Slow End
Special Low Frequency Version
Encore 80 mesures, le riff
Rites of Passage

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Svart
Avec
Johnny DeBlase : basse
Kevin Hufnagel : guitares
Ron Varod : guitares
David Christian : batterie
Jamie Myers : voix
Tracklist
1. Shadows Revenge
2. Angels Trumpets
3. I Must Be Gone
4. Does Live Die
5. Twilight of God
6. Seven Sermons to the Dead
7. The Bride of Darkness
 

SABBATH ASSEMBLY (États-Unis)

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Gothique Hard '70s Progressif

Chronique par gulo gulo, le 31 mars 2017
(310 lectures)

Est-ce Sabbath Assembly, au bout du compte, qui a mis quelques albums à se remettre d'avoir compté en ses rangs Jessica Bowen pour son premier ?

Probablement pas, au nom de la vérité et du mea culpa, mais bien nous, qui devant la face de l'embarrassant Ye Are Gods, ses airs de comédie musicale racontant Satan aux enfants, avions résolu de le prendre comme un Restored to One foiré, torpillé qu'on le supposait par la grande absence, et renoncé : à écouter Quaternity, que l'on découvre donc aujourd'hui et comme totalement bizarre, entre happening théâtral hippie et folk sylvestre dont les elfes qui la jouent le font sur des cordes d'étrangleur ; à retenir quelque chose de plus spécifique qu'une impression un peu perplexe devant l'idiome proposé sur le sans titre (on croyait se souvenir d'une sorte de Jess & the Ancient Ones un peu plus evil ; ce qu'après vérification il s'avère n'être pas vraiment) ; et du coup - à tort - à les classifier autrement que comme FFD mal fichu, boîteux : amputé, encore et décidément, de ce qu'on avait commis l'erreur au premier disque de prendre pour leur atout majeur trop rapidement dilapidé.

Ce qui apparaît, au vu de Rites of Passage, si non comme leur atout majeur, du moins comme leur singularité la plus saillante, semble bien être en définitive ce caractère indécrottablement et impossiblement porté au théâtral, au pédagogique, au narratif voire au récitatif. On pourra continuer de penser - probablement par flemme abyssale de le réécouter - que sur Ye Are Gods ne se trouvait rien pour faire passer cette pilule, et rendre leur allure autre que gauche ; on se devra en revanche de reconnaître que Rites of Passage en fait la force de personnalité que cette tendance était en germe ; en l'entortillant avec talent, sans la cacher bien au contraire, avec une foisonnante, chimérique, effrayante masse d'autre choses, en apparence disparates.

On s'étonne au début, et fronce les sourcils, à entendre ces incongrus échos de black lunaire, école Virus et autres proggeries adoratrices de Killing Joke, à voir leur filaments arachnéens se poser çà et là sur l'habituelle conférence occulto-hippie à quoi ressemble chacun de leurs disques - avant de voir le mariage des deux peu à peu devenir plus lunaire, justement, et surréel que la somme des parties, navigant à l'envi, d'une flottante allure de séduisant fantôme, entre échos du Floyd à camisole de The Wall, vitrailleries gothiques dans la façon de Negative Plane, complaintes acides lointainement cousines de Grayceon, Eurhythmics et The Devil's Blood enlacés dans le zéro absolu sous le regard extra-terrestre de Stargazer, Sol Invictus entretissé dans les soieries à motifs baroques des Banshees (ceux du tragique et grinçant Peepshow, pas du burtonien Hyaena), l'extra-lucidité de Hail Spirit Noir portée sur les ailes du Pestilence le plus funky et intellectuel...

Partout se promenant à graciles autant qu'amples enjambées, en une manière d'archaïque et anguleuse valse heavy metal diaphane, dont l'élégance élancée ne connaît guère d'égaux hormis l'Enslaved de Riitiir, mais menée au train d'un bon vieux rock de babeloches, toujours le même depuis le premier disque après tout, en dépit de ces nouvelles intonations grinçantes, dont après tout une fois encore, le luciférisme n'est toujours pas moins ambigu qu'alors, dans l'étrange non-lumière dont il s'avance nimbé - d'ailleurs, parlant de Susan J. Ballion, ne serait-ce pas plutôt à The Glove que l'on pense, et à sa fantaisie plus proche encore de celle des Beatles, dont chacun sait que rayon satanisme et messages sur les vinyls joués à l'envers ils n'étaient pas les derniers ? Les grincements de guitares hallucinés sont là, les roulement de batterie de deathrock aussi... Et par rebond, est-on bien loin, çà ou là, de The Shadow Project ou des passages les plus incisifs de Phallus Dei ?

On n'en sortirait pas ; Alice au Pays des Merveilles, voilà qui résume et contient tout : le titre, l'étrange hideuse beauté de la pochette, The Glove, Phallus Dei, le LSD, la volubilité des pérégrinations, leurs sentiers périlleux autant que merveilleux... En un mot comme en un millier d'araignées galopant sur votre épiderme de toutes leurs pattes soyeuses, Rites of Passage est une splendeur, et la splendeur de Sabbath Assembly ; le disque qui voit un groupe méritant se transcender, se sublimer, faire éclater toute la richesse de sa nature, dans son plus simple appareil ; car plus l'album va dans sa familiarité avec nous et plus l'unité de tout cela devient fluide et simple, plus toutes les images diverses qui venaient à l'esprit deviennent de simples mots qui tous pétillent dans l'éblouissant discours de Sabbath Assembly et ensemble telles d'industrieuses fourmis, contribuent à son plus grand éclat, car en vérité Sabbath Assembly avant tout est verbe, et le verbe est grand.

Rites of Passage en trois mots : eau, de, vie




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