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Orient and Occident

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2016 (1 x Cd)
Label
Hau Ruck!
Avec
Blake Flemming : batterie
Gordan Tomić : basse
Albin Julius : claviers
Niko Potočnjak : guitare, arrangements
Adam Cadell : violon
Lina Baby Doll : voix
Tracklist
1. The Island
2. Amanda Lear
3. Pasolini Nightmare
4. Let Go
 

JASTREB (Croatie)

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Psyché

Chronique par gulo gulo, le 19 avril 2017
(245 lectures)

Faire confiance aux gens et les mettre en responsabilité donnera toujours de bien meilleurs résultats que de les enfermer, dans un flicage ou une case pré-définie qui (dé)limite a priori leur compétence : une règle de management qui vaut autant dans l'entreprise que dans la création, dirait-on. Alors, certes il y a d'autres ficelles à l’œuvre dans Orient and Occident, à commencer par ce fait que Jastreb y a certes été colonisé par Albin et Peter, mais n'est le projet initialement ni du dernier ni surtout du premier cité, mais... justement. Par le fait, le gourou Julius n'a pas été en position, hors sa secte de groupe, de dicter au General Lina Baby Doll de faire du chant à la Lina Baby Doll, auto-parodique comme si c'était la seule chose qu'il sache faire, au lieu que d'être surtout la chose qu'il demande par-dessus tout depuis Amygdala - chanter, et non s'auto-parodier.

Et donc, au lieu de donner dans le sous-Amygdala comme sur le navrant Cosmic Trigger, Peter Andersson se révèle ici... un chanteur, tel qu'on le pressentait - et l'espérait - plus que fortement, depuis quelques disques remarquablement peuplés, vocalement parlant ; et donc doué d'autres registres que celui qu'il utilise pour son Deutsch Nepal dernièrement ; à soi seul c'est ébouriffant, galvanisant, mais ça ne s'arrête pas là puisque, appuyé qu'il est sur une musique rêveuse en soi, rendue plus torpide encore par le savoir-faire narcophone de Monsieur Albin (il faut savoir rendre à chaque Jules son dû), révèle une étonnante parenté avec le timbre de Bruce Lamont, si ce dernier guérissait enfin de sa sinusite, dans tel contexte d'un début de disque évoquant les penchants contemplatifs de Yakuza et Bloodiest... entre autres ; puisqu'on trouve ici d'ensorcelantes volutes orientales dans le plus pur goût pysché, certes, mais aussi le meilleur, et les meilleurs soies pour s'y envoler en voyages fabuleux, apaisés par le zen surnaturel du commandant de bord Baby Doll, dont les seuls équivalents qu'on connaisse sont le Lee Dorrian d'Alkahest et Jim Thirlwell... Oui, il n'y a guère que cette caste d'escogriffes, dont le Général se révèle donc faire partie, pour vous psalmodier des odes à Amanda Lear comme si elle était quelque divinité des forêts indiennes, et les faire irradier du plus envoûtant respect, vous emportant sous l'aile de sa douce et brûlante ferveur.

Le bon Général n'y est pas peu aidé non plus - pour sortir à la fin de considérations sur les invités au lieu de congratuler les hôtes - par les caresses multiples que prodigue la musique de Jastreb : celles d'un batteur rien moins que félin et aérien à la fois (bon, il a juste un peu joué dans Dazzling Killmen) ; celles d'une guitare capable de ce que Led Zeppelin peut avoir de plus solaire et bucolique, mais en le prodiguant avec la clémence et la délicatesse d'en faire une lumière tamisée comme un souvenir de jours heureux ; celles d'un violon plus fin que l'encens le plus mystérieux et épicé, de l'espèce de ceux qui vous scient le cœur d'une plainte pareille à une écharpe de soie (parfait, donc, si je puis me permettre à nouveau, pour jouer au plus poignant avec la voix de...) ; celle d'un ensemble pour tout dire où la conjonction du titre, on le découvre peu à peu en se retournant sur le chemin parcouru sans même s'en rendre compte, ne vise pas une confrontation, même douce, mais une symbiose totale, paisible, étale, dans l'élévation enivrante et frissonnante que seul permet un lâcher-prise complet.

Dit avec moins de prosélytisme (c'est que bientôt, si l'on ne se surveille, on va citer 108...), Orient and Occident est de ces rares disques qui rendent heureux, sans autre forme de procès.

Orient and Occident en trois mots : toit, du, monde




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