Slow End
Special Low Frequency Version
Ralentir est la solution
Erosion

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
2009 (1 x Cd)
Label
Major Label Industries
Avec
Custódio Rato : basse
Gonçalo Correia : batterie
Nuno David : guitares
Hugo Santos : guitares, chant
Tracklist
1- Dust (The Circle part I)
2- Waves (The Circle part II)
3- Corrosion (The Circle part III)
4- Lava (The Circle part IV)
5- Abandon (The Circle part V)
6- The Circle (Erosion part I)
 

PROCESS OF GUILT (Portugal)

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Post hardcore

Chronique par Derelictus, le 05 février 2017
(201 lectures)

C’est ici que Process of Guilt va commencer sa mue vers quelque chose de volontiers plus moderne et ostensiblement tourné vers d’autres horizons, choisissant de demeurer toujours en mouvement, au lieu de faire du surplace. Bien qu’ici, il y a encore des instants où l’on se remémore un peu le chemin parcouru, sans aucune forme de regrets ni de nostalgie, mais avec toujours le regard fixé vers ce lointain horizon aussi incertain qu’inatteignable. Sauf que ce dernier s’assombrit à chaque avancée et que l’orage semble s’avancer lentement mais sûrement, et que cette menace sourde à chaque instant, et l’on ne sait à quel moment tout cela va vraiment exploser. Cependant, en guise d’explosion, qui n’arrivera véritablement jamais pour déchirer ces éléments, l’on préfère ici un long travail de sape. Mais un travail acharné fait d’aillolis et de coups apportés de manière cyclique pour enlever un à un ces sédiments, que l’on pourrait appeler bonheur, joie de vivre, sagesse ou également bien être, bref, toutes ces illusions tellement humaines.

Ce long travail acharné aboutit à une masse difforme d’où n’exsude pas plus de lumières que de bons sentiments, et encore moins d’espoir en bout de course. Même si l’approche n’est pas toujours directe, elle se fait inlassablement, patiemment et inexorablement, et vers un aboutissement de plus en plus déshumanisé. Si les coups de marteaux pilons sont bien là pour nous rappeler l’acharnement et la corrosivité du travail en cours, les quelques instantanés plus doucereux empreints de cette fameuse Saudade lusitanienne tiennent plus de la fourberie, car au-delà de leurs côtés élégiaques et rassurants, il y a toujours ce retour aux forces telluriques, implacables dans leurs mises en œuvres. La chaleur de l’ensemble n’en est que plus étouffante, mais s’il existe quelques pauses de réconforts, et l’on tend vers quelque chose de plus en plus froid, quand tout aura été mis à nu par cette usure constante.

Évidemment, l’on aurait préféré sans doute quelque chose de volontiers plus franc du collier, de quelque chose de redoutablement plus explosif, qui travaille bien plus rapidement au corps et à l’esprit, sans ménager ses effets, que cet agencement patient et itératif. Au moins il y a une cohérence dans la coloration de l’ensemble, avec cet aspect rouillé et terne, et dans l’enchaînement de ces arceaux de plus en plus étouffants. Et il y a aussi une même rage et une même rugosité qui demeurent en filigrane dans ces tavelures assénées sans fléchir une seule fois. Il n’y a peut être pas de génie derrière tout ça, mais tout de même un canevas fait de manière besogneuse avec ses forces, et aussi ses quelques faiblesses, sans que l’ensemble n’en soit pour autant ni chancelant, ni déroutant et encore moins impersonnel.

Erosion en trois mots : ravinement, abrasion, siccité




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