Slow End
Special Low Frequency Version
Thirsty and Miserable
The Worst of Times

Avis des chroniqueurs

Krokodil
Note

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x 12in)
Label
Fuck Yoga Records
Avec
Jonathan Hebert : guitare rythmique, chant lead
Terry Savastano : guitare lead, chant
Justin Christian : basse
Chuck Conlon : batterie
Tracklist
1. Killed By Life
2. No Savior
3. Futility of Humanity
4. JunkLove
 

COME TO GRIEF (États-Unis)

Voir tous les articles pour COME TO GRIEF


Sludgecore Death metal

Chronique par Krokodil, le 21 avril 2017
(467 lectures)

L'affaire sera aussi vite pliée que le disque en question. The Worst of Times ? Bah ça tombe bien, no time to lose. 

Si "No Savior" n'annonçait déjà rien de très rassurant, et/ou susceptible de faire oublier ne serait-ce qu'un dixième de seconde nos regrettés Grief 1er du nom, il n'empêche que rien n'annonçait pour autant pareille débandade. Et pourtant croyez-moi, moi aussi j'aime Autopsy et leurs guitares de viandards qui puent de la gueule, moi aussi j'aime les nineties du death metal, on n'a jamais fait plus purulent, plus putride, plus impudique. Mais putain de bordel, ce disque ? Y'avait de l'espoir pourtant. Et l'envie sincère de faire mentir la rubrique nécrologique quant au soi-disant trépas définitif de nos héros du sludge. Le nom pour commencer : Come To Grief. C'est pas Torso ou Miserably Ever After - que j'adore hein, là n'est pas le sujet - mais bien Come To Grief. L'un des albums, si ce n'est l'album de sludge le plus homogènement et miraculeusement cheum de l'histoire. Une abomination inégalée et une abomination inégalable. Avec Crippled Lucifer et Khanate, vous avez là la Sainte-Trinité du sludge dégueulasse. Le concentré ultime du vice, du vide et du vain. Bref. Dieu bénisse Come to Grief, sa laideur infinie, les nausées et les migraines qu'il causeNécessairement, avec ce nom, naïf que je suis, j'attendais du pur Come to Grief. Pas du Fistula, quoi. Mais vous connaissez l'histoire du serpent qui se mord la queue, non ? Grief qui influence Fistula qui devient le nouveau Grief qui influence Grief ressuscité ? Euh... Passons. La pochette, ensuite. Sublime. La seule et unique raison qui pourrait bien me faire basculer et acheter ce disque malgré ce qu'il contient, ne serait-ce au moins que pour le ranger aux côtés de Rise to Infamy sur mon étagère réservée au snuffcore et aux pochettes qui tuent. Le line-up, enfin. Terry Savastano quoi. Et Chuck Conlon. C'est pas rien, bon sang. Le guitariste emblématique de Grief, aux commandes depuis le tout début, une machine à dégueuler du riff immonde et sinistre au possible, une petite légende. Et le batteur du génial And Man Will Become the Hunted. Voilà. Tout était là pour que ça le fasse grave. Sauf Jeff Hayward et Randy Odierno me direz-vous, ce à quoi je répondrai humblement : oui, sauf eux... et l'inspiration. 

Ironie du sort, le retour de Grief, qui n'est donc pas Grief, mais bien un Grief amputé, un Grief partiel (ça va être dur de parler de Come To Grief comme d'une entité à part entière et réellement émancipée de Grief, je vous le concède), ressemble aujourd'hui à ses nombreux clones. Et en particuliers aux plus défaillants. La Fistule d'après Northern Aggression, disais-je, Grime, et quelques autres qui ne me reviennent pas dans l'immédiat, mais qu'importe. Quand bien même Savastano reste un fabuleux guitariste, récitant ici son Autopsy comme un champion, et quand bien même l'essence du doom coule dans ses putains de veines et irriguent ses putains de doigts, pas un riff - je dis bien pas un riff - ne crée la sensation 100% grieffienne de se voir sombrer dans une fosse septique et de sentir la mort pénétrer par les narines, la bouche, les paupières et chaque pore de la peau. Pas un riff ne donne ne serait-ce même que la vague impression de souffrir, ou d'avoir souffert, ou d'avoir envie de souffrir. Pas un, je vous dis. Le pire ? En fait, j'arrive même pas à voir la différence réelle, et supposée qualitative, entre The Worst of Times et The Shape of Doom to Cumm))). À quoi ça se joue ? Un solo de plus ? De moins ? Un blast ? Un sample ? L'absence de sample ? J'en sais rien. Ils se ressemblent tous. J'ai même hésité à coller cette chronique à la discographie de la Fistule, pour tout vous dire. Comble de l'ironie, Fistula et Come To Grief vont bientôt sortir un split ensemble. Comment dire... Entre le clone scatomongoloïde de Grief et l'ombre estropiée d'un vague fantôme de Grief, j'ose à peine imaginer le festival merdologique que ça va donner. 

... Quoique non, vous savez quoi, en fait, je m'en fous. 

The Worst of Times en trois mots : fallait, pas, revenir




Sludgecore

Chronique par gulo gulo, ce mois-ci
(283 lectures)

Tiens, un nouveau petit groupe de sludge, qui sort un petit disque, kiltran. Voyons voir. Il a le groove d'une brique, les guitares ont le goût d'une merguez sur-cuite dans le réservoir d'huile de ma bagnole dont je suis en retard sur quelques vidanges, et les morceaux ressemblent à l'idée de Black Sabbath que se font trois misérables punks américains dont le cerveau fait floc-floc dans un bain de mazout. A première vue je dirais que c'est pas mal, pour un petit disque de sludge, voire limite une assez parfaite mise en pratique d'un style par définition médiocre et sans prétention - mais n'allons pas retomber une n-ième fois dans les pièges critiques s'attachant à un style, étonnamment ou pas (les traditions...), propice aux grandes pétitions de dogme : afin que la chose ait un minimum de valeur autre que théorique, encore faut-il qu'elle comporte ne fût-ce qu'un morceau authentiquement bon, au premier degré, le physique. C'est le cas, puisque "Killed by Life" pose déjà, outre une référence de bon aloi, la personnalité d'un petit groupe aussi buté que fort en odeur de rance. Puis la voix déchire les oreilles du début à la fin avec toute la nuisible connerie qu'elle peut réunir ; et plus je la regarde, plus la fin livide de "No Savior" me fait penser à du Neurosis récent, dans le genre hardcore prémortuaire ; tout mis bout à bout, le disque me donne envie de réécouter Dystopia - mais pas de le couper pour ce faire ; de faire tomber les murs, autant que de me laisser manger par la cartilaginisation totale.

Vous dites ? Grief ? Je ne vois pas le rapport : vous savez lire ? C'est écrit : Come to Grief. Alors à moins de croire ces gens-là travaillés par les mêmes problématiques que Gorgoroth ou Entombed, ce qui serait embarrassant pour vous, je pense que l'idée est claire : ici, c'est Come to Grief. Pas Grief, qui du reste est un groupe appartenant à l'histoire.

Come to Grief, donc ; un nouveau petit groupe de sludge joué par des vieux qui ont envie de jouer ; du Black Sabbath de punks tout pourris-misérables dont le cerveau fait floc dans le mazout ; et qui le font sacrément bien, c'est à dire pour un résultat complètement sinistre.

The Worst of Times en trois mots : acrimonieux, arthritique, nu




Facebook 

Commentaires des lecteurs pour ce disque

Il y a 5 commentaires pour ce disque