Slow End
Special Low Frequency Version
Ralentir est la solution
The Obsessed

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

EyeLovya
Note

Informations

Première édition
1990 (1 x Cd)
Label
Hellhound Records
Avec
Scott Wino Weinrich: guitare, chant
Mark Laue: basse
Ed Gulli: batterie
Tracklist
1 - Tombstone Highway
2 - The Way She Fly
3 - Forever Midnight
4 - Ground Out
5 - Fear Child
6 - Freedom
7 - Red Disaster
8 - Inner Turmoil
9 - River of Soul
Remarque
Plusieurs rééditions ont été faites de cet album dont celle de Tolotta en 2000 avec dix titres bonus en live enregistrés en 1984.
 

THE OBSESSED (États-Unis)

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Traditional doom

Chronique par Derelictus, cette semaine
(181 lectures)

Le doom metal de The Obsessed, et par extension tout ce qu’a pu faire Wino depuis ses débuts et dans les différentes formations dans lesquelles il a joué depuis, a toujours eu cette touche intemporelle, ce feeling à la fois puissant mais qui laisse entrevoir une certaine facette de l’american way of life. Enfin, c’est comme cela que je me l’imagine. Mais, en tout cas, entre les pères fondateurs que sont Saint Vitus, Trouble et Pentagram, The Obsessed a lui aussi sa personnalité, tout comme les trois autres, et ce n’est pas ce premier album qui me fera mentir. Et si je parle de pères fondateurs, l’on pourra me rétorquer que l’année de parution de cet album n’est qu’en mille neuf cent quatre vingt dix, soit bien après la bataille, et à une époque où le groupe était techniquement séparé. Sauf que la première mouture de The Obsessed remonte à la fin des années soixante dix dans ce fameux Maryland où les groupes de doom metal bourgeonnent aussi facilement que les plans de tabac. Après le passage obligé des démos et d’un premier EP, le groupe s’était fait miroité un contrat avec Metal Blade qui devait sortir cet album, enregistré en mille neuf cent quatre vingt cinq. Las, le côté anachronique de cette musique en pleine période thrash metal fit que cet album ne vit jamais le jour, entraînant la séparation du groupe, et ce n’est seulement qu’en mille neuf cent quatre vingt dix que le label Hellhound Records le sortit, précipitant ainsi le départ de Wino de Saint Vitus.

Et si l’on devait parler d’une forte personnalité, c’est bien celle de Wino qui est mise en avant ici, de toute manière, The Obsessed comme la plupart des groupes dans lesquels il a joué, c’est son groupe. L’on connaissait jusqu’alors son chant nourri au bourbon et sa voix éraillée, l’on avait esquissé son touché à la guitare sur Mournful Cries, l’on constate ici que c’est un musicien complet. L’on sent déjà chez lui cette faculté à pondre des riffs et des compositions aussi simples que pugnaces, avec toujours ce feeling hérité du bon vieux hard rock des années soixante dix, voire parfois du punk rock quand l’envie d’en découdre lui en prend. Et évidemment, l’on ne peut éluder l’influence d’un Motörhead, voire même de The Dictators, chez Wino. L’un des meilleurs exemples de ce côté presque biker, les cheveux aux vents avec la veste à frange qui va avec, c’est l’excellent Freedom, où l’on ressent tout ce feeling. Ça sent réellement la poussière de ces routes sans fins, de ces espaces infinis, et une partie de ce qu’avait pu décrire un Neil Young une décennie auparavant, je pense surtout à tous ses travaux avec le Crazy Horse, on le retrouve un peu ici, mais le tout nourri bien évidemment par le goudron, la poisse qui colle à la peau et cette volonté d’une certaine indépendance. A tel point que si le style est assez reconnaissable, c’est sans doute parmi les groupes pionniers où l’on ressent un peu moins le côté adoration de Black Sabbath, même si l’influence y est prégnante. 

Moins ostensiblement orienté metal que ses contemporains, et par la même occasion moins rampant, The Obsessed possède une facette complètement rock, c’est même ce qui le distingue particulièrement des autres et qui lui donne un côté éternel à sa musique. Éternel dans le sens où il est mal aisé de se rendre compte quand ce disque a été enregistré, car ça aurait pu tout aussi bien être durant les années soixante dix, que durant les années quatre vingt dix, voire au-delà. Seul, le son de batterie assez sec trahit un peu tout ceci, car pour le reste, il y a un côté assez minéral et granitique dans cette musique, qui, finalement, se suffit à elle même pour imposer son souffle brûlant. C’est là aussi toute la force de ce groupe et de cet album, où l’on sent bien toute l’honnêteté des musiciens, qui ne se réfugient pas derrière certains artifices, derrière chaque plan et chaque titre. Alors, oui, le trio décline une recette immuable, qui ne varie pas trop, à part quelques accélérations de temps à autres, mais ça reste toujours aussi bon et ça dégage une certaine spiritualité. Il y a un supplément d’âme dans ces titres, avec parfois des riffs qui vous irradient par une certaine sagesse et une volonté de décliner un savoir faire avec toute l’exigence qu’implique l’authenticité. C’est en cela que cet album est un tour de force et qu’il a gagné au grès des années ses lettres de noblesse.

The Obsessed en trois mots : malandrin, enveloppant, intemporel




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