoues à la Brando, les mollets, et les carreaux de la chemise ; oui, un peu tout à la fois : lost at 32 ?

Musicalement, on est déjà en plein dans ce qui donnera A Place Where There's No More Pain, avec un penchant peut-être propre à Broken Valley pour une étrange fusion, faisant penser par endroits à un RATM mâtiné de Stone Temple Pilots, à d'autres à un très bizarre Red Hot devenu adulte, sa tristesse intime dopée en nuances de grisaille par la collision avec Pearl Jam, à d'autres encore à Down, voire un brin de Tool comme il arrivait sur Ugly... Tout comme pour le nouvel album, on sera libre de trouver cela odieux, d'une laideur aberrante, ou dans un délai indéterminé de s'y rendre... Il reste que le plus compliqué à gérer ici sera la voix de Caputo, davantage que la mufflerie de la musique. Et, comme d'habitude, ce sera tout aussi indubitablement ce qui finira par décider l'issue, et emporter le verdict émotionnel qu'on attachera à l'album ; une décision qui, bien entendu, sera à rendre avant "No One Survives", parce que d'une c'est trop facile, de deux elle dure bien peu au regard de tout le reste.

En ce qui nous concerne du moins, il sera clair, net, impitoyable : même en cake, Caputo règne, au-dessus de la mêlée, angélique ou pas : toujours passionnant. Même sur cet album qui, sous un certain regard, est une manière de brouillon du suivant, où musicalement on est déjà à peu près mi-chemin entre Ugly et le neo-FM-beaufcore débridé à venir mais où Caputo, encore une fois, paraît avoir encore de son côté des décisions en souffrance, et des incertitudes à débrouiller - album où on finira par mettre parmi ses moments préférés des aberrations comme "Don't Bother", qui assurément ne sont pas faites pour plaire au nostalgique de la période gothxc et suicidaire, de Keith et du groupe, ou à un moindre degré "Junk Sick", qui ne ressemble pas à un sommet de personnalité... à moins qu'elle ne réside justement là, à la fin, l'identité Life of Agony, dans ce funambulisme un peu grossier mais souple comme un gros matou borgne ? Et si au bout du compte ce que l'album avait de mieux à offrir se nichait là, dans ces moments entre metalternatif à la Tool featuring Rollins, Soundgarden de la meilleure époque - le coup droit-revers Badmotorfinger/Superunknown - et gros camionnage à la P.O.D - bien plutôt que dans les franches bordées de confessions emo caputesques, pour le coup maquillées pire que glamouze, sous les poses plus indie et queer - le voilà-t-il pas justement pour de bon, cette fois, le cabotinage de chant du cygne irrépressible, dans cette aspiration Michael Stipe un peu triste, au moins autant que l'aspiration Layne Staley encore à venir ?

Bye bye, baby Keith ; le détail est à voir suivant votre degré d'alcoolémie, de perméabilité à la sensibilité de bord de mer, devant des choses telles que par exemple "Justified", et en général à la hard-émotivité.

Broken Valley en trois mots : bonhomme, troublé, métallisé




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