Slow End
Special Low Frequency Version
Borborygmes souterrains
King of the Road

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
2000 (1 x Cd)
Label
Mammoth Records
Avec
Scott Hill: chant, guitares
Brant Bjork: batterie
Bob Balch: guitares
Brad Davis: basse
Tracklist
1 - Hell on Wheels
2 - Over the Edge
3 - Boogie Van
4 - King of the Road
5 - No Dice
6 - Blue Tile Fever
7 - Grasschopper
8 - Weird Beard
9 - Drive
10 - Hotdoggin’
11 - Freedom of Choice
 

FU MANCHU (États-Unis)

Voir tous les articles pour FU MANCHU


Stoner

Chronique par Derelictus, ce mois-ci
(178 lectures)

Si un jour il m’était donné d’avoir une progéniture, il va sans dire que j’attacherais une grande importance à son éducation au goût, et notamment musicale. Et, après l’obtention, d’une part, du baccalauréat scientifique, avec mention - il va sans dire, histoire de bien rester dans la reproduction - et, d’autre part, du permis de conduire, ce ne serait pas sans une certaine fierté que je laisserais les clefs de mon vieux van à ma descendance pour qu’elle puisse partir en vacances avec ses amis. Mais attention, en bon père de famille attentionné, j’aurais préalablement préparé une trousse de survie et ainsi donner une dernière leçon de vie, avant une entière autonomisation, sinon, j’aurais tout de même bien raté les dix huit précédentes années. Et outre les conseils de prudence, histoire de rester éthique et responsable, je lui laisserais tout de même de quoi profiter de ses vacances: des préservatifs, de la bonne weed bio, et, surtout, l’album King of the Road de Fu Manchu. Soit le triptyque parfait pour passer des bonnes vacances. 

Bref, où comment passer pour le paternel cool qui a su rester jeune. Et au moins j’aurais transmis un certain savoir faire avec cette bande son parfaite pour les vacances estivales. Ce disque rayonne bien plus qu’un ciel bleu sans nuages et où le thermomètre dépasse les trente degrés celsius - oui, chez moi au-dessus de trente degrés, c’est la canicule -, et tout ce que cela implique derrière: les virées en voiture pour aller à la plage, - même si ce sont celles pleines de galets de Dieppe ou de Pourville -, les cheveux aux vents, les fenêtres grandes ouvertes de la caisse, les lunettes de soleil, la musique que crachent des pauvres enceintes prêtes à exploser à chaque coup de semonce de la basse et quelques sticks préparés préalablement histoire de bien profiter de la journée. Oui, c’est tous ces souvenirs qu’il me faudra transmettre. Toutes ces sensations de liberté sans entraves, de cette volonté d’avaler de l’asphalte pour fuir une réalité devenue bien trop envahissante et se laisser enfin aller, c’est un peu tout ceci que représente cet album.

Une énième fois, l’on va encore se répéter concernant Fu Manchu, mais il est évident que tout ce qui touche, de près ou de loin, à ce que l’on peut se figurer de la Californie dans l’imaginaire collectif est on ne peut mieux représenté ici. C’est assez fou de se dire que cet album n’est constitué que de tubes, avec parfois des riffs qui peuvent paraître totalement neuneus, je n’ai pas d’autres termes pour mieux l’expliquer, mais qui sont pourtant et pour autant d’une irrésistible efficacité et qui tendent rapidement vers l’entêtement. Rien que le riff bien empreint de groove de Over the Edge suffit à son oeuvre pour l’adoption finale, et ce n’est pourtant que le deuxième titre de l’album. Et puis il y a toujours cette petite mélodie de guitare qui perce derrière ce gras de fuzz pour s’imprégner dans votre vortex cérébral. Dans tous les cas, cela ne redescend jamais dans l’intention, et l’on a toujours cette impression de ne jamais relâcher l’intensité et de demeurer dans l’aspect véloce de la chose, ou bien d’opter pour un groove assez magnétique lorsque l’on temporise. Et, c’est là, la marque des grands: ça marche à tous les coups.

Il n’y a pas à dire, les californiens n’inventeront jamais l’eau chaude, mais ils seront toujours aussi cool et assez fainéants pour ne pas trop se remettre en questions, même si, ici, l’on pourrait presque dire que tout a été mis dans l’efficacité et l’absence même de complexité ou d’épanchements psychédéliques. Cela ne les empêche pas pour autant de ne pas non plus se prendre au sérieux, entre des paroles qui prêtent à sourire, mais qui restent en même temps l’archétype de ce dilettantisme, des gimmicks idiots comme sur Weird Beard, et l’utilisation éhontée d’une cloche comme sur Blue Tile Fever. Et puis, faire quasiment tout un album sur la manière de vivre dans un van ou comment bien l’aménager, il faut avouer qu’il n’y avait que nos quatre californiens pour réaliser un tel exploit.

Tout cela nous donne un condensé de stoner sans prise de tête, cent pour cent fun et avec un groove et un talent d’écriture qui n’est plus à démontrer mais qui est tellement efficace que cela en devient rapidement insolent. Évidemment, Scott Hill et compagnie resteront à jamais cette bande de branleurs qui savent pondre des titres avec un son aisément reconnaissable, et même une recette qui ne change que très rarement, le plus souvent avec trois pauvres accords ou une tournure entêtante, mais ils savent avant toute chose écrire d’excellents titres qui vous marquent assez facilement et rapidement. Il y a surtout une énergie tellement communicative dans leur musique, qu’il en devient assez difficile d’y rester totalement indifférent. C’est tout ceci que l’on retrouve dans ce Kings of the Road qui, s’il fallait hiérarchiser leur riche discographie, a pour le moment chez moi une petite préférence.

King of the Road en trois mots : décontracté, ensoleillé, goudronneux




Facebook 

Commentaires des lecteurs pour ce disque

Aucun commentaire actuellement pour ce disque