Slow End
Special Low Frequency Version
Sorcière !
Hangman's Chair / Greenmachine

Artistes participants au disque

HANGMAN'S CHAIR Web
GREENMACHINE

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x 12in)
Label
Musicfearsatan
Avec
Hangman's Chair
Julien Chanut : guitare
Mehdi Thépegnier : batterie
Cédric Toufouti : voix, guitare
Clément Hanvic : basse


Greenmachine
Datsu : batterie
Monzawa : voix, guitare
Yoshikawa : basse
Max : guitare
Tracklist
A1 Hangman's Chair "Give and take"
A2 Hangman's Chair "Can't Talk"
B1 Greenmachine "Red Eye (pt. 1.2.3.4.5)"
Remarque
700 exemplaires
 

Chroniques de splits et de compilations


Sludgecore Grunge Gothique

Chronique par gulo gulo, le 19 mars 2017
(821 lectures)

Est-ce qu'on se lance dans la cuistrerie, portée aux analyses sur l'évolution musicale d'un groupe, pour un split ? A moins qu'il ne s'agisse de Coffins, pourvu que le groupe en question possède un minimum de facettes complexes à son caractère, ça ne vaudra pas tripette.

... N'empêche. Combien forte est la tentation, de s'écrier nique les nineties, on les fait mieux aujourd'hui, en face de ces deux morceaux tout miel et plomb ! Alice in Chains, et la cold-wave glauque dans ses gènes, vénéneuse et vénérienne à la fois, inextricablement ? On est largement au niveau de la puissance délétère de l'ancêtre (dont pour ma part j'ai toujours trouvé que les sinueuses "What the Hell Have I ?" et "A Little Bitter" faisaient partie des sommets). Life of Agony ? Les amorces d'accélération, comme des feintes de vous foutre le ballon de basket en pleine poire, enchaînées, plutôt qu'avec la charge de taureau qui suit généralement, avec de lourdes vagues de soul aux parfums capiteux ? Ou à l'inverse les langoureuses envolées dans les nuages d'eau-de-Cologne, cruellement conclues sur le clou de charpentier d'un vieux breakdown de Crowbar des temps modernes ? Yo.

L'huile et l'eau, dit-on, ne se mélangent pas. Le plomb et le miel de rose, chez Hangman's Chair, ne font qu'un ; le velours lourd et le fond de bol intestinal raclé par la rabla ; la nausée et l'ivresse : une seule et même sensation, indivisible, insoutenable de douçâtrerie et de pesanteur, qui vous coule aussi sûrement qu'une torpille dans un sensuel ralenti ; une question de mode de vie, la façon tragico-sarcastique d'être parisien de ce groupe autant lover que tough guy cynique, au sujet de qui soul-sludge n'est même pas une formule hyperbolique, mais un très simple quotidien.

En vérité, et pour ne pas oublier comme il est facile de le faire le troisième grand frère de Hangman's Chair, on tient avec les deux ci-devant morceaux la preuve la plus éclatante que les prévenus ont capturé la substantifique moëlle d'Acid Bath, sans s'égarer en imitations des éruptions de Sammy Pierre Duet, et qu'ils incarnent un peu ce que les aînés auraient pu devenir, eussent-ils poursuivi sur les teintes d'absinthe du sludgegothique Paegan Terrorism Tactics... et avaient été français, aussi, et pas seulement louisianais ; puis s'ils avaient un peu joué chez Arkangel ; bref s'ils étaient Hangman's Chair, voilà tout. On cite toujours les trois mêmes noms à propos d'eux, cela ne change certes pas ; non qu'ils soient leurs obligés ; mais leurs égaux de plein droit. Des groupes capables sur une telle base esthétique de vous tisser pareils morceaux, qui transforment The Cure des années sanglantes en une chose plus épaisse que le boudin, plus morbide qu'un thème de Nino Rota : vous en connaissez d'autres ? Personne n'est pareil à ces mecs ; personne. Ils continuent ici, tranquillement, dolemment, leur propre chemin saturnien jonché de fleurs mortes ; toujours plus sinistre, toujours plus avant dans la laque des eaux noires.

L'évolution musicale de Greenmachine ? Cela fait un moment déjà qu'on a renoncé, à de nouveau goûter la succulente gnôle qu'on trouvait jadis chez un bouilleur de cru nommé The Earth Beater ; on s'avançait donc vierge de toute attente perturbatrice, vers une fort possible bonne surprise, un nouveau départ : il n'aura pas lieu.

Ils auront beau ne pas laisser d'espace dans leur patronyme, Platitude sera toujours leur middle-name. Que ce soit dans le stoner-doom vaguement méchant où commence la piste, ou bien le doom-death mièvre vaguement sabbathien sur quoi elle s'achève, les onze - onze - minutes de leur morceau du grand retour n'auront excité qu'un genre de mi-chemin (ce cousin du mi-cuit et de la mimolette) entre incrédulité et perplexité, devant cette succession de possibilités qui n'aboutissent jamais à rien, ne prennent jamais feu, et nous laissent rentrer chez nous gros jean comme devant, ainsi que devant un spectacle  finalement annulé, après une heure d'attente à écluser de la limonade, pour causes d'intempéries.

Mais enfin, soyons pas vache : on aura du moins appris pourquoi un disque en vinyle peut s'avérer idée futée : c'est pour le coup un support cd qui aurait obligés à nous lever, sport qui n'est pas impératif avec ainsi chaque groupe sur une face. Les ci-dessous ne se rapporteront donc qu'à celle qui servira.

Hangman's Chair / Greenmachine en trois mots : toujours, plus, toxique




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