Slow End
Special Low Frequency Version
Pas le temps pour la vitesse
Boldly Stride the Doomed

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
2011 (1 x Cd)
Label
Cruz del Sur Music
Avec
Andy Ramage: basse
Kevin Latchaw: batterie
Erik Johnson: guitares
Jason Mucio: guitares
Brian "Butch" Balich: chant
Tracklist
1 - Abandoning the Gates of Byzantium
2 - A Curse on the World
3 - Wolves of Dusk
4 - The Ladder
5 - Durendal
6 - 42-7-29
7 - Boldly Stride the Doomed
8 - Fading Silver Light
9 - Pieces of Your Smile
10 - The Ruins of Ouroboros
 

ARGUS (États-Unis)

Voir tous les articles pour ARGUS


Epic doom

Chronique par Derelictus, le 11 avril 2017
(230 lectures)

C’est sans doute quand il n’y a plus d’espoir, quand les valeurs sûres et les légendes se retrouvent quasiment oubliées, ou bien deviennent de pâles et mauvaises copies d’elles mêmes, que l’on se retrouve parfois avec quelques raisons de voir l’avenir sous des auspices plus radieux. Et c’est parfois du côté où l’on n’osait plus regarder que la lumière jaillit, même si cette prouesse n’est toutefois pas réalisée par des perdreaux de l’année. Il suffisait pourtant de voir le blason ornant fièrement cette livrée pour se dire qu’il existe encore en ces années troubles des forcenés qui ont tout autant la foi que l’abnégation pour demeurer fidèle aux sacro-saints dogmes de l’epic doom metal, mais l'on devrait même étendre cela à toute une forme de doom metal, voire même de metal. En même temps, c’est ça aussi le signe de la croix du sud.

Et tant pis si ces preux chevaliers n’ont pas encore été adoubés par tonton Gylve, ça n’en demeure pas moins inscrit dans une certaine éthique: celle qui connait non seulement le secret de l’acier, qui s’est forgé une vraie personnalité en ne voguant pas sur les tendances et qui choisit de toujours aller de l’avant et non point de battre en retraite. Ce n’est pas pour rien que l’on rend ici hommage au fidèle Roland, qui a préféré mourir en sonnant son cor pour éviter à son grand oncle de se faire massacrer par les Vascons. Il n’y a pas de hasard, et surtout il y a ici un savoir faire que l’on aurait presque eu peur de voir se perdre entre ces adorateurs des gros amplis qui préfèrent passer leur temps à dénicher le modèle le plus vintage possible plutôt que de répéter ses gammes à la guitare, ces gens qui préfèrent aller chez le barbier pour bien tailler sa moustache plutôt que de composer des vrais riffs de doom metal, et ces poseurs qui n’aiment finalement pas le metal et qui devraient quitter la place, comme il est écrit dans les saints commandements de padre Eric Adams. 

Argus, ça ne sera en aucun cas le renouveau du doom metal ou je ne sais quoi, mais tout bonnement un groupe de doom metal qui n’a pas oublié que ce style vient du metal, et qui le revendique clairement par le biais de compositions très bien ficelées et qui font la part belle à tout ce que l’on peut aimer dans ce style, pour peu que l’on ne soit pas effrayé par ces antiques duels de soli de guitares, ces passages instrumentaux qui mettent en avant une certaine dextérité, et ces moments complètement accrocheurs qui vous font à minima lever le point ou au mieux secouer votre tête. La veste à patches n’est pas obligatoire mais est tout de même une tenue correcte de rigueur. Et tant pis si parfois l’on fait référence à la Vierge de Fer par le biais de rythmiques galopantes, de twin leads, comme on savait le faire aussi chez Thin Lizzy, et avec une basse qui prend souvent les devants, comme ça fait bien trop longtemps que l’on avait pu entendre cela. 

C’est d’ailleurs ce qui fait aussi le charme de cette formation, c’est qu’outre ses influences notables, elle assume clairement cette héritage de la new wave of british heavy metal, ce qui lui donne un côté bien rafraîchissant, et à la limite quasiment avant gardiste au vu de ce qu’il se passe actuellement de l’autre côté de l’Atlantique avec cette nouvelle scène de heavy metal. Les américains passeront évidemment pour des has been complets, mais au moins c’est clairement assumé et, surtout, c’est ici très bien fait. Album sans d’autres prétentions que celle de rendre un bel hommage à un savoir faire que l’on pensait quasiment disparu, Boldly Stride the Doomed a de quoi ravir et même surprendre un peu, en dépit d’un cachet on ne peut plus vieillot et bien circonscrit. Comme quoi, la foi peut faire déplacer des montagnes.

Boldly Stride the Doomed en trois mots : imperturbable, immuable, courageux




Facebook 

Commentaires des lecteurs pour ce disque

Aucun commentaire actuellement pour ce disque