Slow End
Special Low Frequency Version
Turn loose the freaks
The All-Consuming

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
2015 (1 x Cd)
Label
Northern Silence Productions
Avec
M : guitares, basse
N : chant
B : batterie
Tracklist
1- Revocable Loss
2- Simple Marksman in the Pines
3- Amber Nights
4- The All-Consuming
5- The Words That Pierce No Soul
 

CROSS VAULT (Allemagne)

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Epic doom

Chronique par Derelictus, le 05 février 2017
(171 lectures)

Chez Cross Vault on aime bien Warning, au point d’avoir repris un de leurs titres sur leur premier album, et de réutiliser le même schéma pour cet album avec le même nombre de composition que sur un album de Warning. On aime bien aussi Primordial, surtout le chanteur Nicklas, ce que l’on savait déjà avec son autre projet Latitude Egress, dont la coloration rappelait The Gathering Wilderness. Bref, autant dire que ce groupe avait tout pour me plaire, on ne va pas se mentir, et il y parvient. Il y a évidemment ici tout ce que cette dévotion peut engendrer de grisaille, de complaintes face aux éléments, d’yeux rougis par une amertume grandissante face à un monde déliquescent, et de renoncement. Le lourd fardeau sur les épaules, tel un Sisyphe remontant inlassablement les pentes de la montagne, ou comme le personnage sur la pochette de Watching From a Distance, on le retrouve aussi ici.

Il y a donc cette résignation, ce sentiment que tout est pourri et qu’il n’y a plus d’espoir, et ces trois petits quarts d’heure remplissent bien leur office dans ce registre, sans trop peiner pour y parvenir. Mais ceci est parfois tempéré par un sentiment de révolte et de colère, avec quelques soubresauts qui rappelleront les irlandais mentionnés plus haut, mais qui retombent aussi rapidement qu’ils sont nés, car l’effort est vain, et que l’abattement reprend finalement le dessus. Bien moins monolithiques que leur principale influence, les teutons savent varier les plaisirs et surtout ne restent pas figer dans les même tempi, à creuser sans fin le même sillon. L’on sent poindre aussi quelques éléments en commun avec un Pallbearer, pour prendre une référence récente, dont notamment ces mélopées qui prennent assez souvent les devants, mais sans adopter les attraits sucrés des américains. L’on ne fait pas non plus l’économie de faire intervenir les acoustiques de temps à autres, histoire de rendre l’ensemble plus intimiste et de l’aérer.

Pour autant, tout n’est pas parfait, même si la marge de progression par rapport au premier album est conséquente et l’atmosphère moins âpre. Il y a notamment quelques fautes de goûts, dont cette espèce de roucoulade à moitié acoustique d’Amber Nights, qui est assez téléphonée, et ce son de basse beaucoup trop claquant pour le style,  - le bouton bass sur l’ampli il sert vraiment à quelque chose, surtout quand on joue au médiator - qui m’horripile plus que de raison, au point de me gâter les écoutes. Mais, en contrepartie, il y a tout de même un excellent chanteur, l’atout majeur de ce groupe, qui fait largement la différence et qui a un registre assez varié en parvenant à synthétiser tantôt les gimmicks de Pat Walker, tantôt ceux d’Allan Averill et tantôt ceux de Willem – ou IX. C’est tout cela qui fait de The All-Consuming un album assez convaincant, suffisamment varié pour ne pas trop lasser, et qui laisse derrière lui un sentiment tenace de morosité et d’apitoiement suffisamment éloquents pour être un digne compagnon de route jusqu’au bout de la nuit.

The All-Consuming en trois mots : brumeux, nocturne, vasouillard




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