Slow End
Special Low Frequency Version
La page très lourde
The Serpent Only Lies

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
2016 (1 x Cd)
Label
Steamhammer
Avec
Kirk Windstein : chant, guitares
Matthew Brunson : guitares
Todd Sexy T. Strange : basse
Tommy Buckley : batterie
Tracklist
1- Falling While Rising
2- Plasmic and Pure
3- I Am the Storm
4- Surviving the Abyss
5- The Serpent Only Lies
6- The Enemy Beside You
7- Embrace the Light
8- On Holy Ground
9- Song of the Dunes
10- As I Heal
 

CROWBAR (États-Unis)

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Sludgecore

Chronique par Derelictus, le 04 février 2017
(273 lectures)

Les effets d’annonces, ce bel attrape couillon pour fans et amateurs lambda, ont souvent des effets inverses à ce que l’on en attend. Surtout lorsque l’on nous déclare assez rapidement que ce sera l’album du retour aux sources, oui, ce fameux retour aux sources, on vous l’a tellement fait que vous n’y croyez plus, même si là c’est tellement différent qu’on aurait presque envie de se laisser berner, une fois de plus. Il est vrai que Kirk Windstein avait rapidement signifié que cette réalisation avait été composée sous le sceau des vieux disques tant aimés pas le leader du groupe, citant les sempiternels Saint Vitus, Trouble, Type O’Negative et Black Sabbath. Qui plus est, c’est aussi l’album du retour de Sexy T à la basse, après une quinzaine d’année à jouer au fan des Carpenters. Tout ceci faisait beau sur le papier et l’ont pouvait évidemment s’attendre à une claque magistrale.

Et c’est à moitié le cas, car, effectivement, l’on retrouve bien cette verve doomcore d’antan sur cet opus. A cet égard, le cahier des charges est bien rempli et respecté à la lettre avec tout ce qu’il faut de riffs efficaces, de ce son granuleux mais bien tranchants tout de même, c’est ça aussi le retour des Jackson et Ibanez à la place des vieilles Gibson, et une volonté d’en découdre retrouvée. Il y a aussi ces petites accélérations, ces mosh parts comme avant, et même des harmonisations à réveiller en soi le fan du bon vieux metal, et aussi celui des trois premiers Trouble. Sauf que si l’on retrouve bien cette vibe des années quatre vingt dix sur certains titres de cet album, dont notamment les deux premiers, qui sont bien efficaces comme il le faut, je trouve que c’est plutôt un album synthèse que nous a servi Crowbar ici. On y décèle tout aussi bien des éléments plus dignes du passé, et en soi ça me réconforte même d’errer en terrain connu, et d’autres qui sont plus dans la lignée des deux/trois derniers albums, avec ce côté plus apaisé, chaleureux voire lumineux, comme sur Song of the Dune, qui sonne carrément bien plus décontracté.

Évidemment, le savoir faire du père Kirk est là, il n’a pas laissé un seul de ses gimmicks dans sa musette, mais peut être est-ce fait ici sans vraiment quelques prises de risques, et que sous les cernes éternelles du guitariste chanteur, il y a désormais une longue barbe grisonnante, signe d’une grande sagesse acquise au fil des années. En fait, j’y vois ici l’album J.J. Abrams de Crowbar, c'est à dire l’album qui fera un peu avancer la chose tout en restant bien ancré dans la tradition et dans le passé plus ou moins lointain de la formation, et donc sans de réelles surprises. L’on sent bien que Kirk a donné tout ce qu’il avait et qu’en même temps, il a voulu ne pas décevoir ni ses vieux fans des années quatre vingt dix, ni ceux nouvellement acquis. Ce qui nous donne un album plutôt bien fait, qui s’écoute assez facilement, c’est presque du prémâché à ce niveau, mais qui se déroule comme si de rien n’était, et, surtout, sans rien laisser de vraiment cinglant derrière lui, à part une composition ou deux. Attention, c’est loin d’être mauvais, mais l’on a plutôt tendance à se dire que tel ou tel titre fait référence à quelque chose déjà proposé auparavant, et pour ma part, ça m’a surtout donné envie de ressortir l’éponyme.

Il y a pourtant quelques titres où le quatuor se fait plus touchant, notamment dans ces fausses ballades de bêtes blessées mais qui n’ont pas décidé de se rendre et qui se larmoient avant de revenir à la charge, comme c’est si bien fait sur Surviving the Abyss. Il n’y a rien de plus touchant d’ailleurs quand Kirk a mal à son petit cœur et nous le fait bien sentir. Mais cela n’a rien de nouveau, vous allez me rétorquer. De là à dire que Crowbar est devenu le Slayer du doomcore, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas, car il y a tout de même une sincérité dans la démarche et dans cette écriture qui reste assez éclatante d’efficacité et de simplicité pour nous donner notre dose nécessaire, en attendant la prochaine livraison. Bref, Kirk a fait du Crowbar, mais est-ce qu'on peut encore lui en vouloir?

The Serpent Only Lies en trois mots : esprit, de, synthèse




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