Slow End
Special Low Frequency Version
Vis ma vie sous acides
Joyride

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2015 (1 x Cd)
Label
WKN
Avec
Marthynna
Jörg B.
Albin Julius

avec également : Dennis Lamb, Matt Howden, Nikola Babić, Niko Potočnjak, Allan French, Marc De Backer, Dave W, Nicholas Tesluk
Tracklist
1. Drive Me Far
2. Sea Of Love
3. Falling Out Of Time
4. Cold Freedom
5. Mighty Might
6. Resume!
7. Innocent
8. Reach The Stars
9. Not Quite Evil
10. Immolate My Dreams
 

DER BLUTHARSCH (Autriche)

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Gothique Krautrock

Chronique par gulo gulo, ce mois-ci
(160 lectures)

Jusqu'où s'arrêtera-tu d'aller trop loin, Albin Julius, ordure, crapule ?!

On était en vérité en titre de redouter le pire, en voyant la pochette de Joyride, certes fort accorte de ses couleurs, mais venant des zozos qui en sont les héros laissant volontiers à imaginer un album à faire passer le couillon Cosmic Trigger pour un pensum de Scott Walker. Scooby-doom en force, tous aux abris.

On était loin du compte. Joyride vit à la hauteur de son nom et des promesses de soufre qui y attendent. Joyride est le premier album de Der Blutharsch à l'effet aussi physiquement coercitif depuis... Wonderland. On ne parle, certes, pas du même exact monstre, du même pervers polymorphe ; mais assurément d'une chose dont le seul abord tourne les sens, transmute le sang en celui d'un reptile ; une sorte de Moon Lay réincarné en groupe de rock sixties, qui vous fait baigner par ses seules phéromones dans une mer noire comme une pupille dilatée. Le ton, certes, y est d'une nonchalance à situer quelque part entre Flying High et The Digging of the Hole - on frôle d'ailleurs la sortie de route avec le texte, douloureusement audible, de "Mighty Might", et l'electro couillonne, dans son rock primaire, qui rappelle horriblement le Cosmic Trigger honni ; mais le son, dude ! le son, qui compte presque plus que tout dès lors qu'il est question de voyage sensoriel (lequel est annoncé sans équivoque, on est ici entre adultes, dès une entrée de disque dont les sonorités pourraient être de Deutsch Nepal, et le titre tout aussi cru), le son ici intoxiqué, engourdi et matelassé d'alcaloïdes à un degré invraisemblable, est à lui seul un puissant véhicule qui emporte sur ses ailes lourdes comme des paupières frappée par la torpeur opioïde, dans le langoureux et dodelinant western toxique subodoré. Sous l'inquiétante houlette d'une Marthynna omniprésente, qui n'est pas pour rien dans la réussite oppressante de l'entreprise.

Et c'est à peu près tout ce qu'on demande, pour notre part, à un album de Der Blutharsch, puisque pour l'authentique cauchemar-monstre en titre et sa redescente, l'holocauste nucléaire et l'acouphène existentiel qui le suit, le compte y est déjà, largement même, avec, donc, Wonderland et Flying High ; d'ailleurs c'est justement après ce dernier que le groupe a changé de nom, que de temps nous aura-t-il fallu pour faire ce simple constat. L'eût-il fait de manière plus franche, aurions-nous été plus disposé à faire abstraction de toute notion comparative, et le projet aurait-il sa chance, ainsi émancipé, de dépasser le plafond de verre qui semble le surplomber ? Vous en avez d'autres, des questions oiseuses ? Et puis, rien que pour le terrifiant finale, on peut continuer à placer des espoirs dans le groupe, et continuer à dire chaque fois le nom de Wonderland.

Joyride en trois mots : narcotique, nocturne, liquide




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