Slow End
Special Low Frequency Version
Ode aux crématorium
Tragedies

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
1995 (1 x Cd)
Label
Arctic Serenades
Avec
Toril Snyen : chant
Anders Eek : batterie
Thomas Angell : guitares
Christian Loos : guitares
Einar Andre Fredriksen : basse, chant

Steffen Lundemo : guitare classique
Tracklist
1- Taarene
2- Under Ebony Shades
3- Demise
4- When Nightfall Clasps
5- Moment in Black
Remarque
Réédité en 2006 par Firedoom avec Tristesse en bonus ainsi que des titres de la démo Beyond All Sunsets. Réédité en 2LP par The Crypt en 2015.
 

FUNERAL (Norvège)

Voir tous les articles pour FUNERAL


Funeral doom

Chronique par Derelictus, le 08 avril 2017
(184 lectures)

La Belle et la Bête, cette grande spécialité norvégienne avait éclos en mille neuf cent quatre vingt quinze au pays du black metal, avec en tête de gondole, Theatre of Tragedy, et, quelques mois plus tard, avec ce premier album de Funeral. La formule n’est certes pas tout à fait nouvelle, puisque quelques années auparavant Paradise Lost avait commencé à l’utiliser sur l’album Gothic, reprenant d’ailleurs une voie tracée au milieu des années quatre vingt par Celtic Frost. Sauf que les deux groupes norvégiens, avec d’autres évidemment, ont systématisé la chose sur chaque titre, insistant énormément sur la dualité des deux chants. C’est d’ailleurs le gros point commun qu’ont les deux formations norvégiennes, car, pour le moment, Funeral, n’avait pas encore poursuivi des territoires moins austères.

Du funeral doom développé sur la première démo, il en est toujours question sur cette première offrande, et l’on pourrait même dire qu’en dehors de l’ajout du chant féminin, qui ne domine pas tant que ça les débats par rapport aux growls bien caverneux de Einar Andre Fredriksen, il n’y a pas eu de grands chamboulements chez les norvégiens. L’on y retrouve cette même saveur sylvestre et mélancolique, mais plutôt dans une symbolique contemplative, comme lorsque l’on reste des heures à contempler une lande sous la brume, ou une forêt après une averse de pluie, ou bien encore à rester émerveillé par les peintures du David Caspar Friedrich. 

Le point fort demeure toujours cette qualité d’écriture de titres assez longs mais aux pourtours des plus mélodiques, où les leads de guitares s’entrelacent à ces excellents riffs, rarement primaires. Il y a souvent du contrepoint et une manière d’étoffer le propos que l’on pourrait comparer au travail effectué quelques temps plus tard par Mournful Congregation. J’insiste encore là dessus, mais je trouve que c’est vraiment dans cela que les norvégiens font vraiment la différence pour ma part, car il y a réellement une certaine beauté qui émane de ce travail mélodique, sans tomber dans quelque chose de trop sucré et d’avilissant. 

C’est un peu la même logique que l’on retrouve aussi bien chez les australiens sus mentionnés que chez les norvégiens, dans cette utilisation des acoustiques, sauf qu’ici elle prennent des consonances plutôt folkloriques, mais pas dans ses travers festifs, mais toujours dans ces instantanés de recueillements, que l’on retrouvera par exemple sur le Kvessanger d’Ulver ou bien, plus proche de nous, chez un Vali ou, bien entendu chez Empyrium, s’il fallait trouver quelques points de repères. Il y a d’ailleurs un rendu qui est parfois assez similaire avec les allemands, dans cette teinte tournée vers la nature, plutôt ballade dans des sous bois peu éclairés et sous une petite bruine qui vous colle au visage, plutôt que l’invocation des grands Anciens, comme l’on pouvait le retrouver chez leurs contemporains finlandais. 

Il y a donc ici tous les ingrédients pour en faire une disque magistral de funeral doom, mais, malheureusement, je trouve que le gros point faible de cet album, c’est justement ce chant féminin, qui, autan  sur le titre d’ouverture ne gêne pas trop, et sans doute est-ce le fait que les paroles soient en norvégiens, mais plus on avance dans l’album et plus ses interventions deviennent horripilantes. C’est vrai que ce côté assez angélique contrebalance bien avec tout le reste, mais, c’est souvent de trop, et le fait que le mixage mette bien en avant ce chant, cela vient gâter l’ensemble, notamment lorsque vous n’êtes pas d’humeur à supporter tout ceci. Au risque de passer une nouvelle fois pour fieffé machiste, ce que je ne suis pourtant pas, je trouve qu’il aurait mieux fallu s’abstenir de ce type de chant, et auquel cas nous aurions eu un classique complet du genre, et non pas un disque qu’il faut avoir pour faire bonne séance, même si, et en dépit de ces griefs, cela reste d’excellente facture.

Tragedies en trois mots : boisé, brumeux, bruineux




Facebook 

Commentaires des lecteurs pour ce disque

Aucun commentaire actuellement pour ce disque